Football : la justice française enquête sur l'attribution des Coupes du monde 2018 et 2022
  2017-05-03 09:59:20  peopledaily
Le parquet national financier de France a ouvert une enquête préliminaire sur les conditions d'attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 (respectivement à la Russie et au Qatar), pour "corruption privée", "association de malfaiteurs", "trafic d'influence et recel de trafic d'influence", révèle, jeudi, le journal français Le Monde.

La Fédération internationale de football (FIFA) était déjà dans le viseur de la justice suisse et américaine. Mais l'attribution controversée des Mondiaux 2018 et 2022 du ballon rond suscite également l'intérêt des magistrats français. Selon les informations du quotidien Le Monde, le parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête préliminaire courant 2016.

Dans le cadre d'une demande d'entraide pénale internationale avec la justice helvétique, plusieurs magistrats du PNF se sont rendus en Suisse afin de rencontrer l'ancien patron déchu de la FIFA, l'Helvète Joseph Blatter, indique le journal.

Le 31 mars dernier, la FIFA a remis à la justice suisse le résultat de son enquête interne ouverte en juin 2015 dans la foulée du déclenchement de la plus grave crise de corruption de son histoire.

A ce jour, le ministère public de la Confédération helvétique (MPC) a relevé "152 mouvements financiers suspects".

Douze des 22 membres du comité exécutif de la FIFA, qui ont participé au scrutin d'attribution des Mondiaux, ont été soit suspendus, soit écartés, ou avertis par la FIFA.

L'enquête ouverte par le PNF pour "corruption privée", "association de malfaiteurs", "trafic d'influence et recel de trafic d'influence" vise les protagonistes français de l'affaire.

Le journal Le Monde précise que sont notamment concernés Reynald Temarii, ex-membre du comité exécutif de la FIFA, suspendu huit ans pour avoir accepté, en 2010, 305 000 euros du Qatari Mohamed Ben Hammam; Jérôme Valcke, ex-secrétaire général de la FIFA, radié dix ans et sous le coup d'une procédure pénale du parquet suisse; ainsi que l'ex-président de l'UEFA (Union européenne de football) Michel Platini, suspendu quatre ans.

Joseph Blatter et Michel Platini font l'objet d'une enquête distincte du MPC pour un "paiement déloyal" de deux millions de francs suisses (1,8 million d'euros) fait, en 2011, par la FIFA du Suisse au président de l'UEFA.

En mars 2016, le PNF a perquisitionné les locaux parisiens de la Fédération française de football dans le cadre d'investigations sur ce paiement.