Su Wu
中国国际广播电台


En Chine, il existe une histoire très singulière, celle de « Su Wu pêche des moutons ». Il s’agit d’un personnage qui a su rester patriotique malgré des conditions très difficiles.

Encore jeune, Su Wu, alias Su Ziqing, avait été, tout comme ses deux frères, nommé fonctionnaire grâce au statut social de son père, le marquis Su Jian. Puis il fut promu à la direction de l'écurie impériale. Comme l'empereur Wudi des Hans réitérait ses expéditions punitives contre les Huns, les deux pays échangeaient souvent des ambassadeurs en vue de prendre des renseignements sur l’autre. Les Huns avaient retenu comme ‘otages’ une dizaine d'envoyés Han, dont Guo Ji et Lu Chongguo. La cour des Hans faisait de même.

En 100 av. J.-C., Zudihou, le souverain des Huns qui venait d'accéder au trône, tremblant à l'idée que les Han lancent une attaque surprise, déclara:

-     " L'empereur des Hans, c'est mon oncle! "

Et il renvoya tous les envoyés retenus, dont Lu Chongguo. L'empereur Wudi qui apprécia beaucoup le geste, décida d'envoyer Su Wu comme ambassadeur. Su Wu devait raccompagner, un « jie» (témoignage d'amitié et de lettres de créances, fait de bambou et de poils de yack) à la main, les envoyés Huns dans leur pays. En signe de remerciement, le distingué envoyé devait offrir à Zudihou un cadeau royal. Su Wu partit avec ses adjoints Zhang Sheng, Chang Hui, d'autres fonctionnaires ainsi que des soldats, au total une centaine de personnes. Arrivé dans la tribu des Huns, on ne tarda pas à faire le cadeau à Zudihou mais, contre toute attente, celui-ci se montra des plus arrogants. Zudihou allait ordonner à un envoyé de raccompagner Su Wu et ses hommes à la capitale des Hans, quand un coup d'Etat éclata à l'intérieur de sa tribu.

Sachant bien que Su Wu n'était pas homme à se laisser menacer, le nouveau souverain des Huns rapporta tout à Zudihou. Comme celui-ci voulait encore le soumettre, il le fit emprisonner dans une grande cave, en ne lui donnant ni eau ni nourriture. Il neigeait. Su Wu, allongé par terre, buvait de la neige et mangeait le feutre et son tapis. Cela lui permit de survivre. Au bout de plusieurs jours, le croyant divin, les Huns l'exilèrent à Beihai (aujourd'hui le lac Baïkal, en Sibérie), un endroit désolé. Berger d'un troupeau de moutons mâles, il ne devait rentrer qu'après avoir fait produire du lait aux béliers ! Et l'on enferma tous les membres de sa suite dans des endroits inconnus de tous.

Vivant au bord du lac, Su Wu n'avait que des rats et des fruits sauvages à se mettre sous la dent. A force d'user de son « jie » (le cadeau royal) comme baton de berger, les poils de yack avaient même fini par tomber.

Dix-neuf ans s’écoulèrent. Le souverain des Huns et celui des Hans  changèrent. Les relations entre la tribu des Huns et la cour de la dynastie des Hans se rétablirent. Su Wu put enfin regagner son pays, et lors de son arrivée à la capitale, il fût chaleureusement accueilli par les habitants locaux et par les fonctionnaires. L’histoire de Su Wu qui a fait preuve d’un sens du patriotisme hors du commun est demeuré au cours des siècles un bel exemple pour le peuple chinois.