
Dans cette période difficile, tous les intervenants concernés par le problème de l'emploi des diplômés rivalisent d'imagination pour créer des mesures efficaces et innovatrices leur permettant de faire leurs premiers pas dans le monde du travail.
Selon certaines statistiques, plus de 6 millions d'étudiants quittent les universités cette année; à ce chiffre, on doit ajouter quelques millions de diplômés des années précédentes qui sont toujours en attente d'un emploi. Offrir un poste à ces personnes est devenu un casse-tête pour le gouvernement et les universités du pays.
Le stage a un rôle à jouer
Diplômé du département de sociologie de l'université de Qingdao, Liu Kun a déjà signé un contrat de travail avec la succursale de Jinan de la SARL Eastdawn de Beijing. Cette société a été parmi les premières à offrir des stages aux diplômés universitaires de Jinan. La formation universitaire en sociologie de Liu Kun n'a rien à voir avec les affaires de cette société. Amateur d'ordinateurs et de logiciels, ce diplômé a fini par y trouver un poste lié à ses centres d'intérêt. Pour lui, ce centre de stages a été une seconde université.
Liu Kun est l'un des bénéficiaires d'un programme de stage lancé cette année à l'intention d'un million de diplômés universitaires. Le gouvernement envisage de mettre en place un grand nombre de centres de stage un peu partout au pays d'ici à trois ans.
« Lors des entretiens d'embauche, le moment le plus embarrassant était quand on me demandait si j'avais de l'expérience de travail », confie Sun Fang, qui a déjà trouvé un travail de technicien au Grand Opéra national. En effet, l'expérience, c'est ce que les employeurs valorisent le plus. Les centres de stage permettent aux diplômés d'acquérir de l'expérience ou de mieux trouver leur véritable centre d'intérêt afin de se préparer à faire leurs premiers pas dans leur carrière professionnelle.
Parmi les lieux identifiés comme centres de stage, le gouvernement provincial du Jiangsu a inclus les entreprises. Cependant, il y a aussi inclus les établissements de service public, car ceux-ci peuvent offrir des stages sur les services de gestion d'un quartier, dont les comités de résidants. À Nanjing, capitale de cette province, il y a maintenant un millier d'établissements et d'entreprises figurant sur la liste des centres de stage, et le nombre de stagiaires est d'environ 6 000. Le gouvernement verse à ces établissements une subvention équivalant à 60 % du revenu minimum garanti au niveau local.
La municipalité de Shanghai va adopter des mesures similaires. Elle envisage d'offrir aux diplômés universitaires 5 000 postes de volontaires dans les comités de quartier. Cette année, à elle seule, l'Exposition universelle de Shanghai offre un millier de postes de stagiaire aux nouveaux diplômés, notamment en secrétariat, presse, traduction, marketing et travaux publics.
D'après M. Sun Bing, P.-D.G. de la succursale de Jinan de la SARL Eastdawn, fournir des opportunités de stage aux diplômés correspond bien aux orientations stratégiques de formation des ressources humaines établies par la société. « Nous espérons que les étudiants pourront, au cours d'un stage, se forger une idée de ce qu'ils feront au sein de notre société. Une fois qu'ils y seront entrés, ils pourront commencer très rapidement à accomplir leur tâche, explique M. Sun. Accueillir des stagiaires nous permet d'avoir le temps de découvrir les futurs talents qui répondent à nos besoins. »
Les efforts des universités
Les employés des centres universitaires d'orientation de la main-d'œuvre n'ont jamais été aussi occupés que cette année. Ceux de l'université de Beijing et de l'Université de géologie de Chine ont affecté des professeurs pour aider les étudiants à décider de leur orientation professionnelle et pour leur fournir de l'aide psychologique. L'Université du Peuple de Chine appelle ses diplômés à choisir leur métier d'une façon plus souple, en les encourageant à créer leur propre entreprise et à travailler dans les endroits qui ont le plus besoin d'eux, notamment dans les cantons et les bourgs ou dans les comités de quartier.
« Notre travail a pour objectif d'aider les étudiants à acquérir une nouvelle mentalité en matière d'emploi et à savoir affronter la réalité. » C'est ainsi que M. Chen Yongli, directeur du Centre d'orientation de la main-d'œuvre de l'université de Beijing, explique le rôle de son centre.
Pour aider les étudiants à décider de leur orientation professionnelle, certaines universités situées en province, dont celles du Hunan et du Jiangsu, ont inclus des cours d'orientation professionnelle dans les cours obligatoires. À l'université du Hunan, les diplômés ayant réussi à créer leur propre entreprise sont invités à venir donner des exposés pour raconter leurs expériences. Comme ce genre de cours est très pratique, il attire souvent beaucoup d'étudiants.
Parallèlement, des universités ont organisé des interviews entre les diplômés et les employeurs. Depuis novembre dernier, plus de 60 000 interviews ont été organisées par les universités en coopération avec le gouvernement.
Pour résoudre le problème de l'emploi, la restructuration des cours universitaires figure aussi à l'ordre du jour. D'après M. Ding Xiangyang, vice-maire de Beijing, pour encourager les universités à restructurer leurs cours, la capitale va établir une liste de ces établissements en les classant selon leur succès dans le domaine de l'emploi. Ce palmarès sera l'une des références des lycéens ayant à passer l'examen d'entrée à l'université, et il deviendra un des mécanismes permanents pour résoudre le problème de l'emploi.
Les mesures prises par les différentes provinces
Mme Zhang Ying, responsable des ressources humaines dans un établissement d'État, est occupée depuis quelques mois à recruter des diplômés. « Les établissements comme le nôtre ont le devoir de fournir plus d'emplois aux diplômés. C'est pourquoi, cette année, nous avons recruté plus d'employés que l'année dernière », révèle-t-elle.
Les départements ministériels, les entreprises publiques et les autres établissements publics doivent jouer le rôle de modèle en recrutant autant d'employés que l'année précédente, souligne le vice-premier ministre Zhang Dejiang, lorsqu'il parle de l'emploi des diplômés universitaires. Parallèlement, les PME et les entreprises privées sont également encouragées à recruter de nouveaux diplômés.
Le Conseil des affaires d'État a publié l' Avis pour résoudre efficacement le problème de l'emploi dans la situation actuelle. Les ministères de l'Éducation et des Finances ont aussi publié quinze documents précisant leurs mesures de soutien à l'emploi, dont les suivantes : Remboursement des frais de scolarité et des emprunts contractés pour leurs études universitaires par les diplômés qui deviendront travailleurs de la base en Chine du Centre et de l'Ouest; Programme des étudiants travailleurs de la base; Programme des postes spéciaux pour les enseignants ruraux; Programme Jeunesse/Ouest; et Recrutement des diplômés universitaires dans les villages. Le Trésor a débloqué une enveloppe de 42 milliards de yuans à cet effet.
Les gouvernements locaux ont à tour de rôle adopté des mesures de ce genre. Par exemple, pour aider 1 500 étudiants à créer leur propre entreprise d'ici deux ans, la ville de Chengdu (capitale du Sichuan) a mis en vigueur un programme de soutien à l'intention d'un millier d'entreprises fondées par les diplômés universitaires. En vertu de ce programme, chaque arrondissement ou district doit établir un parc industriel destiné aux jeunes ou aux diplômés.
Les entreprises peuvent également toucher des subventions ou obtenir des soutiens financiers. La province du Guangdong a dépensé près de 1,5 milliard de yuans pour résoudre le problème de l'emploi des étudiants. La province du Yunnan a versé 200 millions de yuans pour subventionner 30 000 emplois d'intérêt public pour les étudiants. Quant à la région autonome zhuang du Guangxi, elle a choisi d'émettre des cartes dont les titulaires peuvent profiter de tarifs préférentiels pour publier des annonces de demande d'emploi ou pour recevoir une formation. Pour sa part, la ville de Nanjing accorde des subventions (5 000 yuans par employé recruté) aux employeurs afin de les inciter à embaucher les étudiants issus de familles pauvres.










