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    Vivre à Beijing et être enterré dans une autre ville
      2012-04-17 15:25:59  cri

    Les Pékinois se plaignent souvent que la vie est chère et stressante dans la capitale chinoise. Mais ces dernières années, la mort aussi, est devenue coûteuse... Pour s'offrir une place dans un cimetière, les Pékinois pensent de plus en plus souvent à délocaliser leur tombe dans le Hebei. Cette province en fer à cheval, qui enserre Pékin. Un sujet qui a été abondamment commenté dans la presse, à l'occasion de la fête de Qingming, la Fête des morts. C'était début avril.

    Alors à chaque fête des Morts, en Chine, les frais des pompes funèbres font l'objet de débat. Et notamment le prix des tombes, qui explosent, litérallement.

    L'augmentation suit la même courbe que celle des appartements et les prix n'arrêtent pas de grimper. Sur Internet, certains Chinois ironisent : « Lorsqu'on est en vie, on est les esclaves du logement. On doit travailler pour rembourser nos prêts bancaires. Et une fois qu'on est morts, on est esclaves de notre tombe, qui coûte même plus cher, au mètre carré, qu'un appartement ! »

    Pour ces internautes, la vie est chère à Beijing, disent-ils, mais la mort l'est tout autant. Il faut savoir rester en vie pour s'éviter de dépenser trop d'argent. Et il y même un dicton qui circule en Chine : « le prix des appartements nous pousse à beaucoup travailler. Le prix de l'essence nous pousse à devenir écolo. Le prix de la viande nous incite à perdre du poids. Et là, le prix des tombes nous pousse à bien vivre. »

    Pour avoir une idée de prix,en 2009, dans un cimetière de Beijing, une tombe de moins d'un mètre carré coûtait environ 1 200 euros. Aujourd'hui, la moins chère coûte près de 2 000 euros le mètre carré. Ça fait 800 euros d'augmentation en 3 ans. Et certains, comme Monsieur Wang, cité dans la presse, font le calcul : il faut au moins 12 000 euros pour avoir une tombe décente. Début 2012, le père de Monsieur Wang est décédé. Et il a dû lui trouver une tombe. Les moins chères tournent tout de même autour de 6 à 7000 euros. Au final, il a dépensé plus de 12 000 euros pour trouver une tombe qui lui corresponde. Selon les statistiques, dans les villes comme Beijing ou Xi'an, le prix des tombes augmentent de 20% par an ces dernières années. Il s'agit d'une hausse bien plus importante que l'inflation ou que le salaire des Chinois.

    Selon un professionnel, le prix du terrain et des côuts d'entretien des cimetières sont restés relativement stables. Alors, souvent, on utilise un prétexte pour augmenter le prix. On change par exemple le modèle de stèle des tombes. On utilise des stèles de meilleure qualité ou avec une plus belle forme. Le coût de revient peut ainsi augmenter de 100 euros. Mais, au final, sur la facture, le prix augmentera de 1000 euros pour le client. Ce sont vraiment des profits exorbitants et qui paraissent scandaleux à de nombreux Chinois. C'est pourquoi, eh bien, de plus en plus, de nombreux Pékinois vont dans la province du Hebei pour acheter une tombe moins chère.

    Alors est-ce que ça vaut le coup ? Les tombes sont-elles vraiment beaucoup moins chères dans cette province ? La répnse est positive. La rivière Chaobai, qui marque la frontière entre Beijing et la province du Hebei, est même devenue, en quelque sorte, un symbole. Quand on est du côté du Hebei, dans un cimetière, on peut acheter une tombe pour 1200 euros le mètre carré. Et il suffit de franchir la rivière, de se retrouver à Beijing, pour payer le même type de tombe –même matière, même taille, etc.-, plus de 4000 euros. La distance entre les deux cimetières n'est que de 12km, mais le prix peut être trois fois plus élevé.

    A lors pourquoi les prix augmentent-ils si vite ? Il y a plusieurs raisons. Déjà, les Chinois accordent une grande importance à l'enterrement. On veut quitter le monde avec dignité, si l'on peut le dire. C'est pourquoi les Chinois qui en ont les moyens acceptent de dépenser beaucoup d'argent pour ça. Ensuite, il y a un phénomène de spéculation. En particulier ces derniers temps. L'Etat a décidé de mettre fin à la surchauffe dans l'immobilier. Et les gens qui veulent investir orientent leurs capitaux vers les pompes funèbres...

    Et pire encore, selon les prévisions, cette tendance va continuer dans les années à venir. C'est pourquoi les services gouvernementaux envisagent de réagir. Des décrets devraient notamment être publiés pour refroidir un peu cette surchauffe. Car la spéculation a fait exploser les prix. Et c'est vecteur d'inégalités sociales. Car au final, eh bien ce sont les Chinois aux revenus modestes qui trinquent...

    Commentaire
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    Dans le discours du président chinois Xi Jinping, prononcé récemment en Tanzanie, il a parlé d'une série télé chinoise, "Doudou et ses belles mères", qui a été doublée en swahili et diffusée dans les pays de l'Afrique de l'Est en 2011. Avez-vous regardé au moins une série télé chinoise ?
    Oui, et je le trouve très bien
    Oui, mais je ne l'aime pas
    Non, jamais regardé


      
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