Syrie: le chef de la MISNUS rencontre des responsables du gouvernement
  2012-07-31 02:27:42  xinhua

Au cours de sa première entrevue avec des responsables gouvernementaux syriens, lundi, le chef par intérim de la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS), a exprimé sa préoccupation devant la poursuite des combats dans la ville d'Alep.

« C'était une bonne occasion pour moi de discuter avec mes interlocuteurs des activités de la MISNUS pour les 20 prochains jours. J'ai souligné la nécessité pour toutes les parties de mettre fin aux effusions de sang et de s'engager dans un dialogue politique », a déclaré le général Babacar Gaye lors d'une conférence de presse donnée lundi à Damas.

« J'ai expliqué au gouvernement que toutes nos activités seraient concentrées sur la mise en oeuvre du mandat de la résolution 2059 du Conseil de sécurité. Nous surveillerons le niveau des violences et le recours aux armes lourdes en Syrie », a- t-il précisé.

« Nous évaluerons également le degré d'ouverture et, si possible, de progrès, vers des mesures de renforcement de la confiance et du dialogue national. À condition toutefois que la MISNUS dispose de la latitude, des conditions de sécurité et de l'accès nécessaires dans l'exercice de son mandat. »

Le général Gaye a pris le commandement de la MISNUS la semaine dernière, à la suite du départ du général Robert Mood. Près de la moitié des observateurs militaires ont quitté la Mission, qui opère désormais de manière restreinte dans le pays. Cette décision fait suite à la prorogation récente du mandat de la MISNUS par le Conseil de sécurité « pour une période finale de 30 jours ».

La résolution 2059 du Conseil précise également que celui-ci ne sera disposé à proroger le mandat de la MISNUS par la suite « que si le secrétaire général indique et lui-même confirme qu'il n'est plus fait usage d'armes lourdes et que le niveau de violence a suffisamment diminué pour permettre à la Mission de s'acquitter de son mandat ».

Établie le 21 avril dernier, la Mission avait été contrainte de suspendre ses activités à la mi-juin en raison de l'intensification des violences en Syrie, qui ont fait plus de 10. 000 morts et des dizaines de milliers de déplacés depuis le début du soulèvement contre le président Bachar Al-Assad, il y a plus de 16 mois.

Lundi, le général Gaye s'est rendu sur le terrain pour la première fois depuis qu'il a pris ses fonctions à la tête de la MISNUS. Il est allé évaluer la situation à Homs et Ar-Rastan, pour y vérifier notamment l'usage éventuel d'armes lourdes. Sur place, il s'est entretenu avec le gouverneur de la province et des membres de l'Armée syrienne libre (ASL) « en vue de sonder leurs dispositions respectives à s'engager dans un dialogue au niveau local. »

« Au cours de ma visite à Homs, j'ai pu constater en personne le recours à des armes lourdes, particulièrement à des tirs d'artillerie et de mortiers, dans différents quartiers de la ville », a affirmé le général. « Ar-Rastan a été durement touché par une série de bombardements intensifs et d'affrontements nourris. Des chars d'assaut endommagés ont été laissés à l'abandon dans les rues, des infrastructures sont détruites et des maisons situées le long des routes principales lourdement endommagées.

Le chef par intérim de la MISNUS a également exprimé ses préoccupations devant la situation à Alep, la seconde ville du pays, où des informations font état de combats soutenus entre les forces gouvernementales et celles de l'opposition au cours des derniers jours.

« Mes observateurs sur place ont signalé une escalade des violences, marquée par le recours à des hélicoptères de combat, des chars d'assaut et des tirs d'artillerie », a indiqué M. Gaye, qui a lancé un appel aux parties pour qu'elles s'abstiennent de toute effusion de sang supplémentaire : « Il est impératif que les deux parties respectent le droit humanitaire international et protègent les civils ».

De son côté, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) indique avoir reçu des informations selon lesquelles environ 200.000 personnes ont fui les combats à Alep pour d'autres régions de la Syrie, ce qui complique la tâche des agences humanitaires pour leur venir en aide. 

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