Aujourd'hui, nous allons vous présenter un passe-temps apprécié par les habitants de l'Ile de Hainan---« manger » du thé « Laoba » . Qu'est-ce que le « laoba cha » ou le thé « Laoba » ? Qu'a-t-il de si différent ? Et pourquoi le « mange »-t-on ? Les réponses dans quelques instants.
H Chen Qirui a 60 ans. Il habite à Haikou, le chef-lieu de la province du Hainan. Depuis qu'il est retraité, sa plus grande joie est d'aller boire du thé Laoba avec quelques amis dans la maison de thé Qiong dao, tout près de chez lui.
« Tous les trois, on se donne rendez-vous pour venir ici. Le matin, on arrive à 7 heures et demi. Après, on va acheter des légumes pour le déjeuner. L'après-midi, on vient à 14 heures. »
F La maison de thé Qiongdao se trouve dans une ancienne rue du bourg de Lingshan, dans la ville de Haikou. Des deux côtés de la rue se dressent des magasins de confection, des boutiques de chaussures, des tailleurs, des épiceries ou encore des maisons de thé. C'est comme si cette rue sortait tout droit d'un film.
H Une grande tente est dressée devant la maison. Sous la tente sont installées quatre grandes tables rondes. Sur chaque table, des théières, des verres, quelques assiettes de pain et de biscuits. Autour de chaque table, sept à huit personnes discutent en buvant du thé. D'autres participent à des loteries. L'ambiance est assez bruyante, et les serveurs participent à l'ambiance festive en faisant la navette entre l'intérieur à l'extérieur.
Les maisons de thé comme celle de Qiongdao s'appelle maison de thé « laoba ».
F Dans le Hainan, le père s'appelle « laoba ». Quant au « Laoba Cha » ou thé « laoba », c'est un thé si bon marché que même les grands-mères et les grands-pères peuvent se l'offrir. Avant les années 70, consommer du thé n'était pas cher et les affaires de la maison de thé étaient florissantes. Mais après la réforme et l'ouverture de la Chine, certains commerçants ont rendu les maisons de thé plus luxueuses. Boire du thé dans une maison de thé est devenu inabordable pour la majeure partie de la population.
H Les affaires étaient donc en chute libre. Certains commerçants ont toutefois senti de nouvelles opportunités en pleine stagnation. Ils sont revenus à la tradition des anciennes maisons de thé, qui ont très vite retrouvé une grande popularité. Depuis, on utilise le nom « Laoba cha » ou « thé laoba ».
F Les maisons de thé « laoba » sont partout dans les rues et les ruelles de « l'île du cocotier » - c'est le surnom de la ville de Haikou. Ce genre de maison de thé a 100ans d'histoire. Zhang Jixing est professeur d'Histoire à l'Ecole normale de Hainan. Il nous a raconté l'origine du «lao ba cha ».
« L'apparition du « laoba cha » est liée la communauté des Chinois d'outre-mer de Hainan. Plus exactement, son apparition est due à l'apparition de cette communauté. Après les guerres de l'opium, des Chinois d'outre-mer de la région d'Asie du Sud-est sont retournés à Haikou. La communauté des Chinois d'Outre-mer a commencé à prendre forme. Ces gens-là ont ramené avec eux des habitudes d'Asie du Sud-Est. »
H Contrairement aux clients des autres villes chinoises, dans les maisons de thé de Haikou, les clients n'aiment pas commander du thé haut de gamme comme le longjing ou le biluochun. Ils préfèrent le café, le thé au lait, le thé rouge ou le thé au citron. Et le sucre leur est indispensable. Une théière, une assiette de cacahuètes, quelques amuse-bouche, et même si on ne prend que du thé pour un yuan, on peut rester dans la maison de thé du matin jusqu'au soir. Les serveurs ne cessent de faire la navette entre les clients, dans une ambiance toujours chaleureuse.
Ecoutons à nouveau le professeur Zhang.
« Une autre raison importante du développement du thé « laoba » est son prix. On peut passer des heures à bavarder avec ses amis en dépensant très peu d'argent ».
F Nous voilà devant une maison de thé. Sous le grand sophora devant l'entrée, des clients sont installés autour de quatre tables rondes. A l'entrée, de délicieux petits plats attendent les gourmands. Sur le four, à côté, de petits pains farcis cuisent sur une étuve à vapeur. Li Tianzi travaille dans cette maison de thé. Elle nous présente les pains qui sont proposés.
« Nous en avons une grande variété. Les pains farcis de viande, de soja rouge, de cari, de patate douce, des croissants, etc. Le petit pain farci à la vapeur, c'est juste pour le matin ».
H Au Hainan, on dit d'ailleurs « manger du thé » au lieu de « boire du thé ». Parce que dans ces maisons de thé, le thé a un rôle secondaire, les petits plats sont plus importants. Par exemple : les vermicelles chaudes dans un bol de soupe ou les vermicelles froides, le pain, les pâtisseries, le ravioli frits ou encore le zongzi, un gâteau de riz enveloppé dans des feuilles de bambou, et cuit à la vapeur ou à l'eau.
F Nous ne pouvons pas tout citer, mais la grande variété de plats offerts par les maisons de thé « laoba » et les prix très bon marché sont des atouts qui attirent les clients. Manger du thé « laoba » fait partie de la vie quotidienne des habitants de Hainan. Surtout des personnes âgées. C'est elles qui sont les principaux clients des maisons de thé. On discute, on regarde la télé. C'est la joie de vivre qui règne.
H Pour les jeunes, passer du temps dans une maison de thé est beaucoup moins intéressant. Ils préfèrent surfer sur Internet ou aller dans un bar.
F Si vous voulez découvrir la vie de certains habitants de Hainan, pourquoi ne pas passer une demi-journée dans une maison de thé de l'île ? Vous y découvrirez la désinvolture et joie de vivre des habitants…










