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    Zhang Kangkang,éminente écrivaine chinoise
      2010-06-04 09:32:55  cri

    En 2002, un roman du nom de « Zuo Nü作女 », ou littéralement en français, « une femme capricieuse » a fait sensation dans la sphère littéraire chinoise. Un livre qui est convainquant, notamment parce que beaucoup de lectrices, surtout de jeunes étudiantes chinoises rêvent de mener la même vie que « Zuo Er 卓尔», l'héroïne du roman, une femme rebelle.

    Effectivement, dans le livre, Zuo Er a un bon poste, mais elle espèce se faire licencier pour pouvoir se rendre au Pôle Sud. Elle a un mari idéal, mais elle divorce de lui. Elle vit ensuite avec un homme marié, mais n'envisage pas de se remarier.

    Alors, qui est l'auteur à l'origine du personnage de Zuo Er ? C'est Zhang Kangkang, l'héroïne de notre émission d'aujourd'hui. O, dit d'elle, qu'elle est née pour écrire. Dans les années 1960, alors qu'elle n'est âgée que de 11 ans, elle publie son premier texte dans la revue, «L'art et la littérature pour adolescents ». Une publication annonciatrice de ses futurs succès.

    A 29 ans, elle est déjà une grande star de la littérature chinoise. A 38 ans, son nom figue dans le « Who's Who des intellectuels », un genre d'encyclopédie des personnalités, éditée par l'International Biographical Center de Cambridge.

    A 56 ans, elle est élue vice présidente de l'Association des Ecrivains de Chine, et à 59 ans, elle intègre l'état –major du gouvernement, en tant que membre du Bureau des Conseillers relevant du Conseil des Affaires d'Etat de Chine. Une carrière jalonnée de succès.

    En chinois, une femme capricieuse ou déraisonnable est surnommée « Zuo 作», dans le sens péjoratif du terme. Mais, pour Zhang Kangkang notre écrivain, une femme contemporaine se doit de posséder l'esprit « Zuo ». On l'écoute s'exprimer au micro de RCI : « Le terme 'Zuo' représente la vitalité et la créativité d'une femme. C'est-à-dire que pour être 'Zuo', elle se doit être dynamique, entreprenante. Lorsque c'est un homme qui est 'Zuo', il est considéré comme quelqu'un de compétent, plein de vigueur. Quant il s'agit d'une femme, on la voit autrement. C'est la raison pour laquelle, j'ai voulu écrire ce roman. Si toutes les femmes sont raisonnables et agissent comme le veut la tradition, la situation des femmes ne s'améliorera jamais. »

    Zhang Kankang est née à Hangzhou de la province du Zhejiang dans le Sud du pays. Elle y a passé les 19 premières années de sa vie. Plus tard, elle est envoyée dans le Heilongjiang, province chinoise située dans le Nord-Est du pays. A l'âge de 30 ans, elle vient s'installer à Beijing. L'expérience ainsi acquise lui a permis de bien connaître les habitudes de ces contrées : celles du Nord et du Sud. Continuons à écouter Zhang Kangkang : « Je me considère comme un fleuve. Un fleuve qui coule depuis toujours. Ce qui me permet d'apprécier les paysages des deux rives. Des paysages qui n'ont eu de cesse de changer. Pour cause, lors que j'écris, je saute d'un lieu à un autre, du Nord au Sud. Parfois ils se croisent. Le roman 'La galerie de l'amour' est le mieux placé pour illustrer ce genre de croisement. Il ressemble à 'A tale of two cities'. Le mien est une histoire qui se passe dans deux villes chinoises, dont l'une est au nord et l'autre au Sud. »

    Zhang Kangkang est très célèbre en Chine, presque tous ses écrits sont des best-sellers. Notamment, « Zuo Nü 作女», une femme capricieuse, et « Ying Xing Bai Lü 隐形伴侣», un compagnon dissimulé ainsi que d'autres encore. Pour ceux ou celles qui aiment les œuvres de Zhang Kangkang, cette dernière parvient à coucher sur le papier une vue d'ensemble des femmes chinoises d'aujourd'hui.

    En 1969, Zhang Kangkang est envoyée travailler la terre dans le Nord-Est du pays. Dans le Heilongjiang. Elle nous confie être partie en nourrissant le rêve de devenir écrivain. Malgré le froid et la solitude, elle s'est aguerrie. Elle a fait de Lu Xun, grand écrivain chinois, son idole. Zhang Kangkang : « Un jour, j'a trouvé un bureau, un bureau très rudimentaire. Il n'était pas poncé, il piquait. Alors, j'ai sorti de mes bagages un portait de Lu Xun. Le portrait était fait avec une sorte de papier plus ou moins épais. J'ai commencé par poser sur le bureau un morceau de carton, sur lequel, j'ai mis le portrait de Lu Xun. Je pense que cette anecdote est très significative pour moi. Plus tard, lorsque j'ai décroché le Prix Lu Xun, je me suis souvenu de cette anecdote. »

    La plupart des premières œuvres de Zhang Kangkang relatent les expériences des jeunes intellectuels envoyés travailler dans les zones rurales. A l'époque, ce genre de récits est très en vogue. Mais, la plupart ont pour but de critiquer cette politique d'envoyer les jeunes intellectuels à la campagne, une manière de se plaindre, de manifester leur mécontentement voire leur colère.

    Zhang Kangkang n'a pas traité la chose de la même façon. Dans ses textes, elle dévoile les problèmes causés par ces jeunes. Problèmes qu'elle élève à un niveau philosophique. En 1986, elle publie son roman « Ying Xing Ban Lü 隐形伴侣», ou littéralement en français, un compagnon dissimulé.

    Dans lequel, elle raconte l'histoire d'un jeune couple. Dont la femme est nommée Xiao Xiao. Au fil du temps, elle s'aperçoit que son mari ne cesse de mentir. Or, elle ne peut le tolérer ce genre de vie et décide de divorcer. Une fois divorcée, elle réalise qu'elle aussi dupe les gens. Elle réalise alors que s'il est possible de divorcer de son conjoint, par contre, il est impossible de se défaire du «mal » qui se cache dans le cœur de tout un chacun. Présent à jamais. C'est donc un « compagnon dissimulé »

    Zhang Kangkang ne se contente pas de ses premiers succès. En 1995, elle publie « Chi Tong Dai Zhu 赤彤丹朱», roman qui permet au grand public de découvrir sa maîtrise de l'histoire moderne et des sujets contemporains à la société chinoise.

    Inspirée par la vie de sa mère, Zhang Kangkang nous évoque dans son roman, la vie du couple « Zhu Xiaoling 朱小玲», la mère et «Zhang Kaizhi 张恺之», le père, tel un miroir de la vie des intellectuels révolutionnaires chinois depuis les années 1930. Zhang Kangkang est très fière de cette œuvre : « C'est 'Chi Tong Dai Zhu' qui mérite le plus d'être retenu. Ces quatre caractères désignent tous la couleur 'rouge'. C'est donc une sorte de symphonie rouge. Pour la génération des mes parents, en acceptant l'idéal rouge, ils se sont joins à la tempête rouge, jusqu'au jour, où ils vécurent la légende rouge, à savoir, la Révolution culturelle. C'est toute une vie qu'ils ont vécu et à laquelle, moi, je réfléchis. »

    La perspicacité dont Zhang Kangkang fait preuve ne passe pas inaperçu. En novembre 2009, elle est nommée membre du Bureau des conseillers relevant du Conseil des Affaires d'Etat de Chine. Ce qui lui permet de discuter en personne avec le Premier ministre, Wen Jiabao.

    Dès 1979, elle décide de vivre de ses écrits. Et pour cause, cela lui permet d'être libre et de ne plus se soumettre à des horaires du travail. Une fois nommée conseillère, elle a dû s'habituer à prendre part à la réunion hebdomadaire du mardi. Mais elle n'en a pour autant abandonner l'écriture. On écoute une dernière fois Zhang Kangkang : « En tant qu'écrivain, on a l'habitude d'observer, on est sensible à ce qui se passe autour de nous. Quand on est conseiller, on a beaucoup de choses à faire, on doit initier des enquêtes sur des sujets très précis. Genre de missiosn que moi, je ne suis pas en mesure de faire, du moins pour le moment. Mais, personnellement, je suis très intéressée par les problèmes touchant aux droits de l'homme, à la culture ainsi que d'autres encore. En quelque sorte, la vie est une cumulation d'expériences. Donc, il n'est pas nécessaire de se fixer qu'un objectif unique et de n'approfondir qu'un seul sujet. C'est pourquoi, je continue d'écrire.»

    Selon Zhang Kangkang, lorsqu'une femme écrit, elle vit dans la solitude, et c'est bel et bien cette solitude qui constitue sa plus grande richesse et lui procure des joies. En cela, l'écriture n'est-elle pas un bonheur ?

    (Yannine)

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