L'Université océanique de Chine (II)
  2015-08-05 16:24:52  cri

En 1949, à l'approche de la victoire de la Guerre populaire de Libération, He Chongben, docteur en météorologie formé à l'Institut de technologie de Californie, était chercheur en océanographie physique à l'Institut d'océanographie Scripps de l'Université de Californie. 41 ans, déterminé dans sa vocation à apporter sa part de contribution à la République populaire naissante, il s'engagea sur la route du retour à la mère patrie. Après son arrivée à l'Université océanique de Chine, il s'est aussitôt lancé dans la rédaction des manuels pour les spécialités océanologiques. Shi Maochong, professeur à l'Université océanique de Chine.

" « La météorologie marine », « L'océanographie générale » et « La marégraphie », il a d'abord rédigé ces trois livres. Et après, il a écrit « L'énergie marine ». Ses cours ont commencé par la suite."

Pendant l'été 1952, les établissements d'enseignement supérieur ont procédé à une restructuration des facultés et des départements. L'Université océanique de Chine a instauré 18 départements répartis dans 5 facultés. L'océanologie est sortie du lot, devenant l'un des 10 départements prioritaires, avec comme directeur He Chongben. Avec les efforts de ce dernier entre autres, de nombreux spécialistes du domaine ont adhéré à son département. Wen Shengchang, aujourd'hui âgé de 93 ans, académicien et professeur à l'Université océanique de Chine :

"M. le professeur He Chongben est venu en personne m'inviter. Il a dit qu'il souhaitait vivement que je vienne à Qingdao et qu'il avait vraiment besoin de mon aide."

He Chongben insistait beaucoup sur la pratique dans l'acquisition des connaissances. Il encourageait donc les étudiants à aller au contact direct de la mer. Shi Maochong, professeur à l'Université océanique de Chine.

"Quand on est entrés dans le département en tant qu'étudiants, on est d'abord allés « sentir » ce que c'était la mer. Pendant les vacances d'été, pas question de rentrer aux régions natales, car on devait apprendre à nager et à manier les rames ou godilles. En deuxième année, on a dû faire un stage de recherche, avec des acquis et des méthodes de recherche en océanographie. Cela a duré plus d'une semaine. En troisième année, on a eu un stage professionnel. La plupart des cours terminés, on est allés avec d'autres unités de recherche voir comment elles établissaient une station de recherche et menaient des recherches sur le terrain. En quatrième année, on a dû faire un stage de fin d'études et écrire un mémoire avec les données récoltées pendant le stage."

En mars 1963, He Chongben a appelé 29 spécialistes du milieu des géosciences à signer une pétition à l'intention du Conseil des Affaires d'Etat afin qu'il instaure une administration nationale des Affaires océaniques. Leur requête a été acceptée, une institution nationale de gestion spécialisée dans le domaine a ainsi vu le jour. Parallèlement, la faculté mise en marche. He Chongben a commencé à planifier un développement à long terme. Pour une université ayant pour mission de former de nouveaux talents professionnels des sciences et technologies océanologiques, si les études marines ne se développaient pas, il aurait été difficile d'obtenir des données précises et cela aurait eu un impact sur les recherches scientifiques et l'enseignement. He Chongben a donc appelé à construire un bateau à la disposition de l'université. Avec la coordination de plusieurs parties prenantes, sa campagne a fait effet : le ministère de l'Education a affecté 8 millions de yuans à la construction d'un navire océanographique. He Yu, fille de He Chongben et ancien professeur à l'Université océanique de Chine.

"Ensuite les points à l'ordre du jour étaient la conception du navire, les standards et compagnie. En se référant aux documents qu'il avait collecté aux Etats-Unis et compte tenu de la situation de la Chine de l'époque, mon père a mis toutes ses idées là-dedans. "

Baptisé « l'Orient rouge », le premier navire océanographique conçu et construit par les Chinois a été mis en service le 28 décembre 1965. Liu Longtai, ancien équipier du groupe de recherche sur « « l'Orient rouge ».

"La Chine était dans une situation difficile. Le gouvernement a entériné seulement deux projets : le réacteur nucléaire de l'Université Tsinghua et notre navire océanographique. Suivant les conseils de M. He Chongben, il fallait absolument former, au travers de la pratique, un contingent de spécialistes en sciences océaniques dans la recherche et dans l'enseignement. "

Pendant ce temps-là, en parallèle avec le développement de la physique marine, d'autres spécialités, telles que la biologie marine, l'aquaculture, la chimie marine, la géologie marine, l'hydrométéorologie et l'ingénierie marine, ont également connu un essor. Le progrès de l'aquaculture est le plus remarquable. Mai Kangsen, académicien d'ingénierie et professeur à l'Université océanique de Chine.

"L'aquaculture chinoise représente 70% du volume mondial. 50% de la production aquatique chinoise provient des eaux de la mer. Depuis les années 50 ou 60, la culture des algues en constitue une caractéristique, nous l'appelons « la première vague ». Ensuite, dans le développement des élevages de crevettes, de coquillages et de poissons marins, nous avons été à la fois initiateurs, participants et promoteurs."

Fin 1995, un deuxième navire océanographique, « l'Orient rouge II » avec un tonnage de 3 500 tonnes, a été livré à l'université. En janvier 1996, l'Université océanique de Chine a été sélectionnée dans le projet national de développement prioritaire des 100 universités chinoises au 21e siècle. Feng Ruilong, ancien président de l'Université océanique de Chine.

"Qingdao est une ville connue pour sa technologie océanographique. Beaucoup d'unités de recherche océanographique y sont réunies. Nous avons la conviction de pouvoir, avec l'appui de ces unités de recherche basées à Qingdao, devenir l'université locomotive et d'être le représentant au niveau national des recherches océanographiques. "

Mai Kangsen, académicien d'ingénierie et professeur à l'Université océanique de Chine.

"Puisqu'il y a le mot « Chine » dans le nom de l'établissement, l'université doit obligatoirement assumer cette responsabilité nationale, qui consiste à mettre en œuvre le projet de faire de la Chine une puissance maritime. "

En mai 2010, l'Université océanique de Chine s'est fixée l'objectif de devenir, d'ici 2025, centenaire de l'université, une université de renommée internationale avec un niveau de recherche élevé.

"Les affaires océaniques sont une cause, mais pas un métier. Elles constituent un véritable point d'appui pour le développement durable de toute l'Humanité. En tant qu'unique université océanique généraliste, avec les efforts de plusieurs générations d'enseignants et chercheurs, elle a toujours œuvré afin que la Chine puisse embrasser un plus grand essor dans ses affaires océaniques. Pour ce faire, l'université doit se charger avec courage de cette mission que l'histoire lui a confiée, en mettant en avant les stratégies d'élitisme, d'internationalisation et de pilotage par des valeurs culturelles. "

La perspective d'un pays peut déterminer sa position dans la conjoncture internationale ; celle d'une université peut déterminer l'étendue et la profondeur de ses enseignements. Dans de nombreux programmes scientifiques nationaux ou domaines océaniques, tels que le programme Shenzhou de vol spatial habité, le programme Chang'E d'exploration lunaire, le programme Jiaolong de plongée en profondeur avec un submersible habité, la recherche scientifique dans les régions polaires ou encore l'escorte des convois civils dans le golfe d'Aden, les collaborations établies avec l'Université océanique de Chine sont omniprésentes. Il y a donc forte raison de croire qu'elle aura un avenir encore plus radieux. Le secrétaire du parti communiste de l'Université océanique de Chine, Sun Yegang.

"Le 21e siècle est un siècle océanique. Développer les affaires océaniques constitue un choix commun de toute l'Humanité. En tant qu'unique université océanique désignée par le gouvernement comme bénéficiant d'un développement prioritaire, l'Université océanique de Chine a pour vocation de former les talents du domaine et de fournir l'appui intellectuel au déploiement de la stratégie océanique nationale. "

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