La dynastie des Sui et des Tang
中国国际广播电台

La dynastie des Sui qui a régné de 581 à 618, a été l'une des plus courtes de l'histoire chinoise, et pourtant, elle y a joué un rôle primordial.

Vers la fin de la période des Six Dynasties, (période de renouvellement qui a succédé à la période des Trois Royaumes), la situation en Chine était fort confuse alors.  

Tandis que la dynastie chinoise des Chen dominait le Sud, deux royaumes issus de l'empire des Turcs Topa (Tabghatch), celui des Tcheou septentrionaux, centré sur le moyen Houang Ho, et celui des Ts'i septentrionaux, plus à l'est se partageaient le Nord de la Chine. C'est du premier royaume que viendra l'unification, œuvre de Yang-kien, descendant d'une puissante famille aristocrate chinoise. Celui-ci, après avoir renversé les deux Etats nordiques, conduisit vers le Sud, une armée de cinq cent mille hommes, s'empara de la capitale des Chen et proclama la dynastie des Sui.  

Pendant cette dynastie, une réforme agraire a été mise en place. Les terres publiques ainsi que des friches (80 % revenaient au Trésor public après la mort d’un paysan) furent redistribuées. Le commerce et l'artisanat reçurent également une impulsion nouvelle.  

Le dernier empereur des Sui a été un tyran. Son seul mérite est d’avoir faire bâtir le Grand Canal pour relier le bassin du Yangzijiang à celui du Huanghe. Il fit également construire des palais d'un luxe extravagant, et fut alors contraint de demander un paiement anticipé de dix années d'impôt ! Ensanglantée de nouveau par la rébellion, la Chine aurait sans doute plongé dans le marasme si un jeune général, Li Che-min, ne s'était trouvé là pour recueillir l'héritage des Sui et fonder la grande dynastie des Tang.

Treizième dynastie chinoise, la dynastie des Tang (ou T'ang) a régné de 618 à 907. Au lendemain d'une longue division entre le Nord et le Sud, cette dynastie, qui constitua le deuxième grand empire après
les Han, brilla par son extension territoriale, sa civilisation pleine de vigueur et son large rayonnement.

Sur le plan administratif, l’une des innovations principales a été de confier les provinces à des gouverneurs militaires. Le gouvernement central, copié sur celui des Han, fut amélioré par la création de sections techniques confiées à des experts plutôt qu'à des lettrés. Le bon fonctionnement du système permit une augmentation sans précédent du budget de l'Etat.  

Grâce à ses frontières bien protégées, à son administration, à ses routes, à ses canaux, l'Empire connut alors une prospérité générale. De nombreux étrangers convergeaient par terre et par mer, apportant avec eux les produits du monde entier, tandis que la langue chinoise devenait un moyen de communication universel dans tous les milieux cultivés de l'Asie orientale. Dès les dernières années du règne se manifesta cependant un déclin que plus rien ne pouvait freiner.
La dynastie vivait ses derniers jours: le 9e  siècle fut jalonné de révoltes paysannes réprimées dans le sang. La dynastie des Tang devait néanmoins sombrer en 907 dans le désordre général. La Chine allait connaître alors un nouveau morcellement (période des Cinq Dynasties) jusqu'à l'arrivée
des Song.

C'est surtout grâce à la poésie que le nom de «Tang» a acquis une célébrité mondiale. Outre les deux plus grands poètes chinois, Du Fu (Tou Fou) et Li Bai, il faut citer Po Kiuyi (Bai Juyi), auteur du très beau Tch'ang-hen-ko («Chanson des longs regrets»), très longue pièce en vers réguliers qui chante la fuite de Hiuan-tsong et la mort de sa concubine préférée Yang Kouei-fei, Wang Wei, poète, peintre et musicien, Meng Hao-jan, grand poète paysagiste, Tou Mou (Du Mu) et Yuan Tchen parmi d’autres.