Taux de change : pressions américaines sur la Chine, une initiative vouée à l’échec

2019-08-07 23:13:34
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Le département du Trésor américain a récemment désigné la Chine comme un « pays manipulateur des taux de change ». Cette décision montre que, face à la ferme volonté de la Chine de défendre ses propres intérêts, certaines personnalités américaines tentent de se servir de la question du taux de change pour exercer une pression extrême sur la Chine et l’intimider économiquement. Il est hors de doute que cette pratique occasionnera de plus de risques en défaveur de l’économie mondiale.

En lisant bien l’histoire de l’économie internationale, l’on remarquera que l’utilisation du taux de change pour réprimer les concurrents est le moyen très souvent utilisé par les États-Unis. Au début des années 1980, pour ne prendre que cet exemple, le Japon avait émergé en tant que puissance industrielle et commerciale, et cette performance japonaise a été mal perçue par les Etats-Unis qui craignaient de voir leur hégémonie économique menacée. A cette même époque, le déficit budgétaire aux Etats-Unis était grandissant, il en est de même pour le déficit commercial. Face à ces deux éléments peu favorables à leur économie, les Etats-Unis ont purement et simplement décidé la dépréciation du dollar dans l’espoir de redresser le déséquilibre de leurs paiements internationaux.

En septembre 1985, les Etats-Unis ont poussé le Japon, la République fédérale d’Allemagne, la France et le Royaume-Uni à conclure avec eux l’Accord de place. Ce qui a favorisé davantage la dépréciation du dollar américain face aux principales monnaies du monde, avant de plonger l’économie japonaise dans une récession pendant 20 ans.

En outre, entre les années 1980 et 1990, les Etats-Unis ont maintes fois déterminé que des économies telles que la République de Corée « manipulaient le taux de change », les obligeant à accroître la flexibilité du taux de change, à assouplir le contrôle des capitaux et à réévaluer leur monnaie par rapport au dollar. L’Allemagne, l’Italie, le Japon, Singapour et d’autres pays ont également figuré sur la prétendue liste des « pays observés ». On peut constater que, pour maintenir une hégémonie économique absolue, les Etats-Unis sont capables de tout, n’accordant aucune grâce à leurs concurrents, ni même à leurs alliés.

Depuis l’adhésion de la Chine à l’OMC, les Etats-Unis n’ont cessé de spéculer au sujet de la question du taux de change du RMB, devise chinoise. En 2005, des législateurs fédéraux américains ont présenté le prétendu « projet de loi sur les devises », accusant la Chine de manipuler le taux de change et menaçant d’imposer des taxes anti-subvention d’un montant élevé dans l’idée de forcer le yuan à s’apprécier considérablement. Cependant, depuis que la Chine a mis en œuvre la réforme du mécanisme de formation du taux de change du RMB en 1994, le degré d’adaptation aux règles du marché du taux de change du RMB a considérablement augmenté. Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment souligné que le taux de change du RMB était généralement conforme aux fondamentaux.

Ainsi, il convient de rappeler que depuis l’arrivée, à la Maison Blanche, de l’Administration Trump, aucun des cinq rapports semestriels sur la politique de taux de change, jusque-là, présenté au Congrès par le Département du Trésor américain, n’a aligné la Chine au rang des pays « manipulateurs des taux de change ».

Le marché financier mondial a été récemment secoué à la suite des pratiques unilatérales des Etats-Unis qui n’ont pas cessé d’accentuer des frictions commerciales à l’égard de la Chine. Il y a quelques fluctuations des cours de change de la devise chinoise, RMB, en fonction des changements intervenus du côté de l’offre et de la demande du marché et de ses anticipations.

Le taux de change de la monnaie chinoise a récemment baissé face au dollar. Il s’agit d’une réaction tout à fait normale du marché. Seulement voilà, certaines personnalités au niveau des Etats-Unis y ont vu une occasion propice d’étiqueter la Chine comme un « pays manipulateur des taux de change ». Ce « drame absurde » ne vise pas autre chose, si ce n’est de vouloir exercer une pression maximale sur la Chine.

On ne cessera de le dire, cette pratique des Etats-Unis non seulement sera à la base de nouveaux obstacles dans le développement des relations économiques et commerciales sino-américaines, mais accentuera également de fortes turbulences sur les marchés financiers mondiaux et entravera la reprise du commerce international et de l’économie mondiale. Cela dit, les Etats-Unis nuisent aux autres autant qu’à eux-mêmes.

En tant qu’économie responsable, la Chine s’est clairement engagée à maintes reprises à ne pas recourir à une dévaluation concurrentielle et elle n’utilisera pas non plus le taux de change pour faire face aux perturbations extérieures telles que les différends commerciaux. La forte dépréciation du renminbi n’est pas d’ailleurs à son intérêt. La Chine continuera à mettre en œuvre un système de parité flottante sous administration basé sur l’offre et la demande du marché et sur un panier de devises. La ruse des Etats-Unis visant à exercer une pression sur la Chine, en utilisant le taux de change, s’avère impopulaire et est vouée à l’échec.


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