Trump, « bon pour l'économie américaine, pas pour le monde »
  2017-02-14 10:05:46  China.org

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a évoqué hier son optimisme sur la croissance économique américaine sous la présidence de Donald Trump, mais elle met en garde sur les troubles que cela pourrait présager pour le reste du monde.

« D'après le peu que nous savons - et j'insiste sur ça parce qu'il s'agit d'un processus en évolution - nous avons des raisons d'être optimistes sur la croissance économique aux Etats-Unis », a-t-elle déclaré lors du World Government Summit, un rassemblement annuel de décideurs organisé à Dubaï.

Pour la directrice du FMI, la réforme fiscale et l'augmentation des investissements dans les infrastructures sont toutes deux vraisemblables sous la présidence de Donald Trump, dont l'annonce jeudi dernier de nouvelles propositions de réductions fiscales a porté Wall Street vers de nouveaux records.

Jeudi, le Dow Jones, le Nasdaq et le S&P 500 ont terminé à + 0,6 %, après l'annonce par le président américain qu'un plan de réduction fiscale « phénoménal » serait dévoilé dans les deux à trois semaines.

Pourtant, la directrice du FMI n'a pas mâché ses mots concernant les répercussions mondiales d'une future croissance de l'économie américaine : « Ça, ce sont les bonnes nouvelles. Ce qui est plus inquiétant, si vous permettez, ce sont les conséquences qu'il pourrait y avoir pour le reste du monde. »

Christine Lagarde a souligné la force du dollar face à d'autres devises et indiqué au vu des prévisions de relèvement des taux d'intérêts par le trésor américain : « Il s'agit d'un resserrement, qui sera difficile pour l'économie mondiale et pour lequel les économies doivent se préparer. »

En janvier, le FMI a augmenté d'un dixième de point de pourcentage - à 2,3 % - ses prévisions pour la croissance américaine pour cette année, et de quatre dixièmes de point - à 2,5 % - la croissance pour 2018. La Banque mondiale n'a quant à elle pas modifié ses prévisions pour les Etats-Unis, soulignant l'incertitude des plans politiques de Trump.

Le FMI et la Banque mondiale continuent de souligner l'incertitude comme un facteur mitigeant les projections économiques aux Etats-Unis. Les deux organisations devraient annoncer des prévisions plus claires lors des Perspectives économiques mondiales en avril.

Christine Lagarde, dont l'organisation a soutenu la taxation dans les pays (sans impôts et très riches en énergie) du Conseil de coopération du Golfe, est restée inflexible dans son soutien à la future taxe régionale de 5 % sur la valeur ajoutée.