Les graines semées par la Chine au Bénin ont bien poussé
  2015-07-09 11:08:03  La Chine au présent

En 2011, Geng Wenbing, ambassadeur de Chine au Bénin, et Katè Sabaï, ministre béninois de l'Agriculture, ont signé un accord de transfert de marchines agricoles.

ZHANG GAIPING*

Sèmè-Knodji se trouve à 20 km à l'est de la ville de Cotonou, plus grande ville du Bénin. Un drapeau rouge sur le côté de la route nous guide vers une cour de style chinois : nous sommes au Centre pilote agricole de Chine au Bénin.

« Depuis plusieurs années, des groupes de techniciens et de spécialistes en agronomie sont envoyés par la Chine pour coopérer avec les Béninois. Ce centre a non seulement permis de développer l'agriculture béninoise, mais aussi d'augmenter le revenu des agriculteurs locaux », nous annonce Huang Jianping, le directeur du centre.

Une premère en Afrique

C'est en septembre 2010 qu'a ouvert le centre. En octobre de la même année, le Groupe du développement agricole national de Chine en a pris la charge. Puis le premier groupe de spécialistes a été envoyé. Pendant quatre ans, leurs efforts se sont concentrés sur les technologies agricoles et l'élevage moderne.

Le Bénin est l'un des pays les moins développés du monde. Bien qu'il s'autosuffise au niveau alimentaire, le degré de développement de l'agriculture et de l'élevage y est très en retard. Le Bénin doit d'ailleurs encore faire appel à l'importation pour le bétail et la volaille par exemple.

Au Bénin, l'élevage se résume à quelques bestiaux par famille et est incapable de répondre aux besoins du marché local. Pour subvenir à ses besoins, le pays importe donc de la viande de l'étranger. Pour s'attaquer à ce problème, le centre a introduit des espèces de bétail et de volaille expérimentales.

Huang Jianping nous explique : « Après discussion avec le Bénin, notre centre a mis en place un programme de recherche en agronomie sur place et de formation des agriculteurs locaux pour leur enseigner les techniques de l'agriculture et de l'élevage moderne. » La culture du maïs, qui est l'une des cultures principales du Bénin, possède un faible rendement qui, qui plus est, est de mauvaise qualité. Les spécialistes chinois ont fait planter du maïs hybride à haut rendement aux agriculteurs béninois. En outre, le manioc constitue l'aliment de base au Bénin, mais sa culture n'était pas rationnalisée. Le travail des spécialistes chinois sur place a été notamment d'enseigner comment mieux le cultiver et lutter contre les insectes nuisibles.

Accompagnés de Huang Jianping, nous visitons le centre avec ses aires d'enseignement et d'expérimentation. « Au début, la zone de formation de 54 ha du centre était un désert. Nous y avons amené du sol cultivable, installé des systèmes d'irrigation et planté plus d'une dizaine de variétés de légumes », nous raconte celui-ci.

Aujourd'hui, des haricots verts chinois, des concombres, des poivrons, des melons, des aubergines, des choux, des carottes, des liserons d'eau et d'autres légumes y poussent à foison. Selon le directeur, dans la zone consacrée à la culture du maïs, on trouve dix variétés chinoises et huit autochtones.

Depuis le 1er octobre 2010, le centre a organisé 21 formations et accueilli plus de 1 300 étudiants. Un chiffre qui dépasse la moitié des premières prévisions. Grâce à ces formations, les élèves ont pu apprendre à maîtriser des techniques agricoles.

« On donne huit cours de formation dans la parcelle. Le contenu des enseignements se résume à expliquer tous les détails de la plantation du maïs depuis la préparation du sol, le semis, le repiquage, la fertilisation, l'irrigation jusqu'à l'épandage de pesticides, énumère Huang Jianping. Les formations sont tellement populaires que les élèves offrent des bananes, des mangues et des poulets aux formateurs pour les remercier. »

« Avant, on n'avait pas de technologies, alors le maïs qu'on cultivait poussait très haut mais ne donnait rien. Il nous est même arrivé de ne rien récolter après plusieurs mois de travail. Après avoir utilisé les graines et les techniques chinoises de plantation du maïs, le rendement a beaucoup augmenté », nous explique un agriculteur béninois ayant bénéficié de la formation.

Le président béninois et les responsables locaux accordent une attention particulière à ce projet de coopération. Pendant la cérémonie d'ouverture du centre, Thomas Boni Yayi, a sincèrement remercié le gouvernement chinois pour son aide aux pays africains. Le ministre de l'Agriculture, de l'élevage et de la Pêche d'alors, M. El-Hadj Issa Azizou, a visité le centre. Selon lui, celui-ci joue un rôle positif pour le développement de l'agriculture et l'augmentation du revenu des paysans béninois, mais aussi pour la garantie de la sécurité et la production alimentaires.

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