
Min Huifen qui est l'une des plus talentueuses joueuses de ErHu en Chine a appris à jouer de cet instrument avec son père. Elle avait 8 ans. Et à cette époque, peu de personnes apprenaient à jouer d'un instrument de musique.
Ecoutez à ce propos Min Huifen:
« Auparavant, peu de personnes jouaient de l'erhu, car avant la libération, il y avait peu de musiciens. On peut dire que la société à cette époque manquait de musique, donc presque personne n'en apprenait. Mais après la libération, la situation a changé. Grâce au soutien du gouvernement, des millions de personnes ont commencé à apprendre à jouer d'un instrument. C'est un chiffre sans précédent. En faisant partie d'un groupe de musique, ça a changé ma vie, et j'ai tout fait pour progresser et faire avancer ce groupe. »
Min Hui Fen a donné beaucoup de concerts en Chine et elle s'est aussi produite dans une dizaine de pays, notamment aux Etats-Unis, en France, au Canada, ainsi qu'à Hongkong, Macao et Taiwan. Quel que soit le lieu, sa musique a toujours été très appréciée. On écoute Min Huifen :
« J'ai joué en France pour un spectacle de charité organisé par Bernadette Chirac (l'épouse de l'ancien président français) afin de recueillir de l'argent pour les malades du cancer. Il m'avait déjà invité il y a 18 ans. A l'époque, j'étais très malade, j'avais un cancer et j'étais au bord de la mort. Donc c'était assez symbolique pour moi de revenir. Ils m'ont demandé de jouer un morceau de musique avec leur orchestre philarmonique. J'ai choisi une pièce traditionnelle chinoise : Mi Hu Diao (la mélodie de trouble) qui est la musique d'erhu venant de la musique traditionnelle du Shaanxi. J'étais vraiment heureuse de coopérer avec eux. »
Min Huifen, musicienne chinoise très connue ici, est à l'honneur aujourd'hui sur RCI.

Et parmi toutes les représentations qu'elle a donné, il y en a une qu'elle n'oubliera jamais. C'était en 1975, Min Huifen a reçu une mission spéciale : enregistrer des mélodies de l'opéra de Beijing avec l'erhu pour le président Mao. Il fallait à la fois mettre en valeur le style de l'opéra de Beijing et à la fois conserver la spécificité de la musique d'erhu. Min Huifen s'en souvient:
《Quand notre président respecté et bien-aimé Monsieur Mao a eu la cataracte à ses vieux jours, il ne pouvait plus voir clairement les choses, et devait être très ennuyé.
A ce moment-là, le Comité central du Parti a trouvé une solution pour lui faire plaisir. Le président Mao appréciait beaucoup l'opéra de Beijing et pouvait chanter quelques morceaux. Et c'est pour ça qu'on a décidé d'adapter des airs de l'opéra à la musique d'erhu.
Ce n'est pas simplement un travail d'imitation, il faut bien traduire les personnages, mais aussi révéler le charme de l'opéra de Beijing. J'ai enregistré 8 airs au total, c'étaient tous les classiques les plus connus. On m'a dit que le président était très content et avait fait plein de compliments ».









