Le film de Bond met au jour la nécessité d'une réforme de la censure des films
  2013-01-23 10:05:09  China.org

Une version réduite de Skyfall, le nouveau film de James Bond, a été lancé dans les cinémas chinois lundi, ce qui a incité les spécialistes de l'industrie cinématographique à réclamer des réformes du système de censure du pays.

Shi Chuan, professeur de l'École du film, des arts et de la technologie de la télévision de l'Université de Shanghai, a proposé que des lois concernées soient promulguées et que des normes soient fixées pour les censeurs.

Les changements au dernier film de Bond incluent la censure d'une scène sanglante dans laquelle un garde de sécurité chinois se fait tirer par un tueur à gages français, ainsi que des changements à certaines répliques de Bond qui s'enquiert d'une femme que l'on force à se prostituer.

« Les organismes de réglementation du film devraient respecter les idées originales des producteurs, plutôt que de couper arbitrairement des scènes », a indiqué le professeur Shi.

Cependant, il croit qu'un système de censure est nécessaire à l'industrie cinématographique chinoise.

Le contenu des films importés doit se conformer aux lois locales, ainsi que respecter la culture et les traditions locales, a-t-il affirmé.

Dans la partie continentale chinoise, tous les films importés font l'objet d'une vérification pour la censure, effectué par l'Administration d'État de la radio, du film et de la télévision (SARFT).

Le plus souvent, les censeurs coupent des scènes violentes ou érotiques avant que les films n'atteignent les grands écrans.

Cependant, les cinéphiles chinois se plaignent parfois de changements draconiens apportés aux films étrangers. De tels cas incluent le film « Lust, Caution » d'Ang Lee, en 2007, qui a été coupé de 30 min afin de répondre aux exigences des censeurs chinois.

Certains experts en cinéma se sont également plaints des restrictions chinoises concernant les sujets délicats.

Pendant une session annuelle de l'organe consultatif politique de la Chine qui s'est tenue en mars dernier, Yin Li, vice-président de l'Association du film de Chine, a indiqué que les réalisateurs chinois affrontent trop de restrictions concernant les sujets sensibles, entre autres la sécurité publique, la diplomatie, les ethnies minoritaires et la religion.

« J'espère que la Chine pourra offrir plus de liberté aux cinématographes pour qu'un environnement plus favorable soit créé pour l'industrie cinématographique du pays », a indiqué M. Yin.

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