Jean-Numa Ducange:La réforme et l’ouverture ont favorisé les échanges académiques sino-français

RCI 2019-01-15 17:03:02
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«La réforme et l’ouverture ont permis à la Chine d’avoir un développement hors du commun et ont favorisé des échanges académiques avec la France». C’est ce qu’a indiqué Jean- Numa Ducange dans une interview accordée à RCI à Beijing.

Historien, spécialiste du Marxisme, maître de Conférences à l’université de Rouen-Normandie et membre du conseil scientifique de la Fondation Gabriel Péri, Ducange est venu récemment en Chine pour faire des échanges concernant ses recherches sur l’histoire du socialisme et du marxisme avec les institutions chinoises, telles que le Bureau central de traduction et de compilation (CCTB) et l’Académie des Sciences sociales de Chine.

L’année 2018 a marqué le 40ème anniversaire du lancement de la politique de réforme et d’ouverture en Chine, une politique adoptée en 1978 par le 11eComité central du Parti Communiste Chinois(PCC). Durant la troisième session plénière du 18eComité central du PCC en 2013, la Chine a décidé d’élargir la réforme dans tous les domaines. En commentant cette politique et son approfondissement, M. Ducange a indiqué qu’avec cette réforme et ouverture, la Chine a connu un phénomène considérable - la montée en puissance de la Chine de façon très spectaculaire. En tant qu’historien, il a rappelé que beaucoup d’historiens de renom avaient comparé l’Etat de l’union soviétique dans les années 1978 avec la Chine. Très peu de gens auraient imaginé que d’une part, environ vingt ans plus tard l’Union soviétique s’effondrerait et d’autre part, la Chine la passerait devant, hormis le fait que tous les indicateurs à la fin des années 70 étaient favorables à l’URSS, notamment en termes de développement économique urbain.

Pas de doute possible, pour Ducange c’est grâce à la politique de réforme et d’ouverture que la Chine a réussi à rattraper son retard considérable. Un exploit sans pareil dans l’histoire contemporaine de l’humanité. Cette politique a fait de la Chine un pays respecté sur le plan international. Et à l’interne, la politique de réforme et d’ouverture a répondu efficacement aux besoins de son développement. Selon lui, il est important de souligner la singularité de cette politique dont sa poursuite et son approfondissement a permis à la Chine d’avoir un développement hors du commun.

Jean-Numa Ducange : La réforme et l’ouverture a favorisé les échanges académiques sino-français

Jean-Numa Ducange : La réforme et l’ouverture a favorisé les échanges académiques sino-français

Du point de vue scientifique, Jean-Numa Ducange mentionne que la mise en œuvre de cette politique en Chine a bien entendu favorisé les échanges académiques. Il a, pour s’en convaincre, expliqué que les échanges entre les deux pays dans le domaine de la recherche sur le socialisme et marxisme ont commencé dans les années 1980 lorsque des intellectuels chinois sont venus pour la première fois en France pour y rencontrer des historiens français et travailler sur les figures françaises, telles que Jean Jaurès, Jules Guesde. Avec l’ouverture de la Chine, ces échanges ont été accélérés dans les années 1990. A cette époque, poursuit-il, des intellectuels chinois éprouvaient l’envie de découvrir d’autres traditions socialistes en Europe occidentale.

Grâce à la poursuite et l’approfondissement de cette politique de réforme et d’ouverture en Chine, les échanges académiques entre la Chine et la France deviennent de plus en plus réguliers. C’est dans ce contexte que Ducange est venu en Chine pour la première fois en 2013. Depuis lors, l’homme retourne régulièrement en Chine pour échanger avec des collègues qui font des recherches sur l’évolution du socialisme en Europe, très précisément sur le pourquoi de la crise du parti socialiste en France. Ces chercheurs s’interrogent également sur la crise historique de la sociale démocratie. Les liens entre les différentes institutions sino-françaises ont pu être établis et renforcés.

Selon Ducange, ces échanges sont profitables pour les deux pays. Bien que les difficultés subsistent encore du fait des traditions différentes, les échanges sont dynamiques et l’historien français espère beaucoup sur l’avenir. Il se dit convaincu quant à la poursuite brillante de ces échanges, car il croit dur comme un fer, dans la confrontation des connaissances des uns et des autres pour aboutir à des résultats fructueux, particulièrement pour la réflexion, d’une manière générale pour le développement scientifique des deux pays. Autant dire que c’est de la confrontation des idées que la lumière jaillit.

(Texte par Zhu Zenglan, Vidéo par Yu Chen, Wang Xi)

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