Deux nageurs américains expulsés de leur avion par la police brésilienne à la demande de la justice
  2016-08-19 10:46:46  peopledaily
Deux nageurs américains qui se trouvaient avec leur coéquipier Ryan Lochte la nuit d'un vol présumé ont été interdits de quitter le Brésil jusqu'à ce qu'ils fournissent des témoignages sur les événements de cette nuit. Jack Conger et Gunnar Bentz étaient en partance pour les États-Unis quand les autorités les ont empêchés de prendre leur vol mercredi soir. Les autorités brésiliennes sont toujours à la recherche de réponses sur la façon dont ils auraient été volés dimanche matin.

Selon Sergio Viegas, avocat brésilien de Conger et Bentz, les deux hommes ont quitté l'aéroport de Rio de Janeiro pour un endroit non précisé au Brésil et doivent encore témoigner. Les nageurs n'ont rien dit aux journalistes à leur sortie de l'aéroport et sont partis dans une voiture noire qui les attendait à l'extérieur.

Les athlètes avaient déclaré dimanche qu'ils avaient été victimes d'un vol à main armée dans un taxi lors de leur retour au village des athlètes après une soirée, plusieurs heures après les dernières compétitions olympiques de natation. Mais la police n'a trouvé à ce jour que peu de preuves à l'appui de leurs déclarations. Ryan Lochte aurait été volé dimanche matin avec trois de ses coéquipiers de natation américains à Rio par des personnes se présentant comme des policiers armés. « Jack Conger et Gunnar Bentz ont été arrêtés mercredi soir peu avant que leur vol parte de Rio », a déclaré dans un communiqué le porte-parole du Comité olympique américain Patrick Sandusky. Une source policière a déclaré à ESPN Brasil que Conger et Bentz ont été interrogés pendant un peu plus de trois heures à l'aéroport, avec un avocat brésilien et des représentants de l'USOC et du consulat des États-Unis. Selon la source, les nageurs ont dit que, sur recommandation de leurs avocats, ils ont choisi de ne pas prendre la parole à ce moment-là. La source a ajouté qu'aucun des nageurs ne semblait nerveux; ils avaient l'air calmes et ne demandaient pas de nourriture ou de boissons.

Il leur a été annoncé que, par ordonnance du juge, leurs passeports ne leur seraient pas rendus jusqu'à ce qu'ils aient fait une déposition officielle aux autorités brésiliennes, a dit la source. Ils ont ensuite reçu l'ordre d'aller au DEAT, une zone qui fait partie de la police civile de Rio de Janeiro, où ils ont pu faire cette déposition. Lochte a fait marche arrière sur ses premières déclaration faites dimanche en ligne, disant que le canon de l'arme dont il avait dit qu'il avait été placé sur son front avait été plutôt pointé dans sa direction. Il a également dit que le taxi n'avait pas fait l'objet de coups de feu, mais que les nageurs ont été volés après avoir fait un arrêt dans une station d'essence.

Les interpellations des nageurs sont survenues alors que Keyla Blank, une juge de Rio, a relevé « certaines incohérences » dans les témoignages des quatre nageurs américains prétendant avoir été victimes de cette agression. L'agression, ou supposée telle, avait déclenché une certaine confusion, le Comité international olympique ayant dans un premier temps démenti l'information en assurant avoir consulté le Comité olympique américain (USOC), avant qu'un porte-parole, Patrick Sandusky, ne confirme ensuite l'agression. Mais la version des nageurs n'a manifestement pas convaincu la juge Keyla Blank.

La magistrate a en effet déclaré qu'elle avait décelé « certaines incohérences dans les témoignages des nageurs », parfois contradictoires, comme, entre autres, sur le nombre d'assaillants, soulignant qu'« Il est à noter que les victimes sont rentrées physiquement et mentalement en pleine forme, au point de plaisanter entre eux », s'appuyant sur des images enregistrées par les caméras de sécurité à leur retour au Village olympique, où résident les athlètes. Le département d'État américain a invoqué la stricte législation nationale sur la protection de la vie privée pour ne pas s'étendre sur cette affaire, son porte-parole Mark Toner soulignant toutefois que les États-Unis « encourageaient toutes les parties à coopérer avec les autorités brésiliennes chargées de faire appliquer la loi dans leur enquête sur cet incident ».