Un changement de cap de Washington vis-à-vis de la BAII serait responsable
  2016-11-18 11:05:29  China.org

La possibilité d'un revirement politique de Washington visant à adhérer à la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (BAII), sous l'égide de la Chine, après la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles, doit être bien accueillie, dans l'intérêt des Etats-Unis et de l'Asie en général.

James Woolsey, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, aurait qualifié la décision du gouvernement de Barack Obama de ne pas se joindre à la BAII d' « erreur stratégique », et l'hypothèse circule selon laquelle le pays pourrait réévaluer sa réticence à devenir membre de cette institution nouvellement créée.

Le gouvernement de M. Obama avait justifié son opposition à se joindre à la BAII en évoquant des préoccupations relatives au fait que cette banque pourrait ne pas répondre aux normes internationales actuelles, même si les membres fondateurs se sont engagés à coopérer pour qu'elle obéisse aux meilleures normes et pratiques en termes de gouvernance, de transparence, et de questions environnementales et de travail.

Cette position révèle la préoccupation principale du gouvernement sortant de M. Obama, à savoir que la BAII pourrait constituer un défi ou réduire l'influence des institutions de Bretton Woods sous influence américaine comme la Banque mondiale.

En fait, les fonds disponibles de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement ne suffisent pas à répondre aux besoins considérables dans les investissements en infrastructure en Asie. Plutôt que d'entrer en concurrence avec ces institutions, la BAII pourrait compenser le manque de soutien financier international dans le développement des infrastructures et la connectivité régionale en Asie.

Les investissements proposés dans le secteur des transports, de l'énergie et des télécommunications en Asie offrent aussi des opportunités commerciales énormes aux entreprises des pays membres, et c'est la raison pour laquelle de nombreux alliés de Washington en Occident comme la Grande-Bretagne, l'Italie et l'Allemagne ont rejoint la BAII malgré l'opposition américaine.

En réalité, en traînant les pieds dans la réforme du quota du Fonds monétaire international pour donner une part plus importante aux pays en développement dans cette institution, les Etats–Unis sont eux-mêmes responsables du fait que la Chine ait tenté d'établir une nouvelle institution qui réponde au besoin de coopération économique accrue entre les pays en développement.

Mais il n'est jamais trop tard pour réparer les dégâts. Les Etats-Unis n'ont rien à perdre en devenant membres de la BAII, qui se fonde sur des engagements d'ouverture, d'inclusivité et de transparence. Les Etats-Unis peuvent aussi jouer un rôle plus constructif en étant membres qu'en restant à l'extérieur. En rejoignant la BAII, le gouvernement de Donald Trump montrera que les Etats-Unis sont davantage disposés à agir comme une grande puissance responsable.