Ouverture du marché aux investissements étrangers
  2016-12-09 08:58:50  China.org

La Chine a assoupli les restrictions sur le tourisme et la haute-technologie pour attirer les capitaux.

Avec les nouvelles directives publiées mercredi, le gouvernement chinois relâche encore un peu plus son contrôle du marché en réduisant le nombre de domaines d'investissement restreints ou interdits aux investisseurs étrangers.

La Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR) - le plus haut corps de planification économique du pays - a indiqué qu'elle avait supprimé les restrictions dans de nombreux domaines liés au tourisme et au divertissement dans sa révision du Catalogue sectoriel d'orientation de l'investissement étranger.

Avec la levée de certaines restrictions sur les secteurs du tourisme et du divertissement, les investisseurs étrangers peuvent désormais investir dans des projets, tels que des terrains de golf, des réserves naturelles ou encore des parcs d'attractions.

Dans ce nouveau catalogue, la CNDR ouvre également un certain nombre de domaines dans le secteur industriel, comme la transformation du maïs et la production de motos, qui étaient jusqu'à présent hors de portée pour les investisseurs étrangers.

De plus, elle liste un certain nombre de domaines dans le secteur de la haute-technologie, dans lesquels les investisseurs étrangers sont encouragés à entrer, notamment le développement de l'électronique automobile et la production de pièces pour les voitures utilisant les nouvelles énergies.

Ouvrir le marché

Le nombre de domaines d'investissements interdits ou limités pour les investisseurs étrangers est passé de 93 en 2015 à 62 dans la version révisée du catalogue. Publié pour la première fois en 1995, celui-ci a connu six révisions.

Les dernières révisions montrent que le gouvernement est devenu plus ouvert envers l'investissement étranger, explique Bai Ming, un chercheur de l'Académie chinoise de commerce international et de coopération économique.

Auparavant, le gouvernement craignait que les investissements étrangers nuisent aux entreprises nationales. Mais désormais, ces dernières sont suffisamment solides pour faire face à une telle intégration économique.

L'assouplissement de l'accès aux investissements étrangers pourrait même aider à stimuler la croissance dans les entreprises chinoises ayant un besoin urgent de se développer, comme l'électronique automobile, indique Deng Tishun, le directeur régional et stratégiste en chef pour la Chine chez UBS.

L'assouplissement des restrictions sur les investissements étrangers dans ces domaines peut aider à conserver des capitaux étrangers, à un moment où une hausse des taux d'intérêt par la Réserve fédérale des Etats-Unis (Fed) est de plus en plus attendue - un facteur qui pourrait attirer les capitaux étrangers vers les Etats-Unis, explique Song Ding, un analyste de l'Institut de développement de Chine basé à Shenzhen.

« Alors que la mondialisation arrive à un point charnière, ces mesures pourraient également dissiper les rumeurs internationales d'une Chine qui ne s'ouvre pas assez », explique Deng Tishun.

D'après les statistiques du mois de novembre du Ministère du Commerce, 95 milliards de dollars (88 milliards d'euros) de capitaux étrangers ont été investis en Chine au cours des neuf premiers mois de l'année, enregistrant une croissance de 4,2 % en glissement annuel.

Des investisseurs industriels réticents

La levée des restrictions ou des interdictions pour certains secteurs d'investissements ne signifie pas nécessairement que les entreprises étrangères pourront investir de manière flexible dans ces domaines, explique Bai Ming. Les investisseurs étrangers devront faire face à des normes industrielles détaillées, qui sont aussi exigées pour les entreprises chinoises.

Même si le gouvernement chinois essaie d'attirer davantage de technologies et de capitaux étrangers dans le secteur industriel chinois, les investisseurs étrangers montrent malgré tout une préférence pour le secteur des services.

Par exemple, dans le secteur des voitures utilisant les nouvelles énergies, les constructeurs automobiles chinois ont un besoin urgent de technologies diverses - comme les piles à hydrogène - mais de nombreuses entreprises étrangères pourraient être réticentes à coopérer avec leurs homologues chinois, estime Feng Shiming, un analyste du marché automobile pour Menutor Consulting.

« L'une des raisons à cela est la faiblesse de la protection chinoise des droits de propriété intellectuelle. Une autre est que les relations politiques de la Chine avec des pays comme le Japon et les Etats-Unis - qui sont riches dans le domaine des technologies automobiles avancées - sont instables », explique-t-il. Pour Feng Shiming, le gouvernement essaie de combler ce manque technologique en apportant plus d'entreprises étrangères sur ce marché.

En juin, le Ministère de l'industrie et des technologies de l'information a annoncé la liste d'un certain nombre d'entreprises qualifiées pour produire des batteries automobiles utilisant les nouvelles énergies.

Il a cependant exclu de cette liste les conglomérats électroniques sud-coréens comme LG et Samsung, qui ont réalisé des investissements dans ce domaine - un geste attribué par les médias au déploiement prévu du système antibalistique américain THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) en Corée du Sud.