Commentaire : Les Etats-Unis, accros aux sanctions, risqueraient le retour de manivelle

RCI 2020-12-24 21:12:32
Share
Share this with Close
Messenger Messenger Pinterest LinkedIn WeChat

A quelques semaines de la fin du mandat de l’actuelle administration, certains politiciens américains se lancent frénétiquement aux menaces de sanctions.

De nouvelles restrictions de visas à l’encontre des officiels chinois, ont été annoncées par le secrétaire d'Etat Mike Pompeo. La première soi-disant « liste des utilisateurs finaux militaires » incluant 58 entités chinoises a été publiée par le Département américain du Commerce. Pour le Sing Tao Daily, qui a commenté ces décisions américaines, « L’actuelle administration américaine donne l’impression de sortir tous ses outils du tiroir pour sanctionner la Chine. »

Sanctions en cas de désaccord, c’est l’unique façon dont l’actuelle administration américaine envisage pour gérer les relations avec d’autres pays. Cela montre qu'elle n’a pas la sagesse de résoudre les différends par des moyens légitimes.

Tout le monde sait que la dégradation de la diplomatie américaine, ces dernières années, est dûe à la manipulation d’une poignée de politiciens qui manquent de professionnalisme. Ils ont fait des sanctions un outil de chantage dans la politique étrangère américaine. Selon le cabinet d'avocats américain Gibson Dunn & Crutcher, l’actuelle administration a imposé plus de 3900 sanctions depuis 2017, l’année où elle a accédé au pouvoir, soit en moyenne trois sanctions par jour. Même des alliés traditionnels des Etats-Unis n’ont pas été épargnés. Ils ont été tous victimes des répressions des politiciens américains.

Dans son article intitulé « America is addicted to sanctions (Les Etats-Unis accros aux sanctions) », le professeur Nicolai Petro de l'Université de Rhode Island a souligné que la meilleure façon de comprendre le rôle des sanctions dans la diplomatie américaine est de le considérer comme un « trouble de la toxicomanie ».

Pourquoi des politiciens américains recourent-ils très souvent à des sanctions ? Parce que les sanctions coûtent moins cher que les interventions militaires. C’est donc un moyen peu coûteux d'exprimer le mécontentement du groupe dirigeant de la diplomatie américaine. Cependant, à force de subir les sanctions, les victimes finissent par s’en habituer, les rendant ainsi contre-productifs.

L’Iran est le pays lourdement sanctionné par les Etats-Unis. Il est indéniable que les sanctions américaines de longue durée ont eu un impact considérable sur l’économie iranienne et le bien-être de la population. Particulièrement, pendant l’épidémie de Covid-19, l’administration américaine a renforcé les sanctions contre l’Iran, ce qui a rendu plus difficiles la prévention et le contrôle de l'épidémie dans ce pays. Et malgré ce flot de sanctions, la société iranienne s’est montrée toujours solidaire et patriotique, une attitude qui a perturbé la Maison Blanche. Un médecin qui travaille à Shiraz, capitale de la province iranienne du Fars, a déclaré que même malgré la fatigue et les difficultés créées par les sanctions américaines, tous les médecins ont tenu pour gagner la bataille contre l’épidémie.

Le « bâton de sanction » des politiciens américains blesse également leurs propres citoyens. Ces dernières années, les Etats-Unis ont fabriqué divers mensonges dans le but d’imposer des sanctions à une bonne centaine d'entreprises chinoises. Résultat ? Prenons l'exemple des sanctions contre Huawei. Une entreprise américaine a perdu 200 millions de dollars en une dizaine de jours à cause de la suspension forcée de l'approvisionnement de Huawei. Surtout dans la situation épidémique, les politiciens américains ont augmenté frénétiquement les sanctions contre les entreprises chinoises en faveur de leurs propres intérêts et ont essayé de couper la coopération entre les entreprises chinoises et américaines. Comme l'a souligné le célèbre chroniqueur Fareed Zakaria dans le « Washington Post », le recours excessif des Etats-Unis aux sanctions finira par se retourner contre eux-mêmes.

Dans le monde d'aujourd'hui, tous les pays, grands ou petits, sont égaux et doivent se respecter. Résoudre les différends par le dialogue et la consultation est le meilleur moyen pour gérer les relations internationales. Le « bâton des sanctions » pourrait peut-être satisfaire « l’envie de monter un spectacle » des politiciens américains, mais ne résoudra pas les problèmes effectifs. Bien au contraire, c’est le pays de l'Oncle Sam qui risque de se créer des ennemis partout dans le monde.

Partager

Articles les plus lus