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    Munkh, joueur de Tsuur
      2009-10-28 17:01:20  cri

    Dans la Région autonome du Xinjiang, au bord du lac de Kanas, vivent les Tuvas, une ethnie peu connue du monde extérieure. On dit que les Tuvas constituent une branche de l'ethnie mongole.

    Ils ne sont pas très nombreux, quelque 2000 personnes. Ils vivent depuis des générations de l'élevage et de la chasse. Ils se retirent au fin fond des montagnes et gardent leur mode de vie traditionnel.

    Actuellement, la plupart des Tuvas vivent dans les villages de Kanas, de He Mu et de Bai Ha Ba, villages qui se trouvent dans le nord du Xinjiang.

    Selon les uns, les Tuvas sont des descendants de Gengis Khan, selon les autres, ces Tuvas sont originaires de la Sibérie et ils viennent s'établir ici il y a 500 ans. D'autres vont plus loin, en disant que ces Tuvas ont les mêmes origines que les Tuvas de la République de Tuvas de la Russie.

    Ce n'est pas à nous de rechercher les origines de ces Tuvas. On veut juste faire connaître à nos auditeurs l'instrument de musique à vent « Tsuur » que ces Tuvas ont inventé dans les temps très anciens. Du fait que cet instrument de musique est aujourd'hui considéré comme une sorte de « fossile vivant de la musique ».

    Au mois de mai de chaque année, la prairie reprend aux pieds du mont d'Altaï. Sur laquelle, on voit pousser une sorte d'herbes qui sont appelées par les éleveurs Tuvas de « Zalaat ». Dès qu'elles sont grandes, on en coupe quelques unes. Avec une brindille, on enlève le chaton qui est à l'extérieur d'une tige et ensuite, on creuse 3 trous sur la tige. C'est ainsi qu'est fait un « Tsuur ».

    D'après des experts, le « Tsuur » est en effet une sorte d'instrument de musique très ancien du nom de « Hu Jia », dont l'histoire peut remonter à il y a plus de 1600 ans. Hu Jia est fait sous formes très différentes et le Tsuur qu'on a aujourd'hui, n'est que l'une des variétés de Hu Jia. Au sein des Tuvas se répand une histoire très belle et de cette histoire, on remonte aux origines de « Tsuur ». On écoute s'exprimer au micro de RCI, Taivan, une femme Tuvas : « Il était une fois un Tuvas qui mène paraître ses troupeaux sur la plaine, du coup, il entend un son très beau au beau milieu du vent. Il part à la recherche de ce son. Il finit par trouver une herbe creuse. Dès que le vent souffle, elle chante. Il se met alors à l'étudier. Il commence par creuser sur la tige d'une herbe des trous, dix, cinq et trois. Au terme de multiples tests, il opte pour les trois trous. C'est ainsi qu'est né le « Tsuur ». Un Tssur est capable d'émettre 5 à 6 sons, et la musique ainsi jouée est très belle. »

    En fait, le Tsuur est fait d'une tube creuse, grosse d'un pouce. Sur une longueur de 66 cm sont creusées 3 trous régulièrement espacés. Bien qu'il n'ait que trois trous vocaux, un Tsuur ainsi fait est capable d'émettre 5 ou 6 sons aux niveaux différents.

    Par rapport aux autres instruments de musique, la manière de jouer le Tsuur est très différente. L'interprète prend le Tsuur de manière verticale, dont le sommet doit être mis à l'intérieur des incisives et contre les gencives. Grâce à la maîtrise de l'air par la pointe de la langue, au maniement des trous vocaux et aux vibrations des dents et des lèvres, on parvient à jouer de la musique. A une voix de gorge continue, rustique et grave s'ajoute une mélodie douce. C'est de cette manière qu'est né un timbre unique à Tsuur.

    Taivan nous confie que la musique de Tsuur n'est pas faite pour être entendu par nous autres, c'est un moyen qui permet aux Tuvas de communiquer avec la nature. Continuons à entendre Taivan : « Avant, alors qu'on mène paître un troupeau, on exécute le Tsuur pour des bétails et des animaux sauvages. Dès qu'ils entendent la musique, ils s'arrêtent de manger, ils l'écoutent. Voilà le pouvoir de Tsuur. »

    Le Tsuur est particulièrement bon pour exécuter quelque chose de lyrique, de mélancolique. La musique ainsi faite est à la fois profonde et aérienne. Avec un Tsuur, on peut imiter les divers sons naturels, celui du vent, des bétails et des oiseaux. Continuons à entendre Taivan : « Tous les sons émis par un Tsuur a un lien avec la nature, le son des ondes du lac de Kanas, le son des eaux et le chant des oiseaux, des oiseaux qui vivent dans la forêt du lac de Kanas. La musique la plus belle et la plus aérienne est celle qui est émise par notre Tsuur. »

    Comme tout le reste des culturels traditionnel, le Tsuur a du mal à survivre. Le vieux Evdes est le dernier génie de Tsuur des Tuvas. Mais, il est décédé. Il y a trois ans, notre correspond lui a rendu visite. Voilà la musique qu'il exécutait et qu'on a enregistrée à l'époque :

    Lors qu'il est en vie, le vieux Evdes est connu des Tuvas, des touristes. Une fois à Kanas, certains d'entre eux viennent chez le vieux pour l'entendre jouer le Tsuur. Le vieux est déçu par le fait qu'aucun des ses quatre enfants n'est intéressé par l'art de jouer le « Tsuur ». Tout de suite le témoignage de Munkh l'un des quatre fils du vieux :

    « Mon père est héritier de la musique de Tsuur des Tuvas. Il me dit qu'il me faut apprendre à maîtriser le Tsuur et de le jouer pour les hôtes qui viennent de loin. Au début, je ne veux pas l'apprendre. Il a beaucoup insisté, en me disant que l'un de ses fils doit se consacrer à l'art de Tsuur. Et il m'a pris. C'est à moi de prendre le relais. Je crois que je dois remercier mon père. »

    Le jeune Munkh apprend à jouer le Tsuur depuis une dizaine d'années. Durant laquelle, il s'entraîne au maniement du Tsuur tous les jours. Maintenant, il est capable de jouer plusieurs œuvres musicales. Grâce à la mise en valeur de la zone touristique de Kanas, un nombre croissant de gens est intéressé par l'art de Tsuur. Et le jeune Munkh est aujourd'hui très aimé des touristes. Munkh : « J'apprend à jouer le Tsuur depuis une dizaine d'années. Le Tsuur fait partie du patrimoine culturel de notre ethnie. Et mon père, il est le meilleur interprète de cet art. Donc, il me faut apprendre à le maîtriser et à succéder mon père. Au bout d'une dizaine d'années d'efforts, je parviens maintenant à maîtriser le Tsuur. Cette musique, elle est à nous, aux Tuvas. Je vais la faire connaître au monde extérieur. »

    (Yannine)

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