Commentaire : la stratégie du bord de l'abîme aboutira-t-elle à la fin du Brexit

RCI 2019-03-13 19:42:01
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Le parlement britannique a rejeté une seconde fois, le 12 mars, l'accord conclu avec les Vingt-Sept. Un rejet qui intervient à 16 jours de la date prévue pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE. C’est en début de soirée que le verdict sans appel est tombé. L’écart est énorme. L'accord de sortie de l'Union européenne est rejeté par 391 voix contre 242. Ce n’est pas tout, les députés devront encore se prononcer le 13 mars sur l'éventualité ou non de quitter l'UE sans accord à partir du 29 mars. Si un «no deal» est écarté, la Chambre devra, cette fois-ci voter le 14 mars sur la possibilité d'un report de la date.

Après plusieurs mois de tentatives pour renégocier l'accord conclu fin novembre avec les Européens, Theresa May que l’on pensait trouver une meilleure formule qui puisse satisfaire tout le monde et être acceptée par le parlement n’a pas pu faire mieux. Elle s'était pourtant montrée satisfaite, le soir du 11 mars de retour de Strasbourg, d'avoir arraché de nouvelles garanties légales aux Européens. Il s'agissait de réaffirmer le caractère temporaire du «filet de sécurité» («backstop») destiné à éviter une frontière physique en Irlande, en maintenant le Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE jusqu'à la conclusion d'un futur accord de libre-échange. Des modifications cosmétiques destinées à rassurer les députés récalcitrants.

Les Vingt-Sept n'en peuvent plus, ils sont fatigués des obsessions de la classe politique britannique. «Il n'y aura pas de troisième chance», avait prévenu lundi soir le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

En effet, les pro-Brexit comme les europhiles, même l’Union européenne, toutes les parties concernées ont adopté la stratégie du bord de l'abîme (« Brinkmanship ») lors des négociations sur le Brexit, c’est-à-dire qu'elles ne céderont pas à leurs objectifs tout en exploitant la peur d'un Brexit «no deal». Pourtant, toutes les parties concernées aspirent à un accord.

Pendant ce temps, le marché des capitaux a très bien compris la situation et le calcul de chaque partie. Après le deuxième rejet du parlement, le livre sterling avait fluctué avant de se stabiliser, le taux de change par rapport au dollar étant stable autour de 1,307. Cela montre que les investisseurs sont désormais convaincus de la conclusion d’un accord qui permettra au Royaume-Uni de quitter l'UE. L’ultime solution du Brexit pourrait bientôt voir le bout du tunnel, si les parties concernées poursuivent la stratégie du bord de l'abîme.

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