Les circonstances de cette présidentielle sont cependant très différentes de la précédente. Nicolas Sarkozy fait maintenant face à deux grands défis s'il veut être réélu : la crise économique, et une baisse de sa popularité, estiment des experts politiques.
"J'ai décidé d'être candidat, parce que j'ai des choses à dire aux Français, j'ai des propositions à leur faire", a déclaré M. Sarkozy, affirmant qu'il avait retenu comme slogan de campagne : "La France forte".
Lorsqu'il est entré en fonction en 2007, il avait déjà promis de bâtir une "France forte", en adoptant une série de réformes sur le long terme, dont la loi TEPA (travail, emploi et pouvoir d'achat). Cette loi, surnommée le "paquet fiscal", avait pour but d'accroître l'activité économique et de créer des emplois.
"Mais face au mécontentement du public qui était largement opposé, entre autres, à l'élévation de l'âge de la retraite, et sous le coup de la crise de la dette souveraine en Europe, ces mesures destinées à relancer une industrie peu compétitive sont restées insuffisantes, et n'ont pas donné les résultats escomptés", a estimé Xing Hua, chercheur à l'Institut des affaires internationales, un institut qui relève du ministère chinois des Affaires étrangères.
Par ailleurs, alors que son administration luttait pour réduire le déficit public, plusieurs proches de M. Sarkozy ont été impliqués dans des scandales, et M. Sarkozy lui-même a souvent été critiqué par les médias pour son caractère intransigeant et son goût du luxe, a ajouté M. Xing.
En conséquence, la popularité de M. Sarkozy a atteint son niveau le plus bas depuis sa prise de fonctions. Le sondage de l'Institut français de sondage d'opinions BVA publié mardi montre que la popularité de M. Sarkozy stagne à 32%, alors que son principal rival du PS, François Hollande, se trouve en tête du classement de la cote d'influence des personnalités, avec 58% des personnes interrogées souhaitant qu'il ait "davantage d'influence dans la vie politique".
Cependant, selon les experts, M. Sarkozy a encore de bonnes chances de remporter l'élection.
Tout d'abord, les mesures proposées par M. Hollande ne sont pas assez convaincantes. En ces temps de crise, un président expérimenté, qui a déjà dirigé le pays face aux remous de la crise financière de 2008, semble plus intéressant qu'un homme politique qui n'a pas beaucoup d'expérience.
"Après l'annonce de sa candidature à un second mandat, Nicolas Sarkozy devrait présenter des mesures de sortie de crise pour sécuriser des votes au plus vite", a indiqué le chercheur chinois.
De fait, le 29 janvier, au lendemain de l'anniversaire de ses 57 ans, M. Sarkozy a déjà dévoilé une série de propositions visant à contrer les conséquences de la crise de la dette dans la zone euro et à créer plus d'emplois pour les jeunes, une mesure qui s'inscrit dans ses efforts de lutte contre le chômage. Celui-ci a atteint son plus haut niveau depuis douze ans, avec 150.000 chômeurs supplémentaires en l'espace d'un an, et un million de plus qu'en 2007.
"Si nous voulons garder notre modèle social, notre façon de vivre, nous devons continuer à faire des changements. Les réformes que nous avons engagées commencent à produire leurs effets", a déclaré M. Sarkozy sur TF1.
D'autre part, les chiffres publiés mercredi par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) se montrent rassurants pour M. Sarkozy. Selon ces chiffres, le produit intérieur brut (PIB) français a progressé de 0,2% au quatrième trimestre 2011, portant à 1,7% la croissance annuelle du pays.










