Commentaire : Les entreprises américaines peinent à quitter « l’Usine du monde »

RCI 2019-08-28 21:58:47
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Les Etats-Unis ont annoncé qu’ils préparaient à imposer 10% de droits de douane supplémentaires sur les 300 milliards de dollars des exportations chinoises. Ce qui contraint la Chine de prendre des contre-mesures. Face à la contre-attaque de la Chine, certaines personnalités américaines brandissent encore le bâton tarifaire et somment les entreprises américaines de quitter la Chine et d’aller investir ailleurs. Comme il fallait s’y attendre, ces propositions n’ont pas trouvé échos dans le milieu économique. Elles ont été purement simplement rejetées, étant donné qu'il devient difficile pour les multinationales, y compris les sociétés américaines de se passer des avantages particuliers qu’offre «l’Usine du monde», la Chine.

La Chine compte près de 1,4 milliard de consommateurs, dont plus de 400 millions font partie des personnes à revenu moyen. Son énorme potentiel de marché et la demande croissante des consommateurs représentent un super pouvoir-d’achat unique au monde. A ces propos, la Fédération nationale des détaillants des Etats-Unis admet qu'il est irréaliste de quitter la Chine, la deuxième plus grande économie du monde.

Les investissements étrangers en Chine ont augmenté malgré le ralentissement de la croissance des investissements directs étrangers dans le monde. Au cours des sept premiers mois de cette année, 24 000 nouvelles entreprises à capitaux étrangers ont été établies en Chine, l'utilisation réelle des investissements étrangers a dépassé 530 milliards de yuans, soit une augmentation de 7,3% par rapport à la même période de l’année précédente. Il est particulièrement intéressant de noter que, selon les dernières données de Rhodium Group, les entreprises américaines ont investi en Chine 6,8 milliards de dollars au premier semestre de l’année, soit une augmentation de 1,5% par rapport au niveau moyen des deux années précédentes sur la même période. C’est notamment le cas de Tesla, un constructeur automobile américain, qui a installé à Shanghai une «super usine» mondiale. Il en est de même du fonds de capital investissement américain Bain Capital qui a investi 570 millions de dollars dans Chindata, un fournisseur chinois spécialisé en centre de données. Loin de croire que les entreprises américaines quitteront la Chine, leurs investissements massifs en Chine sont des signes qui prouvent qu’elles ne sont pas tentées de quitter le marché chinois. Bien au contraire, elles affichent leur volonté de l'explorer davantage.

La Chine est le seul pays au monde regroupant toutes les catégories industrielles classées par les Nations unies. Elle est capable de fournir aux entreprises multinationales des chaînes complètes industrielle et d’approvisionnement qui leur permettent de réduire les coûts de production. Plus de 200 produits industriels de fabrication chinoise ont la plus importante production à l’échelle mondiale. Il faut noter que presque la moitié de 800 usines d’Appel à travers le monde se trouvent en Chine. C’est pourquoi, cette société a demandé, le mois dernier, à son gouvernement de ne pas imposer 25% de droit de douane à 15 produits «fabriqués en Chine», parce que les composants dont se serve Apple pour fabriquer ses appareils ne sont disponibles qu’en Chine, pas ailleurs.

D’ailleurs, la Chine est dotée des infrastructures complètes constituées des ports, des routes ou des chemins de fer, ainsi que des réseaux logistiques développés, permettant aux multinationales de connecter leurs usines, leurs fournisseurs et leurs clients mondiaux. Un autre aspect séduisant pour des multinationales.

Dans le même temps, la Chine compte près de 900 millions de main-d’œuvre et produit 8 millions de diplômés universitaires chaque année. Sa main-d’œuvre est hautement éduquée et se classe au premier rang mondial. Une étude de McKinsey & Co. a révélé que les travailleurs chinois sont cinq fois plus productifs que leurs homologues indiens. Le «Wall Street Journal» a aussi fait savoir que certaines entreprises manufacturières, qui se sont délocalisées dans des pays comme le Vietnam et l'Inde, font actuellement face aux problèmes complexes, comme l’absence de techniciens qualifiés, la productivité basse, la défaillance des produits ou le délai de livraison. Certaines d’entre elles sont même retournées en Chine.

L’Usine du monde ne peut pas être construite du jour au lendemain. L’ambition de certains Américains va non seulement à l’encontre des règles de l’économie de marché, mais aussi perturbe le fonctionnement normal des entreprises. Leur illusion ne peut rien faire, si ce n’est que d’ajouter une dose d’anxiété à l’économie américaine et à celle du monde.

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