Les Réponses de la Chine aux questions sur les 17 ans de son adhésion à l’OMC

RCI 2018-06-28 21:02:37
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Le Bureau d’Information du Conseil des Affaires d’Etat a publié le 28 juin le « Livre blanc sur la Chine et l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) ». Ce document revient sur les pratiques et les efforts accomplis par la Chine dans le cadre de ses engagements et promesses après son adhésion à l’OMC et son soutien au système du commerce multilatéral. Il fait également mention aux importantes contributions de la Chine au monde depuis 17 ans, ainsi que sa perspective de promouvoir l’ouverture à un plus haut niveau.

Ce document de plusieurs pages permet de mieux connaître et comprendre non seulement les contributions chinoises, mais aussi la raison pour laquelle la Chine soutient fermement le système du commerce multilatéral ayant comme noyau l’OMC.

 

Est-ce que la Chine a rempli ses promesses lors de son adhésion à l’OMC ?

 

Peu après son adhésion à l’OMC, face à la concurrence internationale, nombre d’entreprises chinoises ont rencontré d’immenses difficultés. C’est le cas notamment des entreprises de secteur d’automobile. Il y a lieu de dire que les véhicules chinois sont beaucoup moins avancés que ceux fabriqués dans des pays développés et aussi le tarif douanier de l’importation des voitures a atteint 100% avant l’adhésion. Et après l’adhésion, ce tarif a été revu à la baisse jusqu’ à 25%. Ce qui a obligé les entreprises automobiles de recourir à une réorganisation susceptible d’ouvrir le marché aux capitaux étrangers. Selon des statistiques, le montant des véhicules importés par la Chine, dont le volume de déplacement d’air varie entre 1.5 et 3L, a augmenté de 890 millions de dollars en 2001 à 37,91 milliards de dollars à 2017, tandis que le nombre des voitures exportées était de 891 mille. Pendant ce temps, les techniques, le niveau de gestion, la capacité des services de l’industrie d’automobile chinoise ont connu une nette amélioration avec en toile de fond une intégration graduelle aux chaînes de valeurs mondiales.

Durant 17 ans depuis l’adhésion à l’OMC, centrée sur les trois promesses sur le commerce des marchandises, le commerce des services et la protection de la propriété intellectuelle, la Chine a réexaminé des lois et règlements des autorités centrale et locale en créant le mécanisme de supervision légale des documents normatifs. Et en même temps, la Chine a grandement réduit des tarifs douaniers pour les importations, en ouvrant le marché des services et en renforçant la protection de la propriété intellectuelle. Ainsi en août 2010, toutes les promesses de la Chine pour son adhésion à l’OMC ont été réalisées.

A en croire le livre blanc, le niveau d’ensemble des tarifs douaniers des articles de Chine a baissé de 15, 3% en 2001 à 9, 8% en 2010. En mars 2018, le porte-parole du Ministère chinois du Commerce avait indiqué que l’actuel tarif moyen de la pondération du commerce chinois n’est que de 4, 4%, tandis que les tarifs douaniers de la pondération du commerce des Etats-Unis est de 2, 4%. 3% pour l’Union européenne et 4% pour l’’Australie.

Dans le domaine du commerce de services, parmi les 160 sous-secteurs des 12 grandes catégories classifiées par l’OMC, la Chine a rempli ses engagements sur l’ouverture de ses 100 sous-secteurs dans 9 grandes catégories en 2007. Un niveau proche des pays membres développés qui s’engagent en moyenne à ouvrir 108 sous-secteurs. Et la Chine a octroyé le traitement national aux capitaux étrangers et autorisé l’installation des entreprises entièrement étrangères dans les secteurs bancaires, informatiques et de télécommunication.

En parallèle, la Chine a élaboré un système judiciaire complet sur la protection des propriétés intellectuelles. En effet, depuis 2001, les frais payés par la Chine pour l’utilisation des propriétés intellectuelles étrangères ont traversé une croissance annuelle de 17%, en 2017, ce chiffre s’est élevé à 28, 6 milliards de dollars. D’après les nouveaux recensements publiés par l’Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle, la Chine a déposé 51 000 demandes de brevet en 2017, soit la deuxième place mondiale derrière les Etats-Unis.

Malgré les doutes incessants sur la capacité de la Chine à tenir ses promesses à l’adhésion à l’OMC, la plupart des pays membres ont reconnu la performance chinoise en termes de respect de ses  engagements, l’ancien directeur général de l’OMC Pascal Lamy a même donné une note de A+ à la Chine.

 

Comment l’adhésion de la Chine à l’OMC peut-elle changer le monde ?

 

Pour Lamy, d’aucuns sont ceux qui s’intéressaient seulement aux exportations chinoises, oubliant que ce pays fait partie du groupe de grands importateurs. Par exemple, en 2000, la Chine était le septième pays exportateur et le huitième pays importateur à l’échelle mondiale ; 17 ans après son adhésion à l’OMC, cette tendance a été rapidement inversée au point de faire de la Chine aujourd’hui, le premier pays exportateur et le deuxième pays importateur. En tant que deuxième économie mondiale, premier pays exportateur, le plus grand pays qui attire des investissements étrangers et le deuxième plus grand pays qui investit à l’étranger, la Chine a enregistré un décollage économique grâce à son ouverture, ce qui a beaucoup contribué à la reprise et à la croissance de l’économie mondiale.

Depuis 2002, la contribution de la Chine à la croissance économique moniale est estimée à peu près 30%. Et la Chine ne s’est pas arrêté en si bon chemin, autant dire que son dynamisme se poursuit jusqu’à présent et devient une source d’énergie positive et un moteur de développement économique mondial. Le « Made in China » présente des opportunités et des valeurs aux chaînes de valeur mondiales, de plus, le « consommé par la Chine » encourage le marché de consommation à l’échelle mondiale. En tant que principal partenaire commercial avec plus de 120 pays et régions, la Chine a vu ses importations de marchandises augmenter en moyenne de 13,5 % par an, soit 6,9 % de plus que la moyenne mondiale. Plus de 130 millions de Chinois ont effectué du tourisme à l’étranger en 2017 et les dépenses liées au tourisme à l’étranger se sont élevées jusqu’à 115,29 milliards de dollars. Tout cela a créé des opportunités et des emplois dans les pays locaux et a enregistré le taux de contribution le plus élevé à la réduction de la pauvreté au monde.

Quelle est la source d’inspiration offerte par l'adhésion de la Chine à l'OMC?


Le système de commerce multilatéral, axé sur l’OMC, est la pierre angulaire du commerce international et joue un rôle primordial dans la promotion du commerce mondial et l’édification d'une économie mondiale ouverte. Aujourd’hui, l’«Organisation des Nations unies économique » qui regroupe 164 pays membres dont le volume total du commerce représente 98 % du commerce mondial, est confrontée à des controverses qui remettent en cause l’«échec» de l’OMC.  Dans le contexte actuel de la «contre-mondialisation», la montée du protectionnisme commercial et la morosité du mécanisme multilatéral mondial, il arrive de fois que les pays membres contournent l’OMC pour régler les différends économiques et commerciaux.

A la croisée des chemins, la Chine, pays bénéficiaire de la mondialisation, a rédigé le « Livre blanc sur la Chine et l’Organisation mondiale du Commerce » dont le but est d’apporter une réponse claire au monde : la Chine s’oppose fermement à l’unilatéralisme et au protectionnisme et appuie avec fermeté le système de commerce multilatéral puisqu’elle est un participant actif, un défenseur résolu et un important contributeur. Pour ce faire, la Chine fournit non seulement de l’aide concrète aux pays membres de l’OMC en voie de développement, mais s’efforce aussi de fournir des produits publics à l’échelle mondiale à travers les mécanismes de coopération multilatéraux tels que l’initiative «la Ceinture et la Route» et les accords de libre-échange afin de partager la prospérité et les bénéfices avec plus de pays membres de l’OMC.

Il est évident que le monde entier sera bénéficiaire du développement chinois au fur et à mesure que la Chine s’ouvre davantage à l’extérieur. Si seulement les pays respectent et défendent les règles de l’OMC et supportent le système de commerce multilatéral ouvert, transparent, inclusif et non-discriminatoire, ils peuvent s’unir pour faire face aux incertitudes et créer une communauté de destin fortement intégrée et interdépendante.


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