Xuanzang
中国国际广播电台

Chenhe est un tout petit village à l’aspect anodin situé tout près de Luoyang dans la province du Henan. C’est pourtant là que naquit en l’an 602, à la veille de la dynastie des Tang, le célèbre moine bouddhiste Xuanzang. En fait, comme la majorité des habitants de ce bourg, il s’appelait Chen et ne prit ce surnom de Xuanzang que lorsqu’il se fit bonze. Depuis lors, il consacra toute sa vie à la propagation du bouddhisme. En 627, il prit la Route de la Soie pour se rendre en Inde d’où, après de longues années pleines de péripéties, il revint avec un lot considérable de soutras en sanscrit.

Ce nom de Xuanzang est familier des intellectuels, mais en fait, il est surtout connu de tout le monde sous son sobriquet de Tangseng (le bonze des Tang). En Chine, qui ne connaît pas le célèbre roman classique le Pèlerinage vers l’ouest, écrit par Wu Cheng’en à l’époque des Ming(1368-1644) d’après l’histoire de Xuanzang ? Dans ce récit mythologique, Tangseng est décrit comme un bonze pusillanime et incapable de distinguer le vrai du faux, alors que le vrai héros apparaît sous les traits de singe, le fameux Sun Wukong (le singe pèlerin) qui brave tous les dangers pour mener son maître en « Occident », c’est-à-dire en Inde. Mais, en réalité, qui était vraiment ce moine bouddhiste ? Le bouddhisme fut introduit en Chine sous les Han de l’Est (25-220). Sous les Sui (581-618) et les Tang il se répandit dans tout l’empire grâce à une volonté commune des différents empereurs qui se succédèrent. Xuanzang vivait dans une famille de propriétaires fonciers très croyants. Mais en fait, celui qui lui révéla sa foi en Bouddha fut son second frère aîné qui était lui-même, moine. Souvent le petit Chen Hui accompagnait son grand frère dans les monastères où la récitation des soutras le fascinait. C’est ainsi qu’à l’âge de treize ans il se convertit au bouddhisme.

Xuanzang, pour approfondir sa connaissance du bouddhisme, allait rendre visite à un grand nombre de maîtres connus dans toute la Chine. Mais cela ne le satisfit pas et il décida d’aller en Inde étudier le vrai sens du bouddhisme. Il adressa une supplique à l’empereur Taizong des Tang pour le laisser partir, mais celui-ci refusa. Peu après, profitant d’une permission de l’empereur donnée aux gens d’aller gagner leur vie en dehors de la capitale, suite à des calamités naturelles, il pu enfin préparer sa « longue marche ».

Dix-sept ans après, Xuanzang qui avait alors 44 ans, revint à Chang’an (actuel Xi’an) apportant avec lui 1335 soutras écrits en sanscrit, et il consacra 19 autres années de sa vie à les traduire. Grâce à ce prodigieux travail, il gagna l’estime des gens, même de l’empereur Taizong qui autrefois avait donnée l’ordre de l’arrêter lorsqu’il quitta Chang’an. Les empereurs Taizong, Gaozong et l’unique femme empereur Wu Zetian firent construire pour lui un monastère et une salle de traduction des canons bouddhiques. La Grande Pagode de l’Oie sauvage à Xi’an fut construite sous la direction de Xuanzang, pour conserver les soutras.

Xuanzang partit pour l’Inde par l’itinéraire nord de la Route de la Soie et en revint par l’itinéraire sud. Dans son livre de 12 tomes intitulés Mémoires sur les Contrées occidentales, il décrit de façon vivante l’histoire, les us et coutumes, les religions ainsi que les paysages et l’agriculture de la centaine de pays qu’il traversa lors de ce voyage. Ce livre revêt une valeur considérable pour connaître l’histoire et la géographie des pays de l’Asie centrale, de l’Inde et du Pakistan.