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    Nicolas Sarkozy dit aux Français "la vérité" sur la crise et ses conséquences dans la zone euro
      2011-12-02 10:22:16  xinhua
    Trois ans après un premier discours en pleine crise de la dette prononcé dans la ville de Toulon (sud de la France), le chef de l'Etat français est revenu dans la même ville jeudi pour s'exprimer devant 5000 personnes sur la crise de la zone euro et sur les solutions envisagées.

    Nicolas Sarkozy a inscrit d'emblée son discours dans une volonté de "dire la vérité" aux Français. En 2008, "Je n'ai pas écouté ceux qui me conseillaient de ne rien dire de peur qu'en disant la vérité, on créât la panique", a-t-il rappelé, relevant que depuis lors "pas une seule banque n'a fermé ses portes, pas un seul centime de dépôt n'a été perdu grâce au plan des sauvetages bancaire et aux garanties apportées par l'Etat".

    Trois ans après, "la peur est revenue, qui paralyse les consommateurs, qui empêche l'investisseur d'investir, l'entrepreneur d'entreprendre, le patron d'embaucher, le banquier de prêter", a constaté Nicolas Sarkosy. Selon lui, "la crise n'est pas finie" et "nier la crise c'est s'interdire toute perspective d'avenir".

    Face à un tel constat, le président a insisté sur l'importance des mesures d'austérité appliquées par le gouvernement de François Fillon, Premier ministre français, notamment la diminution des dépenses courantes, la réduction des effectifs de la Fonction Publique. "Nous devons le faire avec détermination (...) sans nous laisser gagner par la fébrilité et les emballements des marchés", a-t-il tempéré.

    Revenant sur le chômage en forte hausse, le chef de l'Etat français a appelé à la mobilisation de "toutes les intelligences, de toutes les bonnes volontés", annonçant un sommet sur l'emploi pour janvier prochain.

    "Sur l'emploi on n'a pas tout essayé. Quand on voit monter le chômage, on n'a pas le droit de dire qu'on y peut rien, même si tout ne dépend pas de nous. Mais à la fin il n'y a que la croissance qui viendra à bout du chômage de masse", a-t-il expliqué

    Concernant la position de la France et de l'Allemagne pour faire face à la crise dans la zone euro, Nicolas Sarkozy a affirmé que les deux pays, "après tant de tragédies, ont décidé d'unir leur destin, de regarder ensemble vers l'avenir".

    Selon lui, "L'Allemagne et la France unies, c'est l'Europe toute entière qui est unie et forte. La France et l'Allemagne désunie, c'est l'Europe toute entière qui est désunie et qui est affaiblie".

    S'exprimant précisément sur l'Europe, M. Sarkozy a affirmé qu'elle "n'est plus un choix", mais "une nécessité". La crise a cependant "révélé ses faiblesses et ses contradictions".

    "L'Europe doit être repensée. Elle doit être refondée. Il y a urgence. Le monde n'attendra pas l'Europe. Si l'Europe ne change pas assez vite, l'histoire s'écrira sans elle", a-t-il insisté.

    Face à la situation actuelle, "la France milite avec l'Allemagne pour un nouveau Traité. Plus de discipline, plus de solidarité, plus de responsabilité assumées devant les peuples un véritable gouvernement économique. Tel est notre vision de l'avenir de la zone euro et de la future réforme des Traités", a-t-il résumé, indiquant qu'il recevra lundi 5 décembre la chancelière allemande pour formuler des propositions précises.

    Le discours du chef de l'Etat français a été aussitôt salué dans sa famille politique. "Le président a parlé vrai, a parlé juste, il a montré la voie et les moyens pour surmonter les difficultés" face à "la crise la plus grave rencontrée par le continent européen depuis les années 30", a estimé Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP (Union pour un Mouvement populaire, majorité).

    L'opposition a également vite réagi. "Le président n'a tiré aucune conséquence de son échec, qui est terrible pour les Français, il est temps que ça change", a critiqué Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste (PS), ajoutant "ses propositions (de Sarkozy) n'ont jamais été suivies d'effet".

    "Tout ce qu'il dénonce, c'est ce qu'il a lui-même organisé" avec le Traité de Lisbonne qui a été décidé "contre l'avis du peuple français" après le référendum de 2005, a déclaré Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche.

    Selon Marine Le Pen, présidente du Front National (extrême droite), "Nicolas Sarkozy plaide coupable de ce qu'il n'a rien fait depuis cinq ans" et promeut une "Europe allemande qui va imposer plus d'austérité aux Français".

    Prononcé à quelques mois des élections présidentielles, le discours de Nicolas Sarkozy est considéré par les observateurs comme une entrée en campagne, expliquant que ce dernier veut d'ores et déjà marquer sa différence avec son rival socialiste François Hollande.

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