Bazhong, havre de tranquillité et de beauté
  2014-03-12 15:58:31  La Chine au présent

Le site touristique Jiangkou Shuixiang, dans le district de Pingchang.

 

Installée dans le nord-est de la province du Sichuan, la petite ville de Bazhong dégage une atmosphère sereine digne d'une scène pastorale. Elle fait naître chez les visiteurs l'envie d'un retour aux sources, le désir de ne faire qu'un avec cet environnement naturel unique. Selon un proverbe, se promener à Bazhong, c'est comme traverser une bruine épaisse qui ravive nos souvenirs...

Cette ville pittoresque, comparable à une toile de Monet, est nichée dans les contreforts sud des majestueuses montagnes Daba. Enclavée entre trois grandes villes, à savoir Chengdu, Chongqing et Xi'an, Bazhong se situe également sur la ligne imaginaire qui délimite le Sud du Nord de la Chine. D'ailleurs, cette terre de 12 000 km² manifeste la grandeur de la Chine du Nord et la douceur de la Chine du Sud, combinant harmonieusement paysages idylliques de montagnes et de rivières ainsi que sites historiques et culturels. Bazhong fut autrefois une nœud majeur des échanges culturels entre le Nord et le Sud de la Chine, et garde aujourd'hui encore des traces des dynasties des Qin, des Han, de la période des Trois Royaumes et du passage de l'Armée rouge. Ici, il est facile de tâter le pouls de l'histoire ; il suffit de tendre l'oreille pour en entendre résonner les échos.

L'ancien peuple Ba vivait sur cette terre il y a déjà plus de 5 000 ans. Les bâtons d'encens allumés dans le village de Baling y brûlent toujours depuis. Construit il y a 3 000 ans, la route ancienne Micang se fraye un chemin à travers les montagnes Daba, et laissent entrevoir un brassage des civilisations du fleuve Jaune et de Bashu. Bien que cette route soit délabrée aujourd'hui, les histoires anciennes relatées à son propos lui survivent. La plus célèbre raconte comment Xiao He, premier ministre au début de la dynastie des Han de l'Ouest (206 avant J.-C. – 220) poursuivit le stratège Han Xin sur cette piste pour le persuader finalement de rester dans son camp. Cet épisode joua dans le dénouement de la guerre entre les États de Chu et de Han.

Les anciens villages bordant la route Micang témoignent également de la prospérité passée de Bazhong, importante ville pivot des échanges politiques, économiques et culturels entre le Nord et le Sud de la Chine.

À cause de sa localisation stratégique, Bazhong fut, dès l'antiquité, en proie aux guerres que se livraient les seigneurs féodaux. Le peuple Ba qui vivait sur ce « champ de bataille », était non seulement doué pour le chant et la danse, mais avait aussi pour réputation d'être courageux et habile au combat. Il participa à de nombreuses guerres dans l'histoire : il aida le roi Wu à vaincre le tyran Zhou ; il soutint Ying Zheng, le premier empereur de la dynastie des Qin (221 – 206 avant J.-C.) pour unifier la Chine ; et il assista Liu Bang dans la fondation de la dynastie des Han de l'Ouest. Par ailleurs, cette terre ancienne et mystérieuse donna naissance à des personnages historiques, tels que Zhang Sixun, astronome sous la dynastie des Song (960-1279), Wang Jian, premier empereur de l'ancien État de Shu (907-925), ou encore Yan Yangchu (1890-1990), célèbre pédagogue.

La poésie, art bien présent en Chine, a connu son apogée sous la dynastie des Tang (618-907). Et la belle ville de Bazhong a inspiré plus d'un poète de cette période, dont Li Bai et Wang Bo par exemple, pour ne citer que les plus célèbres. Au cours de la période pré-Qin, le peuple Ba a composé Bayuge, une chanson folklorique antique prenant l'amour pour thème principal, une belle illustration des chansons et ballades folkloriques selon le style Han.

D'extraordinaires grottes

Sous les dynasties des Sui et des Tang, la route Micang était empruntée non seulement par des groupes de marchands, mais aussi par des moines itinérants. Mais la magie de ce paysage pittoresque les persuada de suspendre leur marche pour y séjourner. Les moines ont alors taillé la roche et réalisé des peintures, à l'aide de pigments issus de minéraux naturels, sur la paroi de grottes, aujourd'hui connues sous le nom des grottes de Bazhong. Ces œuvres sont l'exemple typique des sculptures peintes sous la dynastie des Tang.

Avec sa multitude de grottes rupestres, Bazhong est considérée comme la « ville natale des grottes ». Les plus grandes et les mieux préservées sont celles du réseau Nankan, qui abrite 179 grottes répertoriées et environ 2 700 statues bouddhistes. La plupart de ces statues sont logées dans le versant est du mont Nankan.

L'on dit que les grottes de Yungang se distinguent par leur grandeur, tandis que les grottes de Nankan sont réputées pour leurs sculptures peintes. Rien n'est plus vrai ! Du sommet, on a une vue magnifique sur une série de statues aux vives couleurs, alignées sur 200 m le long de la falaise. Ces statues, dont forme et esprit coïncident, arborent des colorations vertes, rouges, blanches et bleues obtenues par pigments naturels. Ces grottes magnifiques traduisent la physionomie sociale d'une période florissante sous la dynastie des Tang. Bien sûr, les dynasties suivantes ont également ajouté encore quelques merveilles à ce site resplendissant.

Un célèbre écrivain chinois, Yu Qiuyu, a écrit : « Les grottes de Mogao peuvent se vanter d'être un site d'exception à travers le monde parce qu'elles ont accumulé plus d'un millier d'années d'histoire. Admirer les grottes de Mogao ne signifie pas regarder des reliques façonnées il y a 1 000 ans, mais apprécier un art qui vit depuis 1 000 ans. » Les mêmes commentaires pourraient être émis à propos des grottes de Bazhong. En plus, ces dernières gardent tout leur charme bien qu'elles soient plus exposées aux affres du soleil, de la pluie et du vent. Face à tant de splendeur, les visiteurs ressentent généralement un choc, qui cède vite la place à l'admiration.

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