Emménagement du submersible Jiaolong à Qingdao : la Chine hisse haut sa voile pour regagner l'océan
  2015-05-15 16:41:44  cri

En mars 2015, après avoir effectué 35 navigations pour mission d'exploration scientifique et avoir réussi avec des percées importantes sa première plongée dans des sites hydrothermaux aux fonds marins du sud-ouest de l'océan Indien, le submersible habité chinois « Jiaolong » est rentré en triomphe, avec son navire-mère « Xiangyanghong 09 », dans leur port d'attache à Qingdao. Parallèlement, un 5e centre d'appui de technologie en zones abyssales du monde s'est vu mis en service, ce qui inaugure un nouveau chapitre de l'exploration océanographique chinoise.

"Bienvenu à la maison".

Le 17 mars à 8 :30 du matin, sous un brouillard épais, le navire-mère « Xiangyanghong 09 » transportant le submersible « Jiaolong » accostait doucement le quai de la base chinoise pour la recherche dans les abysses à Qingdao. De nombreux proches des chercheurs scientifiques attendaient déjà sur le quai. Mme Cui, un bouquet de fleurs de campanule à la main, accueillait le débarquement de son mari.

"Les campanules symbolisent un nouvel avènement du bonheur. Alors, pour nous, le bonheur arrive au moment qu'il rentre".

Une bande de « fanatiques », association philatéliste du submersible « Jiaolong », s'est ruée vers Qingdao. Madame Xu en fait partie.

"Nous poursuivons le submersible Jiaolong et allons là où il plonge ou fait surface. Nous sommes tous exaltés, enthousiasmés".

"Le submersible Jiaolong est de retour du sud-ouest de l'océan indien, mission accomplie".

Selon Shao Zongze, le scientifique en chef pendant cette navigation, le submersible Jiaolong a accompli 13 plongées, découvert 7 évents hydrothermaux et collecté plus de 700 échantillons de sulfures et de cheminées hydrothermales dans des sites d'exploration recelant des ressources de sulfures polymétalliques. Ces fruits scientifiques ont ouvert une nouvelle fenêtre sur une étude plus poussée sur l'origine de la vie.

"Concernant les zones des évents hydrothermaux, nous étudions des phénomènes de la vie sous les conditions extrêmes et par la suite, nous formulons des hypothèses sur l'origine et l'évolution de la vie sur la terre".

Les recherches sur les zones hydrothermales aux fonds marins sont considérées comme une étude à la pointe de l'exploration scientifique. S'y trouvent des sulfures hydrothermaux, cristallisations de la fusion de minéraux sous-marins par la lave. Ces formations sont appelées communément des « cheminées noires ». Comme elles renferment de précieuses ressources minérales, divers pays ont mis à l'ordre du jour l'exploitation de ces trésors.

Plongées pour la première fois avec le submersible dans les zones hydrothermales de l'océan indien, les premières femmes océanautes ont été impressionnées par le paysage particulier dans le périmètre des cheminées noires. Zhang Yi a eu des souvenirs inoubliables.

"Dans les zones hydrothermales, la biodiversité est très riche ; le paysage est particulier et les cheminées noires sont spectaculaires, comme des forêts de rochers".

Malgré le beau paysage et la réserve de minéraux, des évents bouillants dans les zones hydrothermales, les conditions maritimes extrêmes et complexes et divers incidents ont fait subir des épreuves à ce submersible Jiaolong qui tentait sa première aventure dans l'océan indien.

Le 3 février 2015, à cause d'une panne survenue dans le système d'appui en surface, le submersible, ayant refait surface après sa 100e plongée, ne pouvait être récupéré dans son navire-mère. Il a dû flotter sur la mer pendant 12 heures et subir sa première expérience d'y passer la nuit. M. Fu wentao, pilote de l'engin d'alors.

"En fait, Jiaolong était assez stable dans les eaux profondes. Mais la surface était très vacillante, avec des vagues de 2m de haut. Dès qu'il y avait des vagues en surfaces, le submersible se balançait fortement par agitation sous l'eau".

A ce moment critique, des équipes d'appui technique ont éliminé les dangers et on a finalement réussi à récupérer le submersible. Chen Cunben, capitaine du navire-mère « Xiangyanghong 09 ».

"Avec les vagues déferlantes, on a dû faire une énorme cage. Puis on a descendu avec la grue cette cage et du personnel dans la mer. Et on a fixé avec des câbles d'acier le submersible dans la cage, pour qu'il ne parte pas avec les vagues. Enfin, on a mis à profit toutes nos ressources humaines et matérielles et le système d'appui en surface a été finalement réparé au petit matin".

De l'instauration du projet du submersible Jiaolong à ce jalon important représenté par sa 100e plongée, 13 ans se sont écoulés. Avec les efforts de toute l'équipe scientifique, le submersible Jiaolong a réussi à plonger à 7 062m de profondeur dans la fosse des Mariannes dans l'océan pacifique, créant ainsi un record pour les submersibles habités de même type. A un rythme très intense, il a effectué des navigations d'essai pendant trois années consécutives, en laissant des traces de passage dans la mer de Chine méridionale, ainsi que les océans pacifique et indien. Liu Xinchen, conseiller de cette 35e navigation océanique.

"Tout au début, c'était très difficile d'effectuer les plongées. Mais maintenant nos techniques sont matures. Ça a été extrêmement dur pour que la plongée en submersible habitée chinoise en arrive là aujourd'hui".

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