Un village antique qui pourrait disparaître
  2014-06-09 15:59:42  cri

Li Quansheng, villageois de Lijiashan, possède des jujubiers sur une superficie de moins d'un hectare. L'année précédente, la production totale de ses jujubiers a été de 500 kilos. Il espère avoir une meilleure récolte cette année. M. Li Quansheng :

« L'année dernière, la saison sèche a duré plus de six mois ici. Bien que les jujubiers résistent bien à la sécheresse, six mois c'est quand même trop long. Le climat d'ici est très dur. Quand les jujubes n'apparaissent qu'en automne, il existe le risque qu'il pleuve. Et s'il pleut, les jujubes vont se fissurer et peuvent finir par pourrir sur les arbres. »

En écoutant parler M. Li Quansheng, nous nous rendons compte à quel point la vie est pénible ici. Ce village vit depuis des centaines d'années sur des récoltes très dépendantes du climat. Même les années de bonnes récoltes, les villageois ne gagnent pas plus de 10 000 yuans par an. Comment une terre aussi pauvre peut-elle comporter des constructions troglodytes aussi somptueuses ?

La réponse se trouve dans le bourg antique de Qikou auquel le village de Lijiashan est administrativement rattaché. Le bourg Qikou a servi de port de transbordement au bord du Fleuve Jaune pendant des siècles. Beaucoup de gens ont fait fortune ici dont les ancêtres des villageois de Lijiashan. Ces riches commerçants ont dépensé beaucoup d'argent pour construire les logements du village Lijiashan, qui se situe juste à 3 kilomètres du bourg Qikou.

Dans les années 1980, les grandes routes qui longent le Fleuve Jaune ont été construites, mettant ainsi fin à la prospérité du bourg Qikou, liée au transport par voie fluviale. Quant aux villageois de Lijiashan, ne tirant aucun revenu du transport des marchandises et gagnant difficilement leur vie avec les récoltes, ils n'ont cessé depuis d'aller travailler dans les villes, les uns après les autres.

Actuellement il y a plus de 200 maisons troglodytes au village de Lijiashan. Sur le papier, le village compte près de 1000 habitants, mais en réalité, ils ne sont qu'une cinquantaine de villageois à vivre au village. M. Jiang Zhusong, enseignant du département d'Art à l'Université du Jiangsu, nous en parle :

« Les maisons doivent être habitées. Si elles restent vides trop longtemps, elles risquent de se détériorer. Un village est incarné par ses constructions et ses habitants. Sans la vie des villageois, il nous est impossible de réaliser de vraies peintures du village. C'est un peu triste quand c'est vide. »

Sans s'en rendre compte, les étudiants et les enseignants s'exerçant au dessin dans le village de Lijiashan animent la vie des villageois et leur permettent de s'ouvrir vers l'extérieur.


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