Hu Songhua
中国国际广播电台

Hu Songhua, chanteur populaire chinois

Durant une cinquantaine d'années, Hu Songhua a parcouru presque toutes les régions chinoises des ethnies minoritaires, chantant pour les populations locales et composant de nouvelles chansons.

C'est pourquoi il a été surnommé par les peuples de ces régions le «Chanteur à dos de cheval». Aujourd'hui septuagénaire, il oeuvre toujours pour le rayonnement de la musique ethnique. Ainsi, sa chanson « Ode » dont il est l’auteur-interprète, est un morceau imprégné des couleurs mongoles, éclatantes et exaltantes. Elle reflète pleinement l'affection des pasteurs mongols pour la nouvelle vie.

Hu Songhua a écrit cette chanson d’un seul jet. C’était il y a quarante ans, en prélude à une grandiose célébration, alors que Hu Songhua venait de retourner à Beijing, au terme de son voyage en Mongolie intérieure. Cette chanson fut un succès inattendu. Grâce à quoi, le public a découvert un chanteur de talent qui, même lorsqu’il l’interprète aujourd'hui, trouve un écho dans l'assistance. D'ailleurs, « Ode » fait déjà partie du répertoire des grands classiques chinois.

Hu Songhua est né à Beijing en 1932 dans une famille mandchoue. Son père était un passionné d'art, un amateur de peinture et de calligraphie. Hu Songhua grandit ainsi dans un contexte plutôt artistique. En 1950, en quête d'expérience, il a effectué un voyage dans le sud-ouest de la Chine, région peuplée par les ethnies minoritaires. C'est grâce à ce voyage que Hu Songhua a découvert et aimé la musique ethnique. En évoquant ce périple, Hu Songhua raconte : « En 1950, je suis parti pour le sud-ouest du pays. J'avais vraiment de la chance d'aller dans le Yunnan. Sachant que rien que dans cette belle province, on ne compte pas moins de 26 ethnies. En l'espace d'un an et demi, j’ai pu vivre avec toutes ces ethnies, c'est vraiment une chance rare. Je me souviens qu'à l'époque j'étais profondément impressionné par les chansons populaires tibétaines. Mon premier professeur de chant était le chef d'une équipe de cavaliers. C'est lui qui m'a appris à chanter ces chansons tibétaines. »

En 1952, agé de 20 ans, Hu Songhua est admis par la Troupe centrale de chants et de danses ethniques, et compte bien devenir un chanteur professionnel. Il se lance dès lors corps et âme dans l'étude de la musique, et travaille dur pour maitriser la technique d'interprétation.

En 1960, lors de la première édition du festival de musique « Le printemps de Shanghai », Hu Songhua se fait remarquer par le public grâce à la chanson mongole qu'il interprète, « Senjidema ».

Hu Songhua s'est efforcé d'assimiler toutes les bonnes techniques vocales. Ainsi, il a appris à chanter à l'occidentale, et a aussi étudié de près les chants et interprètes des ethnies minoritaires : tels que les Mongols, les Tibétains, les Hui, les Ouigours, ou encore les Coréens. Au terme d’années de pratique, il s’est forgé son propre style vocal. A ce propros, Hu Songhua dit qu’« avec des engrais étrangers, on fait pousser des fleurs nationales. Voilà ma devise, lorsque je travaille ma voix, j'adopte à la fois les techniques occidentales et chinoises et je les fusionne. En dépit de mon âge, 70 ans, je fais toujours les mêmes exercices. »

Hu Songhua ne se contente pas seulement de chanter des chansons populaires, il joue aussi des rôles à l'opéra. Il a été jeune premier dans l'Opéra « Ayiguli ». Il a également chanté toutes les chansons pour le premier film musical chinois « Ashima ».

Ainsi, il a posé sa voix sur une trentaine de films chinois. Et certaines de ses propres chansons ont naturellement été primées. L'artiste a visité successivement une vingtaine de pays comme les Etats-Unis, le Japon, la Russie, etc. Et partout, ses chansons ont été très bien accueillies.

Hu Songhua s'applique depuis longtemps à collecter et remettre en ordre des chansons populaires des ethnies minoritaires. Pendant sa jeunesse, il a visité 48 ethnies minoritaires pour apprendre au contact direct des chanteurs du terroir. C'est ainsi qu'il a noué une amitié très profonde avec les populations locales et qu’il s’est définitivement attaché à cette terre chaleureuse.

A 60 ans, avec son épouse, l'artiste est à nouveau parti pour les régions frontalières. Ils ont même dû vendre la maison léguée par leur parents pour payer leur voyage. En 3 ans, ils ont parcouru pas moins de 100.000 km, tout en réalisant une série de 12 films musicaux.

Hu Songhua en est à la fois le réalisateur, le producteur, le chanteur et l’acteur principal. Des taïgas du Nord-Est chinois à la Route de la soie au pied de la montagne Tianshan dans le nord-ouest du pays, des hauts plateaux enneigés du Qinghai et du Tibet aux forêts de pierres du Nord-Ouest, des steppes de Mongolie intérieure à la zone tropicale de Hainan, Hu Songhua a réenregistré une centaine de chansons populaires dont 85% sont ses propres compositions.

Cette série de films a été ovationnée par la critique et le public, en raison de la beauté de ses images, de l'originalité de ses musiques et de la haute qualité de sa réalisation. Hu Songhua y présente la musique et les us et coutumes de différentes ethnies minoritaires chinoises.

Hu Songhua attache une grande importance au rayonnement de la musique ethnique. En 2000, en vue de former de jeunes musiciens, avec l'aide d’amis, il est reparti encore sur les routes avec sa femme pour les régions frontalières afin d'y enseigner la musique. De ce fait, il y découvra un certain nombre de « musiciens en herbe ». Hu Songhua se souvient : « J'espère que grâce à mes efforts, je pourrai sensibiliser plus de gens, mes collègues, mes amis, voire des personnalités, pour qu'ils puissent m'aider à perpétuer la musique ethnique et former plus de jeunes musiciens dans les régions reculées. »

La chanson « l’hymne »