
Le sommet de deux jours des dirigeants des pays de l'Union européenne (UE) s'est ouvert jeudi à Bruxelles pour discuter notamment du financement climatique et de la situation économique et financière de l'UE.
Du fait que la Conférence des Nations unies sur le climat se déroule actuellement à Copenhague, les dirigeants de l'UE doivent discuter d'abord de la position que l'UE adoptera à cette conférence, surtout de l'aide aux pays en voie de développement ( PVD) pour les aider à faire face au changement climatique.
Selon des estimations de la Commission européenne, de 2010 à 2013, les PVD auront besoin de 5 à 7 milliards d'euros par an pour faire face au changement climatique. Les dirigeants de l'UE devraient mettre au point le montant concret de financement climatique pour les trois prochaines années en vue de promouvoir les négociations de Copenhague sur le climat.
La situation économique et financière est un autre important sujet à discuter au sommet. Les dirigeants de l'UE examineront les "stratégies de sortie", c'est-à-dire l'élimination progressive des mesures prises pour faire face à la crise. La nouvelle structure pour la surveillance financière ainsi que la stratégie européenne pour la croissance et l'emploi après 2010 seront également abordées.
Les dirigeants de l'UE devraient également entériner le Programme de Stockholm censé devenir le nouveau programme de travail européen dans les domaines de la liberté, de la sécurité et de la justice pour 2010-2014. Ce sommet de deux jours est le premier sommet de l'UE sous les règles du Traité de Lisbonne. Du fait que le président nouvellement élu du Conseil européen Herman Van Rompuy ne pourra entrer en fonction qu'au début de 2010, ce sommet doit encore être présidé par le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays assume la présidence de l'UE jusqu'à la fin de cette année.
Au cours du sommet, Van Rompuy expliquera aux dirigeants de l'UE comment il conçoit le fonctionnement futur du Conseil européen.
Vingt-deux des 27 pays membres de l'Union européenne se sont déclarés, jeudi à Paris, favorables à une forte politique agricole commune (PAC) de l'UE, notamment sur une alimentation diversifiée, la défense des revenus des agriculteurs et les aspects environnementaux.
Les signataires de cet appel demandent que la politique agricole commune se fonde désormais sur trois piliers: un "modèle alimentaire européen" diversifié, la nécessité d'aider les agriculteurs à mieux faire face à "la volatilité du marché" et à leurs difficultés économiques, et la prise en compte du "défi environnemental".

Le ministre français de l'Agriculture Bruno Le Maire, qui a proposé cette réunion, a dit à l'issue de la réunion que la discussion "a été compliquée". Selon lui, ce n'est pas facile de trouver un accord entre 22 Etats qui peuvent défendre des options différentes". Mais il a souligné que la politique agricole commune (PAC) ne devait pas être "bradée".
Selon lui, "la PAC est la plus importante (financièrement) des politiques européennes (...) doit rester l'une des politiques é conomiques européennes essentielles y compris après 2013", a indiqué M. Le Maire.
Le budget de la PAC représente 47% du budget total de l'UE qui s'élevait à 116 milliards d'euros en 2008. La prochaine PAC entre en vigueur en 2013 pour sept ans.
Au sein de l'UE, certains pays comme la Grande-Bretagne s'oppose à une PAC pesant lourd dans le budget de l'UE.
Cinq Etats dont la Grande-Bretagne et le Kanemark qui n'ont pas la même position sur le PAC que la France n'avaient pas été invité s à cette réunion organisée à Paris.
Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont discuté d'une stratégie de sortie de crise pour l'UE à partir de 2011, a annoncé le Premier ministre suèdois Fredrik Reinfeldt dont le pays assume la Présidence de l'UE, lors d'une conférence de presse tenu jeudi soir à Bruxelles après les discussions du premier jour du Sommet.
Les chefs d'Etat et des gouvernement ont pris note des effets des mesures de soutien qui ont été déployées pendant la crise et ont discuté de la mise en place de stratégies de sortie permettant de supprimer, peu à peu, ces mesures de soutien.
Le Sommet a souligné que la stratégie budgétaire de sortie de crise devra rester dans le cadre du Pacte de stabilité. Il insiste pour que la consolidation des budgets commence en 2011 au plus tard, plus tôt dans certains Etats membres où les conditions économiques le permettent, pour autant que la reprise se conforte. Il note que le retrait des mesures de soutien au secteur financier doit se faire de manière coordonnée avec l'introduction progressive d'incitations aux institutions financières à ne plus dépendre du soutien public.

Notons que la Commission européenne avait annoncé en novembre dernier que l'économie européenne sort graduellement de la récession. Une progression de 0,5% est attendue pour le PIB au troisième trimestre, mais un recul de 4% sur l'ensemble de l'année. La commission reste cependant optimiste en affirmant que le retour à la croissance se concrétisera dans les deux prochaines années.
Le Sommet a par ailleurs salué l'accord, adopté la semaine dernière par les ministres des finances, concernant un nouveau système de surveillance des marchés financiers, à un niveau macro- et microprudentiel. Ce qui signifie qu'une partie des lacunes qui avaient contribué à la crise financière est maintenant comblée.
Les dirigeants européens ont également discuté des principes généraux de la future stratégie européenne pour la croissance, qui doit succéder à la Stratégie de Lisbonne. Les principes de base concernent notamment la mise en place d'une croissance durable permettant de faire face aux futurs défis, de fait de profiter des possibilités apportées par un passage à une économie verte et la mise sur pied d'une société dotée d'un taux d'emploi élevé, un marché du travail équitable et une cohésion sociale.
Le président du Parlement européen Jerzy Buzek a exhorté, au cours d'une conférence de presse tenue jeudi à Bruxelles, le Conseil européen (Sommet de l'UE), à prendre des mesures concrètes quant aux fonds qui doitvent être accordés aux pays en voie de développement, dans le cadre de la lutte contre le changement climatique.
Jerzy Buzek a appelé les Etats membres de l'UE à "mettre un chiffre sur la table" pour déterminer le montant de l'aide requise pour les pays en voie de développement.
Il a qualifié la réunion du conseil de "décisive", car elle jouera un rôle clé pour le succès du sommet de Copenhague sur le climat. Cependant, il a souligné que le fardeau de l'aide doit "partagée de manière juste entre les Etats membres".
Le président du Parlement européen a également évoqué le problè me de la compétitivité de l'UE et a attiré l'attention sur l'importance d'une communauté européenne de l'énergie, sur le modè le de la communauté européenne du charbon et de l'acier, pour rendre l'UE plus compétitive à une échelle mondiale. Il a souligné que malgré l'absence de date butoire, ce projet ne sera pas réalis é du jour au lendemain.
La strategie budgétaire pour 2020 de la Commission européenne, laquelle doit donner naissance à une économie sociale de marché plus respectueuse de l'environement, a également été mentionnée. Cette dernière a été décrite par sa capacité à "sortir l'Europe de la crise économique actuelle et à l'empêcher d'y sombrer à nouveau".










