L'Université océanique de Chine
  2015-07-20 14:09:27  cri

Une ville, à l'image d'un homme, a son âme. Les sites culturels d'une ville constituent son âme, ses traits distinctifs. A Qingdao, chef-lieu de la province du Shandong, l'Université océanique de Chine est un site culturel incontournable, depuis presqu'un siècle, en rapport étroit avec le développement culturel de la ville. Promenons-nous maintenant avec Shi Lingwei, journaliste de Radio Qingdao, dans ce célèbre établissement public d'enseignement supérieur.

Situé au 5 rue Yushan, le campus de l'Université océanique de Chine est parmi les dix plus beaux du pays. Dans le campus, le complexe d'architectures de style allemand, qui manifeste la rigueur et la trace du temps, est teinté de quelques tendresses et suavités par des fleurs de cerisiers par-ci par-là.

L'histoire de cette université est, pour remonter dans le passé, intimement liée à l'Allemagne. En 1922, le gouvernement chinois de l'époque récupéra aux mains de l'armée japonaise la souveraineté sur Qingdao. Beaucoup de personnages influents, dont le fameux théoricien politicien Kang Youwei et d'organisations civiles proposèrent par la suite d'y fonder un établissement d'enseignement supérieur. Lu Hai, spécialiste en histoire de la ville de Qingdao.

"Kang Youwei voulait faire de l'ancienne caserne Bismarck le siège de l'université. Mais il y avait un corps d'armée en garnison. Bien que Kang soit très connu, il n'avait pas de pouvoir. Il a donc adressé des représentations aux autorités, mais en vain".

En 1924, une autorité chargée des affaires du port commercial de Jiao'Ao, Gao Hong'En, vînt à Qingdao. Attachant beaucoup d'importance à l'éducation, il prit la décision d'affecter la caserne Bismarck, construite par l'armée allemande pendant son occupation, à l'établissement de l'Université privée de Qingdao, origine de l'Université océanique de Chine. Ce fut le premier établissement moderne d'enseignement supérieur dans la province du Shandong. L'enseignement se fit au départ dans 7 domaines : les lettres, les sciences, le droit, l'ingénierie, le commerce, la médecine, ainsi que l'agriculture et la sylviculture. Un afflux de jeunes avant-gardistes s'y lancèrent aux études. Selon des archives, lors du travail préparatif à l'ouverture de l'université, une troupe d'un seigneur de guerre s'empara du lieu. Les disputes entre universitaires et militaires les conduisirent à réclamer justice devant Wu Peifu, seigneur de guerre de la région. Yang Hong, directeur de l'Institut de recherche sur l'historique de l'Université océanique de Chine.

"Wu Peifu était parfaitement conscient que l'éducation est la pierre angulaire d'un pays. Il ordonna à sa troupe de se retirer pour céder les locaux à l'éducation".

Bâties sur la caserne Bismarck, les architectures de l'université sont empreintes du style urbain allemand de la fin du 19e siècle : maçonnage rude de granite, gravures sur les bordures des fenêtres, façade large avec des murs latéraux aux décors classiques, tout fait ressortir la beauté d'un mélange de classicisme et de romantisme. Les constructions sont à flanc de colline : les dortoirs au niveau le plus élevé ; les bâtiments d'enseignement sur la pleine ; le terrain de sports au bas-fond avec des tribunes aux parois. Elles forment une union parfaite, et inversement, chaque construction profite de l'association. En dehors des constructions, les lianes, rampant par terre ou grimpant sur murs, constituent une « enseigne verte » de l'université. Tian Guangqu, ancien rédacteur de la revue universitaire.

"Presque chaque allée dans le campus est empreinte de pas des hommes de lettres. Je marche souvent doucement sur ces chemins en imaginant des scènes de leurs déambulations avec des poèmes récités ou des enseignements".

De nombreux hommes de lettres contemporains ont insufflé à l'université un nouveau dynamisme ; l'Université océanique de Chine a atteint au début des années 30 son apogée en lettres. Shu Yi, ancien directeur de la bibliothèque de la littérature chinoise contemporaine.

"Avec ces nombreux professeurs renommés, l'université a connu son âge d'or. On peut même dire que la Chine de l'époque avait trois centres culturels : Beijing, Shanghai et Qingdao".

Le niveau de l'équipe d'enseignement de l'Université océanique était parmi les meilleurs de Chine. Parallèlement au développement de ses filières de lettres, la biologie et l'océanologie de l'université ne cessaient de progresser. Dans les années 50, l'établissement a accueilli de nombreux scientifiques qui ont afflué à Qingdao pour se lancer dans l'enseignement et la recherche. De célèbres océanologues chinois, tels que Tong Dizhou, Zeng Chengkui, Zhu Shuping et He Chongben ont inauguré, justement ici, un nouveau chapitre de l'océanologie de la république populaire de Chine. Zhu Ming, fils de Zhu Shuping :

"un ancien collègue de mon père à l'institut des organismes des eaux douces a raconté que mon père était déterminé à rentrer en Chine après ses études aux Etats-Unis. Il a acheminé en Jeep une cargaison de livres et de matériel d'expérimentation sur la côte californienne, se disant qu'ils étaient indispensables pour la Chine. Il a toujours pensé à faire quelque chose au service du peuple".

Les filières océanologiques de l'établissement doivent leur essor d'aujourd'hui en grande partie à Zhu Shuping et au président de l'université d'alors, Zhao Taimou. M. Zhao a écrit à M. Zhu pour l'inviter à créer et diriger le département de production aquatique. Ce dernier a fondé trois spécialités : la pêche, l'aquaculture et l'agroalimentaire. C'est ainsi qu'a pris forme l'unique département de production aquatique de l'époque. Les premiers professionnels du domaine ont été formés dans ce département pendant les 4 ans du premier cycle. Mai Kangsen, académicien d'ingénierie, et Zhu Ming, fils de Zhu Shuping :

"M. Zhu a été invité à assumer la direction du département. Il a conçu le programme d'enseignement et a recruté des professeurs. C'est lui qui a mis ce département en route".

"Il a instauré trois spécialités dans le département de production aquatique et a rédigé les manuels des cours de plancton, de chimie marine et de limnologie".

Dans le contexte d'agitation de l'époque, l'Université océanique de Chine a connu maintes fois la fermeture, la fusion avec d'autres établissements, l'exil et la réouverture. Avec le développement constant des départements d'océanologie et de production aquatique, l'Université océanique de Chine s'est vue désignée en 1960 comme étant une des 13 universités généralistes de premier ordre, et s'est engagée dans une voie de développement stable et durable.

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