Commentaire : la création de l’avenir pour la Mondialisation 4.0 aura besoin des efforts conjoints de chaque pays

2019-01-22 21:14:45
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Le Forum économique de Davos 2019 s’est ouvert le mardi 22 janvier, une édition un peu «froide» avec l’absence de beaucoup de chefs d’Etats:en raison de la fermeture partielle des administrations fédérales ("shutdown"), le président américain avec l’ensemble de son équipe ont annulé leur participation; En pleine crise des «gilets jaunes», le président français est également absent; Theresa May a aussi renoncé pour cause de Brexit. En outre, les leadeurs russe et indien rateront l’évènement.

La montée du populisme et le protectionnisme rendent la situation plus sévère pour la mondialisation et le libre-échange. L’absence de nombreux chefs d’Etat lors de cette édition de Davos montre, d’une certaine manière, l’inquiétude profonde suscitée par l’incertitude de la politique et l’économie du monde. Où se trouve la sortie de la mondialisation? L’être humain se situe de nouveau à la croisée des chemins. Avancer ou reculer? Maintenir la fermeture ou choisir la coopération?

Ce qui est intéressant c’est que la thématique de cette réunion internationale est très évidente «Mondialisation 4.0: façonner une architecture mondiale à l’ère de la quatrième révolution industrielle». De toute évidence, la mondialisation n’a pas encore pris sa fin, au contraire, elle est entrée dans une nouvelle phase.

En règle générale, Mondialisation 1.0 signifie une mondialisation avant la première guerre mondiale. L’apparition des moyens de transport, tels que le train, les bateaux, facilitait le transport des marchandises sur de longues distances et les produits de chaque pays commençaient à franchir la frontière. Le volume du commerce international a connu une grande croissance. On peut dire que la première révolution industrielle a permis de promouvoir le développement de la mondialisation. La Mondialisation 2.0 inclut la période suivant la Seconde Guerre mondiale, qui a vu la création d’un système de gestion mondial fondé sur la réglementation, tel que l’ONU, le FMI, la Banque mondiale, l’OMC etc. L’apparition des voitures et aéroports au cours de la deuxième révolution industrielle a favorisé le développement de la mondialisation 2.0 et le commerce international, brisé par les deux guerres mondiales, a repris sa prospérité; la troisième mondialisation est synonyme de flux d’usines, de personnel et de capital, ainsi que de la disposition globale des chaînes industrielles. Cette époque correspond également à la troisième révolution industrielle dans laquelle l’internet a fait du monde un village planétaire et où une entreprise peut effectuer ses R&D dans son pays ou dans plusieurs pays étrangers en réalisant une production dans plusieurs pays et une distribution mondiale.

La Mondialisation 4.0 est étroitement liée avec la quatrième révolution industrielle, à savoir l’émergence de nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle, les robots, l’internet des Objets, les véhicules autonomes. Selon Klaus Schwab, fondateur et président du Forum économique mondial, dans le monde actuel, la mondialisation ne disparaîtra pas, mais va plutôt s’approfondir. «Le développement de la mondialisation actuelle dépendra de la communication entre les pays par le biais de moyens numériques et virtuels et de la circulation des concepts et services associés. C’est l’essence même de la Mondialisation 4.0», a expliqué Klaus Schwab.

Il ne faut pas nier que l’un des défis de la mondialisation est l’aggravation des inégalités: les propriétaires du capital et de la propriété intellectuelle ont des avantages spécifiques et la compétition sous le système ouvert de la mondialisation, entraîne des gagnants et perdants. Certains pays développés n’ont pas pris des mesures nécessaires et n’ont pas traité de façon appropriée le choc provoqué par la mondialisation, ce qui a conduit à une montée constante du populisme et protectionnisme, formant ainsi un contre-courant de la mondialisation. Comme ce que Klaus Schwab a dit: «la Mondialisation 4.0 vient de démarrer et nous sommes déjà pris au dépourvu.» Par exemple, l’automatisation et le recours aux robots ont considérablement réduit le nombre d’emplois, ce qui constitue un prétexte pour que certains hommes politiques adoptent une attitude xénophobe ou reprochent à d’autres pays de s’emparer de leur emploi national.

Le Forum a publié la semaine dernièreun rapport sur les risques mondiaux en 2019, mettant en garde contre les risques nés des tensions entre grandes puissances. En 2018, les Etats-Unis ont forcé la perception des impôts dans les principales entités économiques mondiales, ce qui a été à l’origine du conflit commercial et de l’incertitude qui règne dans le monde. Dans le même temps, le concept d’«un combat à somme nulle» a également beaucoup influencé le processus mondial en apportant des incertitudes à l’économie mondiale.

A la veille de l’ouverture du Forum, le Fonds Monétaire International (FMI) a abaissé ses prévisions de croissance mondiale pour 2019 à 3,5%, soit le taux le plus bas par rapport à celui des trois dernières années, prenant ainsi acte de la persistance des tensions commerciales et de la montée des risques politiques. Selon le président du Forum Borge Brende, il est urgent de rétablir la structure de la coopération internationale et chaque pays devra travailler de façon coordonnée pour maintenir sa croissance et faire face aux graves menaces du monde d’aujourd’hui.

Sur ce point, il est nécessaire, ou même plus significatif, de rappeler le discours du président chinois Xi Jinping prononcé il y a deux ans au Forum. Il a non seulement souligné l’attitude à l’égard de la mondialisation, mais aussi indiqué qu’il ne fallait pas adopter le concept d’«un combat à nulle somme» pour relever les défis, mais plutôt le concept d’«une communauté de destin». Selon Xi Jinping, face aux opportunités et défis qu’apportent la mondialisation, le choix correct consiste à saisir toutes les opportunités, à collaborer ensemble pour relever les défis et bien orienter l’économie mondiale. Il a souligné que chaque pays a droit au développement et doit prendre en considération ses propres intérêts à un niveau plus large au lieu de nuire aux intérêts des autres pays. Aux yeux du président chinois, face aux difficultés, nous ne devons pas nous plaindre, ni nous blâmer, ou encore perdre la confiance en soi ou esquiver les responsabilités, mais nous devons travailler ensemble pour surmonter les obstacles. L’histoire a été créée par des braves.

En effet, selon une récente enquête menée auprès de 10 000 personnes dans le monde concernant le Forum, 76% d’entre elles croient et attendent la coopération de chaque pays pour les intérêts communs. Comme ce qu’a déclaré Klaus Schwab, fondateur et président du Forum économique mondial, la plupart des habitants du monde estiment que la coopération inter-Etats est extrêmement ou très importante. Le nouveau monde est devant nous même si vous n’êtes pas encore prêts.

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