Commentaire: la déchéance du FNI fait augmenter les risques sécuritaires

RCI 2019-08-02 18:41:50
Share
Share this with Close
Messenger Messenger Pinterest LinkedIn WeChat

Au terme de la procédure du retrait de 6 mois déclenchée par les Etats-Unis, le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire arrive officiellement à sa déchéance vendredi 2 août. Un résultat dû aux politiques de l’unilatéralisme et de l’hégémonisme pratiquées par Washington, qui ne fera que nuire à la confiance stratégique entre les grandes puissances, alimenter la course aux armements dans les foyers de conflit et créer de nouveaux risques sécuritaires existant à l’échelle mondiale.

Conclu en 1987 entre les Etats-Unis et l’ex-URSS, le traité stipule que les deux pays ne possèdent plus, ni construire ou tirer à titre d’essai des missiles de croisière terrestres, missiles balistiques dont la portée se situe entre 500 et 5 500 km. Considéré comme l’accord le plus réussi en termes de contrôle des armements datant de l’époque de la Guerre froide, le document a remarquablement contribué à maintenir l’équilibre stratégique et à gérer les risques d’antagonisme entre Washington et Moscou, ainsi qu’à prévenir la prolifération nucléaire.

Le FNI a été au centre de la lutte stratégique opposant Américains aux Russes. Après son arrivée au pouvoir, l’actuelle administration américaine a remanié sa politique de sécurité étrangère de manière à réanimer les conflits autour du traité. Ainsi, le 1er février dernier, Mike Pompeo le secrétaire d’Etat américain a déclaré la suspension de l’application du traité. Parce que la Russie avait toujours enfreint le FNI, a dit le responsable américain, Washington a donc décidé de se retirer du traité dans 6 mois. La Russie y a répondu par un décret présidentiel, émis en mars, ordonnant la suspension du traité.

Mais on comprend que Washington cherche autre chose…Sous pretexte d’une menace extérieure pour leur sécurité, les Etats-Unis ne tentent qu’à se débarrasser des contraintes du mécanisme de sécurité international, pour pouvoir disposer leurs forces militaires en toute liberté.

Les dégâts seront multiples. Les relations américano-russes subiront des conséquences négatives du retrait des Etats-Unis du FNI. Au cas où les Etats-Unis disposent leurs missiles interdits dans le FNI à des endroits plus proches de la Russie, celle-là n’exclut pas d’y répondre par de pareilles opérations : l’avertissement a été donné par le vice-ministre russe de la défense Sergey Ryabkov. Alors que l’avenir du Traité sur la réduction des armes stratégiques actuellement en vigueur entre les deux pays est totalement incertain après sa date d’échéance en 2021. Sur un autre plan, l’Europe, principal terrain de tractations sécuritaires entre Washington et Moscou, essuiera de grands risques, vu les dispositifs de tir de missiles américains visant la Russie déjà installés en Europe de l’Est: la Russie y ripostera sans aucun doute. En dernier lieu, le paysage sécuritaire en Asie-Pacifique en deviendrait plus compliqué, car les Etats-Unis disposeront plus de missiles à moyenne portée dans cette partie du monde et animeront la course aux armements dans la région.

La Chine souhaite voir les deux pays susmentionnés sauvegarder la validité du traité FNI. Elle a toujours dit non aux Etats-Unis qui avaient, à maintes fois, essayé de lui faire joindre les pourparlers américano-russes. Les Etats-Unis, en tant que plus grand pays nucléaire du monde, doivent assumer leurs responsabilités spéciales en termes de désarmement nucléaire, au lieu de rejeter leurs responsabilités aux autres.

Fidèle à une défense nationale « défensive », la Chine ne souhaite pas participer à la course aux armements. Toutefois, si jamais le climat international se détériore, la Chine fera le nécessaire pour défendre la sécurité nationale.

Partager

Articles les plus lus