Commentaire : "La sécurité nationale américaine" est comme un panier, tout est chargé à l'intérieur

RCI 2019-06-11 22:07:21
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Qu'il s'agisse d'importer des produits en acier et en aluminium, des voitures et des pièces détachées, des sociétés étrangères et des investissements directs, des étudiants et des intellectuels étrangers, ou des informations des comptes de médias sociaux des demandeurs de visa, il semble que tout puisse désormais être étiqueté par "la menace à la sécurité nationale des États-Unis" par Washington. Pour les États-Unis, la "sécurité nationale", un sujet sérieux qui fait l’objet d’une grande importance dans tous les pays, est comme un panier et tout peut y être chargé.

Selon le consensus de la communauté internationale, la "sécurité nationale" fait généralement référence à l’État, à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale, au bien-être de la population, au développement économique et social durable et à d’autres intérêts nationaux importants dans un état de non danger encore moins de menace interne ou externe. De toute évidence, ce concept a des connotations et des limites claires. Aujourd'hui, les États-Unis, première puissance mondiale, abusent de cet outil pour promouvoir le protectionnisme commercial et préserver leur hégémonie.

Selon les statistiques, entre les années 1980 et le début du XXIe siècle, les États-Unis ont ouvert un total de 14 "enquêtes 232" pour n’appliquer en fin de compte que deux mesures punitives. Les États-Unis semblent se sentir de plus en plus en insécurité depuis 2017. Ils considèrent les produits en acier et en aluminium, les importations de voitures et de pièces détachées, les investissements étrangers, les entreprises étrangères, les technologies de pointe étrangères, comme une menace « sur la sécurité nationale », ont lancé plusieurs « enquêtes 232 » et ont même annoncé « l'état d’urgence » en mai de cette année. Cela rend inévitablement sceptique les alliés et les partenaires commerciaux des États-Unis qui ont subi des coups aveugles. Compte tenu de la puissance militaire, scientifique et économique de cette première puissance mondiale, qui peut bien menacer la sécurité des États-Unis?

La réponse est évidemment claire: la "sécurité nationale" des États-Unis n'est pas vraiment menacée, mais certains Américains se basent sur la pensée hégémonique de la "priorité des États-Unis" et utilisent la "sécurité nationale" comme bouclier pour combattre leurs partenaires commerciaux et sauvegarder les intérêts absolus des États-Unis. Cela révèle également que les États-Unis ne peuvent pas s'adapter aux changements qui ne sont pas survenus dans le monde depuis cent ans, qu'ils ne peuvent pas accepter la réalité de la montée des marchés émergents et des pays en développement, et qu'ils sont méfiants et inquiets quant aux exigences raisonnables du développement économique et du progrès technologique des autres pays. Sous la bannière de "sécurité nationale", les États-Unis voudraient trouver des prétextes pour leurs actions à contre-courant. En d’autres termes, le concept sérieux de « sécurité nationale » a été considéré par les États-Unis comme une note collante pouvant être utilisée à tout moment.

À cet égard, la communauté internationale perçoit la situation très clairement. L'UE a souligné que la prétendue "menace à la sécurité nationale" des États-Unis n'était qu'un prétexte pour mettre en œuvre la "protection de l'industrie". L’Association internationale du fer et de l’acier des États-Unis et ses deux sociétés membres ont intenté une action en justice devant le Tribunal du commerce international des États-Unis l’année dernière, accusant les "clauses 232" selon lesquelles le gouvernement américain imposent les droits de douane sur les produits en acier importés, étaient inconstitutionnelles. Le juge du procès a même posé une question à l'équipe juridique envoyée par le département de la Justice des États-Unis: "Qu'est-ce qui ne peut pas être prélevé en raison de la sécurité nationale? Le président peut-il dire qu'il impose des droits de douane sur le beurre de cacahuète? "

L'abus du concept de "sécurité nationale" par les États-Unis nuit non seulement aux partenaires commerciaux, mais aussi à l'ordre international et à la confiance, et leur porte aussi atteinte. Cela ressemble à l'histoire du "Jeune berger et les loups" dans les fables d'Ésope. Lorsque les villageois s'aperçurent qu'ils avaient été dupés par le jeune berger, bien que les troupeaux de ce dernier fussent vraiment attaqués par les loups, les gens renoncèrent à lui apporter de l’aide. Les États-Unis offrent fréquemment la bannière de la "sécurité nationale" qui, une fois devenue addiction, entraînera un engourdissement et une perte de la capacité à percevoir de véritables menaces, ce qui constitue en soi la plus grande menace pour la "sécurité nationale" des États-Unis.

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