De la tendance des études à l'étranger à la ferveur pour les écoles internationales
  2017-01-05 10:27:14  China.org

Le 1er novembre 2016, des échanges ont eu lieu entre le directeur étranger et les élèves chinois dans l'école Run Run Shaw à Shengzhou dans le Zhejiang.

Sous l'élan de la mondialisation, les écoles internationales poussent comme des champignons dans la partie continentale de la Chine ces dernières années. Alors, quels sont leurs points forts et leurs points faibles par rapport aux établissements publics classiques ?

Ces dernières années, au fil de l'approfondissement des échanges tous azimuts entre la Chine et l'Occident ainsi que de l'accroissement du nombre de Chinois partant étudier à l'étranger, un certain nombre de pratiques occidentales en matière d'éducation sont peu à peu adoptées par la Chine. À l'heure où l'enseignement tend vers l'internationalisation et où les entreprises recrutent de plus en plus de talents au parcours multiculturel, une ferveur pour les écoles internationales a vu le jour.

Par rapport aux méthodes chinoises d'enseignement traditionnellement axées sur les examens, les méthodes occidentales mettant l'accent sur le côté ludique de l'enseignement, sont prisées par le plus grand nombre. Cependant, pas mal de controverses entachent la réputation des écoles internationales, à savoir la cherté des frais de scolarité, l'avenir des élèves ou leur difficulté à se conformer aux conditions nationales chinoises et le manque de surveillance de la part du gouvernement.

Un développement rapide

D'après les statistiques, le nombre d'écoles internationales en Chine a presque doublé entre 2011 et 2015, passant de 276 à 546 établissements, en grande majorité répartis dans les métropoles de Beijing, Shanghai et Guangzhou. Les experts estiment que dans cinq ans, ce nombre devrait continuer de progresser et franchir la barre des 1 000 ; de même, les effectifs d'élèves inscrits dans ces écoles internationales, aujourd'hui aux alentours de 180 000, devraient augmenter de 30 000 ou 40 000 environ. Li Meng, assistant du directeur de la Beijing World Youth Academy, confirme que l'établissement dans lequel il travaille a connu cette période d'essor : « Quand l'école a ouvert ses portes en 2000, elle accueillait 146 élèves. Aujourd'hui, elle en dénombre plus de 830. »

« En effet, ces dernières années, les écoles internationales se sont rapidement développées dans la partie continentale de la Chine, mais leur positionnement n'est plus tout à fait le même », nuance Xu Tao, directeur de la Yew Chung International School of Beijing. Au début, les écoles internationales en Chine visaient à assurer l'instruction des enfants des expatriés, travaillant notamment dans des représentations diplomatiques ou des entreprises étrangères installées en Chine. L'objectif était d'offrir aux élèves la possibilité de poursuivre le programme scolaire en vigueur dans leur pays d'origine. Telle était d'ailleurs la vocation de la Yew Chung International School of Beijing. Mais de nos jours, c'est différent. Ces écoles internationales s'orientent de plus en plus vers les élèves chinois, de telle sorte que le nombre d'établissements ouverts aux élèves chinois a déjà rattrapé celui des écoles internationales réservées aux fils et filles de ressortissants étrangers.

Li Meng décrit les trois catégories d'écoles internationales qui existent aujourd'hui en Chine. Premièrement, les écoles internationales qui accueillent exclusivement des enfants d'expatriés sont actuellement une centaine à l'échelle du pays, mais leur source d'élèves continue de se tarir. Deuxièmement, les 200 et quelques établissements publics qui proposent des études à l'étranger et des classes internationales, qui acceptent principalement des candidats chinois sur examen, sont celles que connaissent le mieux les parents chinois. Troisièmement, les écoles privées offrant des programmes scolaires étrangers sont un peu plus de 200 dans le pays. Bénéficiant d'une demande forte et de capitaux privés, ces établissements sont ceux qui affichent dorénavant le développement le plus dynamique parmi les trois catégories. « Chaque année, en moyenne, une dizaine d'établissements de ce type ouvrent. » Reprenons l'exemple de la Beijing World Youth Academy. La première année, les inscrits étaient au nombre de 146, dont un seul élève de nationalité chinoise ; désormais, les élèves chinois représentent 70 % des effectifs de l'établissement.

Toutefois, Li Meng rappelle que les élèves qui suivent des programmes scolaires internationaux sont moins de 20 millions, contre un total de 200 millions d'élèves dans le primaire et le secondaire sur la partie continentale de la Chine. D'un point de vue statistique donc, c'est encore le choix d'une infime minorité.

Pourquoi une telle ferveur ?

Quelles sont les raisons qui expliquent le « boom » des écoles internationales ? D'une part, ces dernières années en Chine, les jeunes ont tendance à partir étudier à l'étranger. De nombreux parents chinois s'efforcent alors, dans une certaine mesure, de planifier très tôt le futur de leurs enfants. Ils inscrivent leur progéniture dans une école internationale avec l'espoir qu'elle soit dès son plus jeune âge au contact des concepts didactiques et pédagogiques étrangers. D'autre part, certains analystes considèrent que cette « planification avancée » se nourrit de l'inquiétude de nombreux parents vis-à-vis de la charge de travail exhaustive donnée aux enfants dans les écoles publiques classiques, ainsi que de leur aspiration à une atmosphère plus libre en classe.

Xu Xiao est actuellement en 11e année (équivalence de la première) à la Beijing World Youth Academy. Avant d'intégrer cette école internationale, elle a effectué son primaire et sa première année de collège dans des établissements publics de la capitale chinoise. De cette expérience, Xu Xiao garde le souvenir de « leçons écrasantes », de telle sorte qu'elle trouvait son quotidien ennuyeux et commençait à se replier sur elle-même. C'est pourquoi sa mère Hu Yifei l'a envoyée poursuivre ses études dans une école internationale.

Lorsque son dossier a été officiellement transféré de son école publique à sa nouvelle école internationale, Xu Xiao s'est retrouvée confrontée non seulement à un environnement linguistique nouveau, mais aussi à des méthodes d'enseignement globalement différentes. Elle a mis six mois à s'adapter, puis à commencer à ressentir le poids d'une pression d'un autre genre. « Réussir à l'école internationale n'est pas aussi facile que ce que j'imaginais. J'étais parfois épuisée, mais les cours m'apportaient de la gaieté et un profond sentiment d'accomplissement, parce que les questions traitées en classe sont abordées par les élèves eux-mêmes. Il est possible d'exprimer ses opinions sans honte. De là, naît la confiance en soi. »

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