Tibet : splendeur retrouvée du Palais de Lhagyari
  2015-09-07 16:40:44  cri

Situé dans le district de Qusum dans la préfecture de Lhokha au Tibet, le Palais de Lhagyari était la principale résidence de la famille du seigneur féodal Lhagyari où les barons exerçaient les affaires administratives et religieuses.

En tant que représentant important de l'architecture des palais du Tibet, il a été classé en 2001 par le Conseil d'Etat comme patrimoine national à protéger en priorité, compte tenu de sa précieuse valeur culturelle. Après plus d'un an de travaux de restauration, le palais a été officiellement ouvert au public à la fin de 2011, devenant une nouvelle destination touristique pour prendre connaissance de l'histoire du Tibet et goûter au charme de la culture tibétaine.

"Phurbu et Tenzin ont grandi dans le même manoir, mais le premier était esclave d'un seigneur et le second, fils du seigneur. Séparés par le grand fossé entre leurs statuts sociaux, les deux copains d'enfance sont peu à peu devenus ennemis. Avec les vicissitudes du temps et de la vie humaine, les deux frères ennemis ont fini par retrouver leur amitié perdue."

C'est le synopsis du film « Le ciel tibétain ». Et un des lieux de tournage, l'édifice majestueux témoignant les amitiés et les haines des deux protagonistes, est justement le Palais de Lhagyari.

"Quand on rencontrait le seigneur Lhagyari, on n'avait pas à se mettre à genoux. Les femmes ne pouvaient pas laisser les cheveux détachés devant lui et devaient porter un tablier tricoté de laine. Alors que les hommes ne devaient pas replier le bas de leur robe à la ceinture, la tenue devait être correcte et ils devaient enlever leur chapeau en signe de respect. "

Assis sur l'ancien montoir sur le parvis devant le Palais de Lhagyari, Dorje Wendui, 86 ans, se souvient ainsi de l'attitude qu'il devait prendre dans sa jeunesse à la rencontre du dernier seigneur Lhagyari, Namgyal Gyatso. Sculpteur et peintre d'alors pour garnir des structures en bois du palais, il connaît toujours les décorations intérieures sur le bout des doigts. Aujourd'hui, la résidence seigneuriale, après sa restauration d'il y a quatre ans, reste quasiment inchangée par rapport à celle dans sa mémoire, si ce n'est que l'ameublement fait défaut.

Sur une élévation d'argile, dans le sud du district de Qusum, le complexe du palais de Lhagyari est bâti autour d'une place. Sur le côté nord, les édifices blancs à cinq étages étaient l'endroit où le seigneur Lhagyari traitait les affaires administratives, et les constructions de quatre étages rouges attenantes étaient consacrées aux affaires religieuses. Le continuum que forment les deux groupes d'architecture représentait le caractère théocratique du régime. Sur le côté est de la place, se trouve un entrepôt de deux étages, contigu à une scène de théâtre. Alors que sur le côté sud, les bâtiments abritent les cuisines et les écuries. Le portail principal du palais, qui donnait auparavant sur l'est, n'existe plus. L'emplacement des constructions principales blanches et rouges est de plus de 5 000 m2 et le complexe du palais occupe une superficie de 160 000 m2. Les propriétaires de ce palais construit au 15e siècle étaient descendants de la famille royale du royaume des Tubo, dont l'histoire remonterait à plus de mille ans.

En 842, le dernier roi des Tubo, Gldarma, fut assassiné par le moine Lhalung Palgye Dorje, en raison de sa politique anti-bouddhique. Aussitôt, les deux princes du royaume Yum-brtan et Vod-srung s'engagèrent en guerre l'un contre l'autre pour disputer le trône du roi. La dynastie des Tubo, qui avait existé pendant plus de 200 ans, se scinda ainsi, puis s'effondra.

Etant moins forte que celle de Yum-brtan, la fraction de Vod-srung dut s'exiler de leur ancien fief, la région de Lhokha, pour s'installer dans la région de Ngari, et fonda par la suite une célèbre dynastie dans l'histoire du Tibet, le royaume de Gugé. Au 12e siècle, des descendants directs des exilés de l'ancienne famille royale des Tubo se rapatrièrent, sous la houlette d'Etson Tsenpo, dans la région de Lhokha.

Ils se sédentarisèrent dans la localité de Qusum, certainement à cause de sa ressemblance topographique avec leur région de refuge, les deux reliefs étant des forêts d'argile. Pour nommer leur régime nouvellement fondé, ils ajoutèrent, au nom d'une herbe locale appelée Gyari, un mot « Lha », signifiant « divin », afin de faire ressortir l'orthodoxie de leur statut royal des Tubo. Le régime du Lhagyari débuta ainsi un règne long de plus de 700 ans.

Lorsque la région autonome du Tibet a été instaurée suite à sa libération pacifique dans les années 1950, le Palais du Lhagyari, déserté, était déjà dépouillé de sa splendeur de jadis, laissé dans une absence totale de soins pendant des dizaines d'années. Délabrée et face à un risque d'effondrement à tout moment, l'ancienne résidence royale nécessitait une restauration en toute urgence. Le directeur adjoint de l'Administration du patrimoine culturel de la préfecture de Lhokha, Kundo Gyatso est chargé des travaux de restauration du Palais du Lhagyari, lancés en 2010.

"En 2001, l'édifice principal n'avait plus que trois étages, les deux supérieurs s'étaient écroulés. Les bâtiments annexes, tels que les écuries ou les entrepôts qui ont survécu au temps, menaçaient de tomber en ruine."

Pour conserver sa précieuse valeur historique, artistique et scientifique, il a fallu un travail extrêmement minutieux au cours de la réfection à l'ancienne du palais. Entre le 16 septembre 2010 et la fin novembre 2011, les archéologues ont surmonté de nombreux obstacles techniques et ont réussi à restituer le monument historique avec les matériaux, techniques et style originaux. Kundo Gyatso :

"Pendant les travaux de restauration d'un monument historique, le principe que nous avons est de restituer les matériaux, techniques et style originaux. Alors maintenant je peux vous dire que nous avons abouti tous ces objectifs pendant la réfection du Palais du Lhagyari. "

Une fois les travaux achevés, les autorités chargées de la protection du patrimoine culturel de la préfecture de Lhokha ont délimité autour du Palais du Lhagyari, selon l'ordre d'importance, des zones de protection prioritaire, générale et restrictive de la construction. Toute personne physique ou morale ayant l'intention de construire de nouveaux établissements aux alentours du palais doit détenir la permission des autorités concernées. Des postes de surveillance sont également mis en place afin d'assurer que le monument historique ne subira pas de dégâts à cause des facteurs humains.

Venant de la ville de Wuhan, Zhang Xiangqi et ses deux amis comptent faire le tour du Tibet en deux mois. Ayant un faible pour les vestiges tibétains, quand ils ont découvert l'histoire du Palais du Lhagyari dans les livres, ils n'ont pas hésité une seconde à s'engager sur un trajet de 7 heures entre le district de Mainling et le district de Qusum pour apprécier de leurs propres yeux la splendeur retrouvée de l'ancienne résidence royale.

"Je trouve qu'on a réussi à garder la physionomie originale du palais, ça, c'est très bien. En passant par-là, on voit que cet endroit n'est pas encore surexploité et que les paysages sont assez primitifs, évocateurs."

Le quatrième petit frère du dernier roi de la dynastie des Lhagyari, Kelzang Norbu, résidant actuellemen

 

t à Lhassa, chef-lieu du Tibet, est retourné, après la restauration, visiter le palais qu'il avait quitté il y a plus de 50 ans. En contemplant la demeure dans laquelle il avait passé 20 ans de jeunesse, tout ému, il extériorise sa joie.

"Une nation ou un pays qui a perdu sa culture ou son histoire n'a pas d'avenir. Il est donc très important de protéger sa culture. Je suis vraiment ravi de voir qu'on a apporté tant de contributions à la restauration du palais. Et ce, non pas pour mon propre intérêt, mais pour la protection de ce patrimoine qui appartient à toute la nation chinoise."

Selon des sources concordantes, le 12e plan quinquennal en vigueur du gouvernement chinois prévoit des travaux de restauration ou de construction des vestiges et musées tibétains, qui couvriront 46 importants sites historiques et recouvreront un financement d'un milliard de yuans.

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