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Coment font les entreprises chinoises exportatrices pour faire face à la crise financière mondiale?
2009-01-19 10:47:10 cri
Dans un monde économique touché par la crise, la Chine arrive pourtant, tant bien que mal, à maintenir son développement économique, notamment grâce au volume de ses exportations et aux investissements étrangers.

Pour la Chine, cependant, une des principales conséquences directes de la crise financière, c'est la baisse de la balance commerciale favorable. Les entreprises chinoises exportatrices sont en train de prendre toutes sortes de mesures afin de surmonter leurs difficultés. Certaines d'entre elles ont même considéré la crise économique comme une opportunité pour produire des produits plus haut de gamme, seul remède, pensent-elles, pour faire face plus efficacement à la crise.

La crise a en tout cas entraîné pour toutes ces entreprises exportatrices la baisse des commandes, et donc de la production. Exemple avec l'entreprise Silkroad, spécialisée, elle, dans la fabrication de produits en soie. Ling Lanfang, le directeur général de cette entreprise implantée dans la province du Zhejiang, dit avoir déjà ressenti les conséquences de la crise sur son entreprise :

« Actuellement, à cause de la crise, l'entreprise a moins de commandes. On doit donc réduire les prix des produits, car les stocks s'accumulent. »

Difficultés également pour l'entreprise Silk-tex, dans la province du Guangdong, une des provinces chinoises les plus liées aux exportations. Pour son vice-directeur, Wang Yongli, les conséquences de la crise se sont déjà faites sentir sur son entreprise. Les commandes, s'inquiète-t-il, sont en chute libre :

« Actuellement, les commandes qui viennent des Etats-Unis et de l'Europe chutent très fortement. En particulier les commandes des clients américains, où on atteint les -30, -50%... Un exemple : à cause de la crise, une entreprise américaine a annulé une commande de cinq millions de jeans. »

Alors si on regarde les chiffres bruts, rien de particulièrement alarmant. Sur les trois premiers semestres de 2008, les exportations chinoises auront augmenté de plus de 22%. Mais par rapport à la même période de 2007, c'est tout de même une baisse de 4,8 points de pourcentage.

Les exportations de produits plastiques, notamment, ont chuté de 9 points de pourcentage. Dans le textile, c'est encore pire, puisque la croissance, encore positive, affiche tout de même 20 points de pourcentage en moins par rapport à 2007.

Face à la crise, le gouvernement chinois a réagi en lançant une série de mesures destinées à soutenir l'économie nationale. Les banques ont notamment été encouragées à accorder plus facilement des crédits aux PME. Et le commerce extérieur, promet le gouvernement, va être stimulé.

Du côté de la politique fiscale, les autorités chinoises auront baissé plusieurs fois, en 2008, les taxes sur plusieurs types de marchandises exportés. Quant à l'Administration générale des douanes chinoises, elle a été chargée de davantage veiller aux évolutions des marchés des principaux pays importateurs. Objectif, évidemment : mieux connaître leurs besoins et pouvoir fournir des informations rapides aux entreprises chinoises.

Alors comment sortir de cette situation ? Les entreprises chinoises exportatrices ont évidemment cherché des solutions. Et pour Ming Zhu, la directrice générale du groupe Gree, le leader chinois des climatiseurs, le meilleur moyen de traverser sans encombre la crise actuelle, c'est d'améliorer la compétitivité des produits sur le marché :

« Je pense que le plus important pour l'entreprise est d'améliorer sa compétitivité. C'est-à-dire que l'entreprise doit mettre au point ses propres technologies de pointe, ses propres services de qualité. L'objectif, c'est évidemment de mieux pouvoir conquérir le marché. Je ne crois pas que ce soit un problème pour notre groupe de faire face à la crise financière. »

Le groupe PearlRiver, spécialisé lui dans la fabrication de pianos, est implanté à Guangzhou (anciennement appelée Canton). Avec une production annuelle de 80 000 instruments par an, l'entreprise est considérée comme le premier fabricant mondial de pianos. La crise n'a, selon les dirigeants de l'entreprise, pas affecté vraiment les ventes. Sur les dix premiers mois de 2008, le chiffre d'affaire a même augmenté de plus de 30% par rapport à la même période de 2007. Et si l'entreprise a atteint tous ses objectifs, c'est, selon Huang Weilin, le directeur général de l'entreprise, grâce à ses innovations technologiques :

« En 2008, la production s'est davantage tournée vers les produits haut de gamme. On a davantage misé sur les hautes technologies. Parmi nos clients, on compte les trois principaux distributeurs américains. Et plus de 50% de leurs produits ont été fabriqués par notre groupe. »

Wen Zhongliang travaille au ministère chinois du Commerce. C'est le directeur général adjoint du service commerce extérieur. Pour lui, si les marchés européens et américains fléchissent, les entreprises chinoises doivent se tourner vers les marchés des pays en voie de développement. Car, estime-t-il, les influences négatives de la crise financière se font beaucoup plus sentir sur les pays développés, comme les Etats-Unis et l'Europe, que sur les pays en développement, qui, eux, voient leur marché s'élargir. Wen Zhongliang :

« Les marchés européens et américains ont, beaucoup plus que d'autres, subi la crise financière. C'est pourquoi, on peut se tourner vers d'autres marchés, qui, eux, sont en plein essor, comme ceux de l'Afrique et de l'Amérique du sud. Le potentiel de ces marchés est encore énorme. »

Il reste persuadé que les entreprises chinoises compétentes pourront, elles, passer la crise sans encombre :

« Ça fait déjà 30 ans que la Chine a lancé sa politique de réforme et d'ouverture. Après 30 ans de dures épreuves, nos entreprises ont gagné en expérience. Elles savent désormais mieux s'adapter aux demandes du marché, mais savent mieux, également, comment conquérir de nouveaux marchés. Et en complément de leurs exportations, elles vendent aussi en Chine. Parce que la Chine, c'est aussi un grand marché. Je suis convaincu que ces entreprises pourront surmonter les difficultés provoquées par la crise et connaître un développement encore rapide et régulier. »

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