Le Radeau de la Méduse, une mise en scène de Thomas Jolly
  2017-08-30 15:04:41  cri

 

Copyright © Jean-Louis Fernandez

Le metteur en scène français Thomas Jolly, amenant les jeunes acteurs de l'École Supérieur d'Art Dramatique de Strasbourg, monte en scène son œuvre Le Radeau de la Méduse en Chine.

Comme son nom indique, le Radeau de la Méduse raconte une histoire un tout petit canot perdu dans l'immensité de la mer. Un huis-clos. Au milieu de l'océan. Ils sont treize enfants sur ce radeau de fortune, treize enfants qui fuient la violence des adultes. Après avoir tenté de créer une petite société égalitaire et solidaire, sept jours leur suffiront pour glisser lentement dans la barbarie. Menacés dans leur existence, en état de survie, ils vont se protéger du danger en éliminant l'un des leurs…Et ainsi commence la mise en scène de Thomas Jolly.

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Le Radeau de la Méduse est issu du scénario du dramaturge allemand Georg Kaiser, écrit entre 1940 et 1943, d'après un fait réel : le torpillage par un sous-marin allemand d'un paquebot anglais qui transportait des enfants vers le Canada pendant la deuxième Guerre mondiale. Pour Thomas Jolly, ce texte résonne un peu différemment aujourd'hui.

« Premièrement, en France en ce moment il y a une volonté de réinterroger le modèle de société et dans ce canot les enfants essaient d'inventer un nouveau mode de vie d'ensemble plus solidaire et plus respectueux ; et l'autre point qui fait l'écho à l'actualité est qu'en Europe il y a des réfugiés qui quittent leurs pays en guerre, et je voulais juste rappeler que s'il y a des guerres en Syrie et les gens viennent en Europe et qu'il y a 40 ans que la guerre était en Europe comme l'histoire de ces enfants qui vont au Canada », a-t-il affirmé.

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Sur le Radeau de la Méduse, ils sont treize reclus. Ils fuient la guerre. Leur religiosité tenace leur interdit de supporter le chiffre 13. L'un d'entre eux doit être sacrifié, mais lequel, et comment ? Dans la pièce, les enfants glissent inévitablement vers la monstruosité. D'après Thomas Jolly, le spectacle fait découvrir cette monstruosité chez l'homme. On devait la combattre pour que cette dernière ne conduise pas à la tragédie. « Ce que George Kaiser nous dit, c'est que l'être humain a en lui une barde monstruosité, et si l'on le sait, peut-être on peut le combattre. La religion est utilisée dans la pièce de façon détournée, c'est-à-dire que le personnage Anne qui est le plus violent utilise la religion mais elle se trompe. Dans la pièce, on voit comment on utilise les textes de religion pour valider les actes de crime. », a indiqué Thomas Jolly.