Les règles du jeu des États-Unis dans le commerce mondial: la loi de la jungle-French

Les règles du jeu des États-Unis dans le commerce mondial: la loi de la jungle

RCI 2018-07-25 17:33:08
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Le conseiller économique de la Maison blanche, M. Larry Kudlow, a, dans une récente interview télévisée, déclaré que la Chine ne souhaitait pas conclure un marché, et que celle-ci a empêché le jeu de se dérouler, de sorte que la balle se retrouve dans ses mains. M. Larry Kudlow a, lors de cette interview, rejeté toutes les responsabilités à la partie chinoise, considérant la guerre commerciale comme un "jeu". A ses yeux, les règles de l’OMC sont fixées par les Américains, et toute autre forme des règles contraires aux intérêts américains, sont érigées en infraction.

Il est vrai que sous le principe d’« America first », le système mondial du commerce multilatéral a été relégué au second rang. La source de ce conflit commercial réside dans le fait que l’Administration Trump considère être victime des dommages commerciaux, et que ses partenaires commerciaux ont en revanche obtenu des avantages. Pour M. Trump, l’Union européenne est un ennemi des États-Unis dans le domaine du commerce. En ce qui concerne les échanges commerciaux avec la Chine, il a même utilisé le terme «viol» pour décrire l’excédent commercial de la Chine vis-à-vis des États-Unis lors de sa campagne électorale.

À l’heure actuelle, le système du commerce multilatéral ayant pour noyau l’OMC, a été établi par les pays occidentaux, avec à leur tête les Etats-Unis. Donc les règles du jeu correspondent naturellement aux intérêts de ceux qui les ont programmées. Selon ces règles, les différends entre les membres de l’OMC devraient être soumis réglés dans le cadre du mécanisme de règlement des différends de l’OMC. Pourtant aujourd’hui, les États-Unis cherchent à paralyser la «cour suprême» de l’OMC, à savoir l’organe de recours permanent dans le cadre du mécanisme de règlement des différends de l’OMC. Certainement, il a ses propres buts.

Un juge américain en retraite dit regretter que « l’organe de recours de l’OMC est en train d’être tué lentement par l’étranglement». Bien qu’il n’ait pas évoqué les États-Unis, ses mécontentements à l’égard du gouvernement américain sont clairement manifestés. Parce que, jusqu’en juillet, les États-Unis avaient bloqué la procédure de sélection de l’OMC de nouveaux juges pendant s dix mois consécutifs, ce qui était sa mesure publique. Une des raisons principales pour lesquelles, les États-Unis sont mécontents de l’OMC, c’est qu’ils ne peuvent plus, par l’intermédiaire de l’OMC, contenir le développement rapide de la Chine, considéré par les Etats-Unis comme leur concurrent.

Quelles sont les règles du jeu en vigueur aux États-Unis, en plus de saboter le système mondial de commerce multilatéral? Les États-Unis ont eu recours au «lynchage » — pour punir les partenaires commerciaux avec sa loi domestique — il semble que les Etats-Unis placent tous ses espoirs sur ce que l’OMC continue à être paralysé, et que seulement l’OMC, qui n’est pas en état de fonctionner, puisse mieux leur rendre service, et donnant ainsi un prétexte pour que les Etats-Unis puissent avoir recours à des sanctions illégales envers d’autres pays,  de telle sorte que , les problèmes soient plus faciles à résoudre.

Actuellement, les «lynchages» utilisés par les États-Unis dans le commerce international incluent les enquêtes 232 et 301. La première est fondée sur l’article 232 de la loi de 1962 sur l’extension du commerce des États-Unis, qui donne permission de lancer une enquête sur la question de savoir si l’importation de produits spécifiques constitue une menace pour la sécurité nationale des États-Unis. Au début de cette année, les États-Unis ont imposé des tarifs punitifs sur les importations de produits sidérurgiques et des produits d’aluminium. Le Canda, l’Union européenne, le Mexique, l’Inde, la Russie, la Chine font partie des pays qui en ont souffert. Bien sûr, d’autres économies du monde sont également pénalisées par ces mesures américaines.

C’est ainsi que d’une part, les Etats-Unis ont entravé le système de commerce multilatéral, et le processus de sélection des candidats aux postes de nouveaux juges de l’organe de recours au sein de l’OMC, il s’agit d’une mesure qu’ils ont pris en public, et d’autre part, ils ont fait recours à la loi nationale, en procédant aux lynchages pour faire pression sur les concurrents et les partenaires commerciaux. Renonciation au multilatéralisme et aller vers l’unilatéralisme; Abandonner le libre-échange et aller vers le protectionnisme. Evidemment, Larry Kudlow ne remet pas en question cette "règle du jeu".

Les États-Unis l’ont fait parce que, en tant que seule superpuissance mondiale, son poids économique et son engagement militaire sont plus importants que n’importe quel partenaire commercial. Par conséquent, les États-Unis ont choisi de saboter après des délibérations voire   renoncer à l’OMC, et ont cherché à régler les différends commerciaux de manière bilatérale, car les États-Unis sont convaincus de ne jamais perdre dans des affrontements bilatéraux.

Lors de la réunion du G20 qui vient de se terminer, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a affirmé avec fermeté que la politique tarifaire unilatérale de l’Administration Trump était fondée sur la loi de la jungle, en ce qui concerne des conflits commerciaux entre les Etats-Unis et l’UE.

La loi de la jungle, c’est que les forts choisissent librement les règles du jeu, si une règle est conforme à ses propres intérêts, elle entrera en vigueur, sinon, elles seront sabotées ou abandonnées.

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