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    Dilber Yunus, une éminente soprano chinoise
      2010-02-11 11:37:18  cri

    En 1984, a lieu en Finlande la 1ère Compétition internationale de Chant de Mirjam Helin. L'occasion qui permet à Dilber de se révéler. Elle se classe 2ème, au terme de la compétition. Surnommée le « Rossignol chinois », elle est depuis considérée comme l'une des plus belles voix de la soprano colorature du monde. Une fierté nationale. Depuis, elle tourne en Europe, surtout dans des pays scandinaves, en Finlande et en Suède.

    Effectivement, à ce propos, je crois qu'on doit donner une toute petite explication à nos auditeurs francophones. Si la soprano chinoise ne chante que dans des pays européens, c'est parce qu'à l'époque, c'est à  dire qu'il y a une vingtaine d'années, l'opéra, cet art purement occidental, est très peu produit dans son pays natal, en Chine.

    A l'époque où Dilber est récompensée en Finlande, l'opéra est très peu produit dans son pays natal. Pourquoi ? Parce que, d'un coté, la mise en scène d'un tel opéra est onéreuse, et de l'autre, à l'époque, nous, les Chinois, ne sommes pas tellement en mesure d'apprécier cet art qui nous vient de loin, tout en estimant qu'il est trop professionnel, trop académique, bref trop occidental. Et Dilber ne pouvait alors faire sa carrière en Europe, où cet art était répandu.  Que se passe t-il maintenant, une vingtaine d'années plus tard ?

    Le monde évolue, la Chine aussi. On se met à mettre en scène des opéras à l'occidental, dont « L'institutrice de campagne », ou en chinois Xiang Cun Nü Jiao Shi. Alors, on fait appelle à Dilber, et l'appel est entendu. Elle tient le rôle de la jeune première dans cet opéra. En voici un extrait:

    Comme vous l'avez déjà remarqué, dans cette pièce, Dilber Yunus ne fait pas chanteuse colorature, comme elle le fait depuis toujours, mais, chanteuse lyrique. Et les spectateurs chinois sont bel et bien conquis par son talent. Elle est donc est une fois de plus mise sur le devant de la scène.

    Dilber Yunus est née en 1958 à Kashgar au Xinjiang, l'une des Régions autonomes du pays. En 1987, elle termine ses études au conservatoire central de musique de Chine. L'année suivante, elle est embouchée par l'Opéra national de Finlande pour être soliste.

    En 1997 et 1998, elle est deux fois lauréate du prix « Brigit Nilsson », prix créé par la Suède pour récompenser le meilleur chanteur d'opéra de l'année. Mais, chose curieuse, une soprano qui chante tout a fait à l'occidental, est formée en Chine, par des professeurs chinois. Tout de suite le témoignage de Dilber Yunus : « A l'université, les professeurs, sont exigeants, que ce soit concernant la musique ou la langue. Bref, on doit être bon dans toutes les disciplines. On doit surtout avoir une très bonne technique. Pour cause, une fois arrivé dans un pays étranges, je fais des envieux. Jusqu'à maintenant, à chacune des répétitions, je fais l'objet de regards envieux. Tout cela est du au fait qu'on est très bien entraîné. »

    Dilber nous confie qu'elle doit tout son succès à ses professeurs, à ses professeurs chinois qui ont su mettre en valeur son talent. Durant la vingtaine d'années qu'elle a passé en Europe, elle tient le rôle de la jeune première dans plusieurs grands classiques. Elle est Gilda dans Rigoletto de Verdi, Lucia dans Lucia di Lamermoor de Donizetti et la Reine de la nuit dans La flûte magique de Mozart.

    Elle est aussi Lisa dans La Sonnambula de Puccini et Rossignol dans Le Rossignol et interprète Adina dans L'Elisir d'Amore de Donizetti. En dépit du nombre de rôles qu'elle tient, Dilber se fixe un principe, un principe artistique qu'elle observe depuis toujours : elle ne tient que les rôles qui lui conviennent.

    Dilber est aujourd'hui l'une des meilleures sopranos colorature de par le monde. Lorsqu'elle revient sur sa carrière, elle reconnaît qu'elle a eu des moments difficiles : « Où que j'aille, je pars avec un dictionnaire. Au terme d'un spectacle, tout le monde prend part à la réception, un verre à la main, on s'entretient dans une atmosphère détendue. Quant à moi, je fais le contraire, je dresse l'oreille, tout comme on le fait en classe. C'est très stressant. Mais, une fois passé le cap, tout va mieux. »

    Dilber se souvient toujours de la première répétition qu'elle a faite pour l'opéra « Rigoletto» : la scène dans laquelle Gilda vas mourir, alors, Dilber doit faire savoir que Gilda rencontrera sa mère au paradis. Comme elle a des problèmes de langues, elle n'a pas compris ce que voulait le réalisateur, et elle regardait un peu partout.

    Impatient, le réalisateur monta sur la scène, et lui chuchota à l'oreille : « Et bien, combien de mères tu as ? » Dilber répondit : une. Alors il lui montra la lampe du doigt, lampe qui se trouva en haut à sa droite : « Regarde bien la lampe là, elle est ta mère, tu braques tes regards sur elle, ce sera parfait. »

    Lors d'une soirée qui a lieu le soir du 1er octobre dernier pour fêter le 60ème anniversaire de la fondation de la Chine nouvelle, Dilber a chanté en duo avec le ténor Dai Yuqiang « La marche de la Chine ». Sa belle voix et, notamment sa physionomie ouighour ont séduit le public chinois.

    Mais Dilber tient à jouer un rôle dans un opéra chinois. Ce n'est qu'ainsi qu'on parvient à connaître son vrai talent. Pour cause, lors qu'on lui propose de jouer le rôle de la jeune première dans « Institutrice de la campagne », elle l'accepte, pour son plus grand plaisir. Tout en fredonnant un morceau de la pièce, elle nous confie que c'est un opéra chinois chanté tout à fait à l'occidental. Dilber :  « Ce qui me séduit le plus en cet opéra, c'est qu'on est un groupe d'institutrices de campagne à chanter, à une époque où l'argent est très important pour pouvoir vivre. Des institutrices qui enseignent dans des conditions difficiles, persistent malgré tout et s'accrochent, pour le bien du pays. C'est essentiel pour rendre notre pays plus puissant. Nous devons leur rendre hommage. Et nous devons faire rayonner leur esprit, leur dévouement. »

    Comme artiste on peut dire qu'elle a plutôt réussi mais en tant que femme... Après deux divorces, elle s'est remariée en 2004 pensant qu'elle avait trouvé l'homme de sa vie. Hélas, l'homme de sa vie est décédé en 2005, un an après leur mariage, à la suite d'une crise cardiaque.

    La douleur qu'elle a éprouvé suite à la mort de son mari lui a fait perdre la voix. Pendant un certain temps, Dilber n'arrivait plus à chanter. Jusqu'au moment, où, on lui propose le rôle de la jeune première ; à ce moment là on s'inquiète encore pour sa voix.

    Résultat, on est une fois de plus convaincu par son talent et son courage. Elle nous confie qu'elle veut montrer le meilleur d'elle aux spectateurs. Elle veut leur apporter de la joie, du bonheur. Je crois qu'on lui doit beaucoup de respect.

    Avec l'âge qu'elle a, elle veut mener une vie plus stable. C'est pourquoi, elle rejette un certain nombre de propositions. Elle nous confie avec un beau sourire, que, si un jour, elle n'est plus la bienvenue sur scène, elle n'insistera pas.

    (Yannine) 

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