Commentaire : Opportunités et défis de la Communauté de destin Chine-Amérique Latine   

RCI 2018-11-26 21:54:05
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Le président chinois Xi Jinping se rendra en visites d'Etat en Espagne, en Argentine, au Panama et au Portugal du 27 novembre au 5 décembre, et assistera au 13ème sommet du Groupe des vingt (G20) du 30 novembre au 1er décembre à Buenos Aires en Argentine. Avec l’augmentation de diverses incertitudes et de facteurs instables de la situation internationale actuelle, la Chine et l’Argentine, le Panama et d’autres pays d’Amérique Latine font face à des défis communs et ouvrent davantage d’opportunités de développer une communauté de destin.

Ces dernières années, les dirigeants chinois ont proposé une série d'initiatives et de mesures majeures visant à renforcer les relations et la coopération entre la Chine et l'Amérique Latine dans divers domaines. Le président Xi Jinping s'est rendu à trois reprises en Amérique Latine. Le Forum "La Chine et la Communauté des Etats d’Amérique Latine et des Caraïbes (CELAC) " est devenu le principal canal de la coopération entre la Chine et l'Amérique Latine, et a permis de stimuler leur coopération fructueuse dans divers domaines. D’après le deuxième document, publié il y a deux ans, sur la politique du gouvernement chinois envers l'Amérique Latine et les Caraïbes, l'Amérique Latine est "une terre de vitalité et d'espoir", et "Le développement de la Chine s’appuie sur le développement commun des pays en développement, y compris l'Amérique Latine et les Caraïbes".

La quatrième visite du président Xi Jinping en Amérique Latine donnera non seulement un nouvel élan au développement des relations Chine-Amérique Latine, mais apportera également trois opportunités majeures aux deux parties pour renforcer la coopération en matière de gouvernance internationale.

La Chine et l'Amérique Latine devraient renforcer les consultations et la coopération, s'opposer conjointement à l'hégémonisme, à l'unilatéralisme et au protectionnisme. Ces trois derniers sapent les fondements du multilatéralisme, mettent en péril le commerce international et menacent la paix et le développement du monde. Ces dernières années, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et l'Amérique Latine s'est élevé à environ 250 milliards de dollars américains, ce qui représente une part importante du commerce international. En tant que participantes et bénéficiaires du système commercial multilatéral mondial, les deux parties devraient s'opposer sans ambiguïté au protectionnisme commercial dans le cadre de mécanismes multilatéraux tels que l'Organisation mondiale du Commerce, et maintenir le libre-échange par des actes concrets.

La Chine et l’Amérique Latine devraient prendre des mesures pragmatiques pour mettre en œuvre l’initiative "la Ceinture et la Route", qu’a proposée le président chinois Xi Jinping il y a cinq ans, et à laquelle de nombreux pays d'Amérique Latine ont réagi de manière positive.

Les présidents chilien et argentin, ainsi que près de 20 responsables ministériels et dirigeants d'organisations régionales d'Amérique Latine et des Caraïbes, ont participé au premier Forum "la Ceinture et la Route" sur la coopération internationale, qui s'est tenu à Beijing l'année dernière. Ils ont tous exprimé, à cette occasion, leur volonté de promouvoir la conjonction de leurs stratégies de développement aux niveaux régional et national avec l’initiative "la Ceinture et la Route", d’accélérer la construction d’infrastructures dans l’hémisphère austral, et de promouvoir la coopération Sud-Sud.

A cette fin, la Chine et les pays d'Amérique Latine devraient adhérer au principe de consultations amples, d’engagement commun, de bénéfice partagé. Il leur sera nécessaire d’adopter dès que possible des mesures pragmatiques dans les cinq domaines: la communication politique, la connectivité des installations, la fluidité du des échanges commerciaux, la circulation des fonds et la communication d’esprit entre les peuples, afin d'obtenir de premiers résultats.

Il est indéniable que lors dela construction d’une communauté de destin Chine-Amérique Latine, les deux parties doivent faire face à l’ingérence des Etats-Unis. Les États-Unis considèrent toujours l'Amérique Latine comme leur "arrière-cour". Ils ne peuvent pas se laisser remettre en cause dans la sphère d'influence traditionnelle de l'Amérique Latine, ni tolérer la "force centrifuge" en Amérique Latine. Depuis le début de cette année, les États-Unis réaffirme l’importance de la doctrine de Monroe pour eux, considérant que l’établissement respectif de relations diplomatiques de la Chine avec la Dominique, LeSalvador et le Panama constituait "une menace pour la stabilité des deux côtés du détroit de Taiwan". Les États-Unis ont même rappelé leurs ambassadeurs ou chargés d’affaires par intérim dans ces trois pays, pour étudier comment ils "aident l'Amérique Centrale et les Caraïbes à se doter d'institutions démocratiques fortes et indépendantes et à développer l'économie". Ces propos et actes montrent que les États-Unis restent extrêmement vigilants sur la présence chinoise en Amérique Latine.

En fait, les pays d'Amérique Latine entretiennent des relations étroites avec la plupart des pays et il lui est tout à fait juste de développer des relations avec la Chine. Basées sur les principes d’avantages mutuels et de gagnant-gagnant, les relations Chine- Amérique Latine ne visent aucune tierce partie. Leurs relations économiques et commerciales favorisent non seulement le développement de l’Amérique Latine, mais également le maintien de la stabilité régionale. Une Amérique Latine prospère est d’ailleurs conforme aux intérêts stratégiques des États-Unis dans l'hémisphère occidental. La Chine, les États-Unis et l’Amérique Latine doivent défendre l'esprit d'ouverture et de tolérance, exploiter pleinement leurs avantages respectifs, et renforcer la coopération dans le développement du marché latino-américain.




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