On critique le sauveur d'il y a dix ans

RCI 2018-06-25 16:02:17
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Récemment, l'Union européenne, le Canada et le Mexique ont riposté contre les États-Unis en imposant des tarifs punitifs sur les importations d'acier et d'aluminium, en prenant des mesures de rétorsion. Leurs différends ont cependant été interprétés par certaines voix occidentales comme une guerre qui a une "cause" pour la Chine, parce que la surproduction chinoise a conduit à la surproduction d'acier et d'aluminium dans le monde entier. Involontairement, la Chine était donc impliquée, pourquoi ?

Dans son témoignage devant le Congrès, le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross a admis que les États-Unis avaient un solde positif dans leur commerce d'acier avec le Canada. Les nouvelles mesures tarifaires visent en fait la Chine afin d'éviter que des produits sidérurgiques chinois entrent sur le marché américain, par l'intermédiaire d'un pays tiers bénéficiant de préférences tarifaires.

Des gens comme Wilbur Ross ont souligné les 4 000 milliards de yuans incitatifs de la Chine à la fin de 2008. Selon eux, ces mesures ont contribué à la surproduction actuelle. Mais ils ont consciemment ignoré le fait que l'économie mondiale a été sauvée par ces mesures, tout comme les économies occidentales qui étaient en danger à l'époque. 

En effet, en 2008, la crise des surprimes a continué de s'étendre et a provoqué une crise financière mondiale, tandis que la Chine a connu une croissance négative de ses exportations et que certaines entreprises ont été contraintes de suspendre leurs activités de production. Dans ce contexte, le gouvernement chinois a décidé, après mûre réflexion, à la fin de l'année, de lancer un certain nombre de mesures de relance économique telles qu’un plan d'investissement de 4 000 milliards de yuans ainsi que des mesures visant à accroître la demande intérieure. Ensuite, la Chine est devenue le premier pays au monde à voir son économie se redressée et, en 2009, l'économie chinoise a connu une croissance de 9,2 % et de 10,3% en 2010.

Grâce aux mesures prises par la Chine, les marchés internationaux des marchandises à grande consommation, notamment le cuivre, le charbon, les minéraux, le pétrole brut et le bois, se sont redressés, et des économies comme le Canada, l'Australie et d'autres ont également réussi à sortir de la crise économique. En 2009, plus de 50 % de la croissance du PIB mondial a été réalisée par la Chine, et grâce aux mesures prises par la Chine, les économies des États-Unis et de l'Europe se sont également progressivement redressées. A l'époque, l'opinion publique internationale a exprimé sa gratitude envers la Chine. Le journal de Singapour Lianhe Zaobao disait à l’époque : « Sauver la Chine, c'est sauver le monde, si la Chine va bien, le monde peut placer son espoir en elle. »

Par conséquent, si nous comprenons le contexte dans lequel la Chine a sauvé le monde il y a dix ans, nous devons adopter une attitude rationnelle à l'égard de la surcapacité de production. C'est en effet l'un des effets négatifs inévitables des 4 000 milliards de yuans investis par le gouvernement chinois il y a dix ans. La Chine n'a absolument aucun désir de créer une "capacité excédentaire", et ces dernières années, elle a fait des efforts pour résoudre ce problème et a obtenu des résultats tangibles.

 

D’après le Ministère du Commerce de Chine, la Chine a réduit sa capacité de production d’acier de plus de 100 millions de tonnes depuis 2016 et réinséré 201 000 ouvriers dans la vie active. Le nombre total d’employés travaillant dans la sidérurgie en Chine est largement supérieur à celui aux Etats-Unis et au Japon et représente plus de 60% des ouvriers en sidérurgie en Europe. La Chine prend la tête de la lutte contre la surcapacité de production d’acier. Néanmoins, la surcapacité de production d’aluminium est un faux problème parce que le prix de l’aluminium d’aujourd’hui reflète essentiellement l’équilibre entre la demande et l’offre et que 80% des entreprises d’aluminium sont rentables grâce à un taux de fonctionnement supérieur à 80%. Par conséquent, personne ne peut croire que l’industrie de l’aluminium chinoise est en surcapacité de production. Le plus important est que la Chine développe son industrie de l’aluminium pour satisfaire sa demande domestique, de ce fait, elle contribue grandement à l’industrie de l’aluminium à l’échelle mondiale au lieu de l’écraser.

Malheureusement, les entités économiques occidentales n'ont pas une attitude objective à l'égard des efforts et des résultats combinés de la Chine pour résoudre le problème de la surcapacité de production. Selon les documents relatifs à l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), la Chine devait acquérir automatiquement le statut d'économie de marché à la fin de 2016, 15 ans après son adhésion à l'OMC. Mais les Etats-Unis, l'Union européenne et le Japon ont refusé de le reconnaître, au prétexte de la prétendue "surcapacité de production" du côté chinois. A une époque où la crise financière sévissait, la Chine a sauvé l'économie mondiale en investissant 4 000 milliards de yuans. Aujourd'hui, cependant, elle est obligée de porter dans la foi les effets secondaires de la crise et les critiques déraisonnables de certains bénéficiaires. Quel est le droit ? Et à quel point ce monde est-il juste ?

Les experts occidentaux ont judicieusement souligné que les Etats-Unis sous Donald Trump ont progressivement perdu leur statut de leader en raison de la politique de "priorité américaine". A l'ère de la mondialisation, le développement de chaque pays suit le même sort. Enlever le pont après avoir traversé le fleuve est un acte honteux et inadéquat. Si la planète a bénéficié de 4 000 milliards de yuans d'investissements chinois, la question de la surcapacité de production devrait être considérée objectivement et raisonnablement, afin de préserver l'équité et la moralité de la communauté internationale.

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