Les économistes optimistes quant à la croissance du pays en 2019

chinaorg 2019-03-06 10:18:26
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Les économistes optimistes quant à la croissance du pays en 2019

Alors que la majeure partie du monde cherche à apaiser les craintes d'un ralentissement économique, la Chine, principal moteur de la croissance mondiale, cherche des moyens de maintenir sa vitalité grâce à des politiques macro-économiques favorables et à des innovations technologiques.

Ce point de vue a été partagé par Zhu Min, économiste chinois influent et ancien directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), qui s'est assis pour une interview exclusive avec le quotidien China Daily la semaine dernière. M. Zhu a tenu ces propos juste avant les «deux sessions» annuelles à Beijing, en présence de représentants de médias internationaux qui ont posé des questions sur la base des prévisions de la Chine concernant ses saines performances économiques en 2019.

«Nous avons réalisé une étude selon laquelle la Chine continuerait à enregistrer une croissance supérieure à 6,3% ou 6,4% cette année», a-t-il déclaré.

Même si le rythme de la croissance sera modéré par rapport aux 6,6% de l'année dernière, la Chine sera en mesure de rester le moteur économique le plus puissant du monde et de contribuer pour plus de 30% à la croissance du PIB mondial, a affirmé M. Zhu, qui est actuellement président de l’Institut national de recherche financière à l'Université Tsinghua.

M. Zhu, qui a de solides antécédents académiques et a déjà été membre du conseil d’administration de l’Université de Princeton, surveille et étudie la macroéconomie chinoise à long terme. Sa confiance affichée vient du fait que les autorités ont pris des mesures pour stabiliser la croissance. Ces politiques comprennent le désendettement du secteur financier, l'augmentation des investissements dans les infrastructures et la promotion des prêts aux petites entreprises et aux entreprises privées.

Il a indiqué s'attendre à de nouvelles réformes financières, ajoutant que la politique de change de la Chine évoluerait vers un système fondé sur le marché, en particulier cette année, parallèlement à l'ouverture continue des services financiers.

«Un taux de change du renminbi basé sur le marché est bon pour la Chine ainsi que pour le monde entier», a-t-il affirmé.

Avant sa nomination en 2011 au poste de directeur général adjoint du FMI, M. Zhu avait rejoint la Banque populaire de Chine en 2009 en tant que vice-gouverneur. Cette expérience l'a aidé à mieux comprendre la politique monétaire appropriée pour influer sur l'environnement économique global.

«Nous assistons actuellement à un léger assouplissement de la politique monétaire, mais celle-ci est toujours dans une position neutre», a-t-il noté, signifiant par cela qu’elle n’est ni trop rigoureuse ni trop souple.

Il a qualifié cela de «très important» et comme faisant partie d'un «nouveau mix politique» qui implique de réduire les ratios de réserves obligatoires des banques au lieu de baisser les taux d'intérêt et d'orienter les liquidités vers les petites et moyennes entreprises et le secteur privé au lieu de les laisser fluctuer au sein du système financier.

«Ainsi, la politique monétaire actuelle correspond assez bien à la situation macroéconomique et il ne s'agit pas d'un assouplissement quantitatif général», a expliqué M. Zhu.

«Nous sommes très heureux de constater que le niveau d'endettement de la Chine s'est stabilisé depuis l'année dernière, même si le désendettement n'est pas un processus facile».

«Le désendettement du secteur financier avance bien, mais la dette des entreprises est relativement élevée et la dette des ménages continue d'augmenter», a-t-il poursuivi.

Dans un discours prononcé le 28 février, l’ancienne collègue de M. Zhu et actuelle directrice du FMI Christine Lagarde a déclaré qu'après une décennie de réformes de la réglementation financière mondiale, «les systèmes financiers sont aujourd'hui plus sûrs, mais ne le sont pas encore suffisamment».

«Les pays doivent réglementer les normes de souscription sur les marchés de la dette à haut risque, y compris les prêts à effet de levier», a prévenu Mme Lagarde.

Plusieurs mois auparavant, la directrice du FMI avait appelé les pays à «désamorcer et à résoudre les différends commerciaux actuels», car les risques commençaient à se matérialiser au sein de l'économie mondiale. Le FMI avait alors révisé ses prévisions économiques mondiales à 3,5% en 2019 et à 3,6% en 2020.

Le vice-président de l’agence de notation Moody’s, Madhavi Bokil, a également averti la semaine dernière que la croissance des économies du G20 ralentira en 2019 et en 2020. L'agence de notation a prédit qu'une très forte volatilité des marchés financiers et des corrections du prix des actifs seraient très probables en 2019, en particulier si la croissance des grandes économies déçoit encore plus.

Zhu Min, partisan du multilatéralisme et des réformes de l'ordre mondial, a déclaré dans l'interview que la construction de la prospérité économique mondiale passait par la résolution des conflits commerciaux. Une question plus importante est de faire avancer la réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) grâce aux efforts conjoints d'un plus grand nombre de pays, a-t-il affirmé.

«Pour la Chine, l'innovation est à présent devenue la question clé», a noté M. Zhu. «Vous pouvez voir que de nouvelles entreprises naissent tous les jours. Les avancées technologiques évoluent rapidement et avec force».


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