La Cour pénale internationale va ouvrir un bureau en Côte d'Ivoire
  2012-05-24 08:04:02  cri

Le greffier de la Cour pénale internationale (CPI), Silvana Arbia, est en visite à Abidjan où elle a entamé mercredi des discussions avec les autorités ivoiriennes sur l'ouverture d'un bureau de la CPI dans la capitale économique ivoirienne pour conduire ses activités dans le pays.

Au sortir d'une audience avec le Premier ministre Jeannot Ahoussou Kouadio, Mme Arbia, a indiqué que le "sujet principal" de ses discussions avec les autorités est l'ouverture d'un "bureau extérieur" à Abidjan pour renforcer la coopération judiciaire entre l'Etat ivoirien et la CPI.

"Ma visite vise à renforcer la coopération judiciaire avec les autorités nationales ivoiriennes afin de faciliter les activités de la CPI", a-t-elle précisé.

La Côte d'Ivoire a signé en février le protocole d'accord avec la CPI sur les privilèges et immunités du personnel et des locaux de la Cour.

"Cette étape est nécessaire pour permettre à la Cour de conduire ses activités sur le territoire ivoirien et d'ouvrir un bureau extérieur à Abidjan", selon Mme Arbia.

"Nos expériences précédentes ont démontré que l'ouverture d'un tel bureau est indispensable pour assurer une coopération efficace avec les autorités nationales et les autres acteurs clés", a-t- elle ajouté.

Le bureau devrait permettre à la CPI de remplir son "mandat judiciaire indépendant et impartial" en Côte d'Ivoire et de répondre aux besoins de rapprocher la CPI des communautés affectées par les crimes relevant de sa compétence et de les sensibiliser à propos des droits des victimes devant la CPI.

Il facilitera la mise en oeuvre du soutien apporté par le greffe de la CPI aux équipes de Défense et aux représentants légaux des victimes, la participation de ces derniers aux procédures, ainsi que la mise en place des programmes de protection nécessaire aux témoins.

Le bureau permettra également de conduire des activités d'information du public ivoirien sur les procédures judiciaires relatives à la Côte d'Ivoire et d'échanger avec les juristes, avocats et universitaires intéressés par les activités de la Cour.

La Côte d'Ivoire a accepté la compétence de la CPI "par déclaration" dans l'attente de la ratification du Statut de Rome, traité fondateur de la Cour.

En vertu de cette déclaration, l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, arrêté le 11 avril dernier, a été transféré devant la CPI à la Haye où il attend d'être jugé pour des "crimes contre l'humanité", "crimes de sang" et "crimes de guerre" lors de la crise post-électorale déclenchée en novembre 2010.

"La coopération de la Côte d'Ivoire avec la CPI est donc essentielle pour que ce processus de renforcement mutuel, de la justice internationale et de la justice ivoirienne puisse développer tout son potentiel", estime le greffier de la CPI.

"Je suis confiante que notre coopération continuera et se développera davantage et que nous travaillerons côte à côte pour le bénéfice des victimes affectées par les crimes relevant de la compétence de la Cour ainsi que pour épargner aux générations futures la répétition des crimes les plus atroces", a-t-elle conclu.

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