Un accord historique... Le 1er juillet dernier aura été une journée très importante dans les relations entre Taiwan et la partie continentale de Chine.
Taiwanais et Chinois du continent ont en effet signé un accord de coopération économique qui va renforcer fortement leur intégration économique.
Alors concrètement, qu'est-ce que cet accord change ? Et bien il permet notamment de réduire les barrières douanières. Illustration avec Wen Rende. Il est Taiwanais. Il vit à Xiamen, une ville chinoise située juste en face de l'île, et il y vend des fruits importés de Taiwan. En 2005, seule une dizaine de fruits taiwanais bénéficiaient de la baisse des barrières douanières. Avec la mise en application de l'accord, de plus en plus de fruits seront exemptés de taxes :
« A l'heure actuelle, seuls 15 fruits taiwanais sont exemptés de droits de douane. Après la signature de cet accord, il y en aura davantage, et les gens du continent auront accès à davantage de fruits taiwanais. Actuellement, seuls 4,5% des fruits taiwanais sont exportés sur le continent. Le potentiel du marché est donc important. »
L'accord prévoit la baisse de barrières tarifaires sur près de 540 produits taiwanais. Et la levée totale des droits d'ici à deux ans. Jiang Zengwei est le vice-ministre chinois du Commerce :
« La partie continentale compte sérieusement prendre en compte les intérêts des commerçants, mais aussi des agriculteurs taiwanais. L'accord ne concerne pas les secteurs les plus vulnérables à Taiwan. Les produits agricoles du continent ne pourront pas pénétrer sur le marché taiwanais et il n'y aura pas d'ouverture en matière de circulation des personnes. Nous faisons preuve de davantage d'ouverture que Taiwan, cela fait montre de la sincérité et de la bienveillance de la partie continentale. »
L'accord prévoit également une ouverture renforcée de certains secteurs pour les Taiwanais qui souhaitent investir sur le continent. Notamment dans les secteurs de la bourse, de l'assurance, des banques et des hôpitaux.
En contrepartie, les autorités taiwanaises, elles, vont ouvrir neuf secteurs de services aux investisseurs du continent. Zhang Guanhua travaille à l'Académie chinoise des sciences sociales. C'est le directeur du Bureau de recherche sur Taiwan. Pour lui, cet accord va permettre une coopération très poussée en matière de services :
« Les services, ça représente 70% du PIB de Taiwan. Le continent, lui, de son côté, est en train d'améliorer sa structure de développement économique. La prochaine étape, ce sera de restructurer l'industrie des services. Donc on voit bien tout le potentiel qui s'ouvre. Le secteur des services deviendra probablement un point très important de coopération entre le continent et Taiwan à l'avenir. »
Liu Xueqin travaille au ministère chinois du Commerce. Elle est spécialiste des affaires de Hong Kong, de Taiwan et de Macao :
« Quand les grandes entreprises taiwanaises viennent sur le continent pour investir, leur plus grande difficulté est d'obtenir des prêts, puisque les banques du continent ne connaissent pas ces entreprises. Mais désormais, des banques taiwanaises seront présentes sur le continent. Ces banques connaissent mieux les entreprises taiwanaises, et seront plus en confiance pour leur accorder des prêts. »
Le tournant des relations entre Taiwan et la partie continentale aura été la reprise, en mai 2008, de communications postales, aériennes, maritimes et commerciales directes entre les deux rives du détroit. Une reprise qui aura permis une coopération et des échanges économiques et commerciaux plus étroits. Le montant total des échanges commerciaux aura atteint les 100 milliards de dollars en 2009. L'an passé, quelques 80 000 projets commerciaux ont été lancés par les entreprises taiwanaises, ce qui représente près de 50 milliards de dollars.
Pour Liang Guoxin, un économiste taiwanais, la signature et l'application de cet accord de coopération économique va permettre de lever certains obstacles commerciaux, et de créer un système de coopération et de développement entre Taiwan et le continent.
« Les deux parties sont complémentaires sur le plan économique. Cette coopération va permettre d'augmenter les bénéfices de chacun et de renforcer la compétitivité à l'international. »
Cet accord de coopération économique est uniquement un premier pas, pour l'instant. D'ici à la fin de l'année, les discussions se poursuivront, sur des sujets comme les échanges de marchandises, les services ou encore le traitement des litiges commerciaux.










