Le Nouvel An tibétain
  2014-03-13 11:11:47  La Chine au présent

Des Tibétains offrent des sacrifices au dieu de la montagne dans les hauteurs proches de leur village, priant pour un climat propice à la récolte de l'année prochaine.

 

Le Tibet fête aussi le Nouvel An, mais se base sur le calendrier tibétain. Notre ami Kunsang Lhamo nous raconte comment il a passé le Nouvel An et compare le Nouvel An tibétain et la fête du Printemps chinoise.

Ambiance festive au Tibet !

« Nous pouvons presque célébrer une fête chaque mois ! Tous les jours sont pour nous comme des fêtes », disent souvent les Tibétains. Les bergers et paysans du district de Burang, dans la préfecture de Ngari au sud-ouest du Tibet sont très fiers de leurs traditions.

Le 2 janvier 2014 , c'était le Nouvel An Burang selon le calendrier tibétain. Je suis arrivé la veille chez Pasang, une amie tibétaine dans le district de Burang. Dans la maison, toute la famille était occupée à faire le ménage.

Pasang m'explique qu'en raison des différences historiques, régionales, climatiques et saisonnières, la date du Nouvel An diffère dans chaque région du Tibet : par exemple, dans la préfecture de Nyingchi, le premier jour du dixième mois du calendrier tibétain est ce qu'on appelle le Nouvel An Kongpo ; dans la préfecture de Ngari, le Nouvel An Burang, c'est le premier jour du onzième mois du calendrier tibétain ; pour la préfecture de Xigaze, le Nouvel An agricole est le premier jour du douzième mois ; dans les autres endroits représentés par Lhassa, le Nouvel An est le premier jour du premier mois, qui est aussi la fête du Printemps selon le calendrier lunaire.

Le Nouvel An, un nouveau commencement

Pasang me fait remarquer que le Nouvel An au Tibet signifie non seulement célébrer le passage à la nouvelle année, mais aussi le passage à une nouvelle vie. Ainsi, toutes les familles du district de Burang se doivent de nettoyer leur maison, de changer les housses des fauteuils, et de dessiner de nouvelles peintures porte-bonheur avec de la farine d'orge sur les murs de celle-ci.

Après tous ces préparatifs, à la tombée de la nuit du dernier jour de 2013, les locaux se préparent à passer la nuit de « gutu » : « gu » signifie "nouveau" en tibétain et « tu » la soupe ou les nouilles de farine d'orge. Selon les anthropologues, manger le « gutu » serait sensé écarter les démons. Le rituel en est donc assez solennel.

En effet, la maman, Kelsang m'explique que lorsqu'on prépare le « gutu », on prépare également des pâtes de farine farcies de piment fort, de poils de mouton, de charbon de bois, de pierres, de ginseng et de pois. Il faut savoir que les pâtes farcies avec des ingrédients non comestibles ne doivent pas être mangées mais juste croquées. Ces ingrédients ont tous une signification particulière : être sarcastique, avoir le cœur sensible, avoir des mauvaises intentions, être impitoyable, être chanceux et intelligent.

Pour la famille de Konchog Tenzin dont les trois générations sont réunis pour le réveillon, la nuit « gutu » est un moment joyeux ! Le grand-père, Konchog Tenzin a mordu dans la pâte contenant le piment fort. Ce qui a fait rire ses petits-enfants, ils me disent en rigolant que cela signifie que leur grand-père est devenu la personne « la plus sarcastique » de la famille, alors que Rigzin Kangco, la fille cadette chérie par toute la famille, a pris deux bols de « gutu », et elle a mordu dans ceux avec le ginseng et le pois faisant d'elle la plus chanceuse et la plus intelligente.

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