Commentaire : La lutte contre le terrorisme au Moyen-Orient devait abandonner le « double critère »

RCI 2019-10-29 19:59:42
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L’armée américaine a annoncé récemment que le chef de l’Etat islamique (EI) Abou Bakr al-Baghdadi avait été tué dimanche dernier dans une opération militaire américaine en Syrie. Le ministère russe de la Défense a déclaré ensuite qu'il ne disposait pas d'informations fiables, doutant ainsi de la crédibilité de cette opération américaine. Presque même attitude pour les dirigeants de certains pays qui sont restés prudents face à l’annonce américaine de la mort du chef de l’Etat Islamique.

Depuis 2014, l’Etat islamique a successivement occupé le Nord-Est de la Syrie et la majeure partie du Nord de l’Iraq. Ces territoires immenses ont fait de cette organisation terroriste l’une des plus dangereuses du monde, après Al-Qaïda. Grâce aux efforts conjugués par la communauté internationale, l’EI a perdu en mars dernier son dernier bastion. Un succès qui annonçait, sans doute, la fin inévitable du règne d’al-Baghdadi. Si jamais la mort d’al-Baghdadi est sûre, ce sera un coup dur porté à l’EI. Si bien que sa disparition ne devra pas mettre fin à la lutte contre le terrorisme au Moyen-Orient.

Cela fait près de 20 ans depuis que la communauté internationale a décidé de lutter contre le terrorisme, à la suite de l’attentat de New-York du 11 septembre 2001. Les chefs terroristes, soit Ben Laden ou al-Baghdadi, ne pourraient pas échapper à la mort, mais leurs forces résiduelles cherchent toujours l’occasion de semer des troubles, perpétrant des attaques terroristes partout dans le monde. Selon les statistiques, au cours des six premiers mois de l’année 2018, on compte 639 attaques terroristes survenues dans 42 pays. Ce qui montre que la lutte contre le terrorisme reste toujours un enjeu compliqué et sérieux et des défis auxquels la communauté internationale fait face.

L’un des défis majeurs est que certains pays occidentaux prennent la lutte antiterroriste pour outil de la rivalité stratégique et créent de ce fait des obstacles pour la coopération antiterroriste internationale. Citons l’exemple de la Syrie, pour atteindre l’objectif consistant à renverser le gouvernement légitime syrien, certains pays occidentaux ont fourni d’énormes fonds et armes aux divers mouvements d’ «opposition» au détriment de leurs vrais visages, pourvu que ces «oppositions» combattent l’armée du gouvernement. C’est cette stratégie qui a aidé l’Etat islamique à étendre rapidement ses forces. Les Etats-Unis le prenaient au sérieux jusqu’à ce que les extrémistes aient organisé des attaques dans les grandes métropoles européennes dont Paris. Les Américains ont donc soutenu les forces armées kurdes et ont réussi à mettre en place la coordination des gouvernements russe, iranien, irakien et syrien, ce qui a conduit, l’année dernière, à l’anéantissement de la quasi-totalité de la force armée principale de l’EI.

Les faits prouvent que le terrorisme est un défi sécuritaire auquel est confrontée la communauté internationale, et qu’aucun pays n’est pas à l’abri d’une éventuelle menace terroriste. Il est possible de réduire les ravages causés par le terrorisme. Mais cela ne sera possible à partir du moment où les pays impliqués dans cette lutte décident d’abandonner le «double critère» et acceptent de renforcer la coopération internationale. Dans le même temps, les expériences et pratiques en matière de lutte antiterroriste ont montré que l’élimination de ce fléau par simple moyen militaire n’est pas un choix durable. Bien au contraire, il accentue les conflits. La sécurité commune de l’humanité ne peut s’appuyer que sur la réconciliation sociale, l’amélioration du bien-être et l’éradication du terrain favorable à la propagation du terrorisme.

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