Yuan Ping et sa collection de radios
  2016-03-17 11:24:56  cri

Yuan Ping est un amateur et collectionneur de radios. De la radio à cristal à la radio transistor, en passant par la radio à tube électrique, chaque poste de sa collection a témoigné de l'évolution technique. Pour lui, recueillir des postes de radio est une façon de commémorer le temps révolu.

En entrant dans le petit musée de radios de Yuan Ping, on voit des postes de toutes formes ça et là. Chaque jour en dehors du travail, il y passe la plupart de son temps à se régaler de sa collection si chérie. Pour expliquer cette prédestination nouée avec l'appareil électronique, il faut remonter jusqu 'à son enfance.  

"Quand j'étais en CM2, mon père travaillait avec son tracteur dans un autre village. Quand il est rentré à la maison à l'occasion du Nouvel an chinois, il a ramené une radio qu'il avait achetée pour se distraire pendant le temps de repos. Comme à l'époque c'était rare d'avoir une radio pour une famille de la campagne, des voisins émerveillés s'agglutinaient chez nous : « tiens, il sonne, ce machin ! Il y a des gens qui parlent en plus ! » Ils en discutaient, mais n'avaient pas le droit de la toucher. Quand il y avait une narration d'histoire, tout le monde l'écoutait silencieusement. Ils s'efforçaient de venir le plus tôt possible pour accaparer une place tout près du poste, car le volume du son n'était pas très fort. Quand cette émission était finie, il y en avait qui traînaient encore pour en écouter d'autres. Ils amenaient même leur escabeau pliant. Et moi, j'étais tout le temps avec ce poste de radio. J'attendais impatiemment les émissions, si bien que j'oubliais parfois de manger. Voilà l'époque où a commencé mon histoire d'amour avec la radio."

Quand les congés du Nouvel an chinois touchaient à leur fin, le père de Yuan Ping était sur le point de repartir avec sa radio. Le fils s'est mis à pleurer d'anxiété, accaparant la radio contre son corps. Connaissant l'envie du fils, le père lui a acheté une autre radio, de marque « fleur de pierre », et la lui a ramenée lorsqu'il est rentré par la suite. Le nouveau poste électrique avait emballé Yuan Pin, qui le prenait pour un trésor et l'a gardé ainsi pour toujours à ses côtés.  

"C'est un modèle classique avec la façade en vert et l'arrière en blanc, qui utilise des piles de format D. Quand je l'ai reçu, j'étais trop exalté pour m'endormir. Je l'écoutais sous la couverture, je la portais tout le temps sauf quand j'allais à l'école. A l'époque, je ne me permettais pas d'acheter des piles. Je ramassais donc les piles usées pour les torches, perçais un trou là-dessus et injectais un peu de saumure, puis l'étanchais avec un peu de savon. Comme ça, je pouvais écouter la radio avec ces piles. J'avais entendu dire que si on écrasait un peu le rebord des piles, on obtiendrait encore un peu plus d'électricité. En bref, j'avais essayé tous les moyens."

Depuis le collège, la matière préférée de Yuan Ping est la physique. Mais les cours ne pouvaient rassasier sa curiosité. Pour apprendre plus de connaissances en radioélectricité, il fréquentait les laboratoires physiques de l'établissement et tâtait tous les dispositifs électroniques dans la mesure du possible

"Mon prof de physique m'a appris comment monter un microphone sans fil. Et dans un magazine de radioélectricité, j'ai appris la possibilité d'acheter par envoi des composants d'une radio de telle ou telle autre marque. J'allais presque tous les jours à la poste, pour mandater de l'argent ou recevoir des articles achetés. Une fois les composants récupérés, je les montais moi-même. Lorsque la radio sonnait, j'avais l'impression que c'était les plus agréables sons que je n'avais jamais entendus, parce que l'émetteur, c'était moi qui l'avais monté. Et en plus, mon initiative m'avait rendu célèbre dans mon collège et même le principal m'avait fait des compliments en public."

Après le bac, Yuan Ping a été embauché par l'administration locale de la Radio et de la télévision pour l'entretien et la réparation des appareils électroniques. Il lui a été donné de côtoyer divers équipements radioélectriques et depuis lors, il s'est mis à collectionner des postes de radio. Au cours de sa carrière après avoir quitté l'administration, il a exercé de différents métiers : homme d'affaires, commerçant de radios, photographe, etc., ce qui reste inchangé est sa passion pour la collection de radios.

"Le premier endroit que je visite quand je débarque dans une ville, c'est le marché aux puces. J'y traque des radios. A l'époque, les vielles radios n'étaient pas assez nombreuses pour que les brocantes y fassent des affaires. D'ailleurs, même à l'heure actuelle, les collectionneurs de radios sont encore une minorité. Quand je fixais mon choix sur certains postes, je les achetais et les envoyais chez moi, et puis j'allais voir ailleurs. Il m'arrivait d'être impressionné par le nombre de postes que j'achetais en un seul voyage. Par exemple une fois, j'en ai acheté une bonne trentaine lors d'un voyage à Beijing."

Actuellement, Yuan Ping possède dans sa collection quelque 400 postes, dont beaucoup sont la crème des modèles.  

"Dans ma collection, de nombreuses sont des radios fabriquées en Chine, et après, ce sont celles fabriquées en Allemagne. La plus connue est la marque allemande Grundig. J'ai pas mal de marques danoises et japonaises. Et les modèles transistors et semi-conducteurs sont majoritaires dans ma collection."

De l'onde courte traditionnelle, la modulation de fréquence à la radiodiffusion numérique ou sur Internet ; de l'époque où on ne pouvait l'écouter qu'à la maison à l'heure actuelle où on peut l'écouter tout en roulant en voiture, presque cent ans ont passé depuis son invention. Emergé dans le flottement des ondes radiophoniques sortant de ses vieux postes, Yuan Ping se délecte dans son univers de collection, se rappelant ses années mémorables