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Chen Zhangliang,  un témoin des progrès qu'a apporté la réforme et l'ouverture
2009-01-12 10:08:09 cri

Il y a 30 ans, lorsque Chen Zhangliang, un jeune fils de pêcheur pauvre de la province côtière du Fujian recevait la lettre qui lui annonçait qu'il était pris à l'université, il était loin d'imaginer que quelques années plus tard, il allait devenir un grand scientifique, un patron, ou encore un directeur d'établissement scolaire.

Loin de penser certainement aussi qu'à 47 ans, il serait vice-président du gouvernement d'une région chinoise située tout au Sud de la Chine, le Guangxi. Découverte aujourd'hui de Chen Zhangliang et de son étonnant parcours.

C'est au bord de la mer, dans un petit village de pêcheur de la province du Fujian, dans le Sud-Est de la Chine, qu'est donc né, en 1961, Chen Zhangliang. Une enfance pauvre qu'il résume souvent en quelques mots :

« J'étais fils de pêcheur, mes parents étaient analphabètes. Nous étions pauvres à un point que je ne peux pas imaginer maintenant. »

Occupé par les travaux des champs, par les journées de pêche en mer et entré à l'école à neuf ans seulement, le petit Chen Zhangliang n'était pas prédestiné à occuper de hautes fonctions. Mais en 1977, à l'âge de 16 ans, alors qu'il était en première année de lycée, l'examen d'entrée à l'université, le « gaokao », après plusieurs années d'interruption à cause de la Révolution culturelle, a été remis en place :

« La reprise de l'examen d'entrée à l'université a été décidé en 1977. J'avais donc un an pour le préparer. En 1978, j'étais juste en deuxième année au lycée et j'ai réussi cet examen. De tous les élèves de mon lycée, il n'y avait que moi qui ait réussi. J'ai donc eu l'impression que si cet examen d'entrée à l'université n'avait pas été remis en place, ma vie n'aurait pas été ce qu'elle est aujourd'hui. »

Chen Zhangliang, une fois l'examen réussi, a quitté le petit village dans lequel il avait vécu pendant une dizaine d'année, pour finalement entrer à l'Institut de recherche sur les plantes tropicales, à Hainan, tout au Sud du pays. Cette année-là, plus de 400 000 adolescents de tout le pays, assoiffés d'apprendre et débordants de rêves, entraient dans les universités du pays. Mais Chen Zhangliang, s'il était conscient que l'université allait changer sa vie, n'imaginait pas encore à quel point :

« L'examen d'entrée à l'université, on disait que c'était la frontière entre porter des chaussures en cuir et des chaussures en paille. On disait que si on le réussissait on ne porterait plus jamais de chaussures en paille, mais des chaussures en cuir. Mais le plus excitant, c'est qu'à ce moment-là, je n'étais plus paysan, mais citadin. C'était très important pour les paysans, à ce moment-là. »

La vie universitaire est passée sans même que Zhangliang ne s'en aperçoive. Jusqu'à ce qu'en troisième année, un deuxième coup de pouce du destin ne vienne l'aider : les autorités chinoises ont alors commencé à offrir, aux élèves les plus doués, des bourses pour aller étudier aux Etats-unis. Chen Zhangliang, alors meilleur étudiant de son université, a su saisir l'occasion.

« Deng Xiaoping tenait absolument à envoyer les jeunes faire leurs études de doctorat à l'étranger. Moi, j'avais de bonnes chances d'être recruté. J'étais dans le premier groupe de personnes recrutées, et je devais encore passer l'examen de l'université américaine. Ensuite, j'ai pu obtenir la bourse et je suis finalement parti aux Etats-unis. »

C'est en 1983 que Chen Zhangliang s'est envolé pour les Etats-unis, pour faire un Master de biologie et de médecine à l'université Washington, à Saint-Louis, dans le Missouri. Après la publication de son premier essai dans la revue « Le journal européen des sciences moléculaires », le nom de Chen Zhangliang est pour toujours resté lié à la réussite.

A partir de mars 1986, les autorités chinoises ont mis au point un projet en matière de nouvelles technologies. Ce projet de développement, surnommé 863, concernait différentes branches scientifiques : biologie, astronautique, informatique, laser ou encore énergie, entre autres.

Le projet a officiellement été lancé en février 1987. Chen Zhangliang était alors diplômé du doctorat avec un an et demi d'avance. Un passe-droit obtenu grâce à ses contributions dans le domaine scientifique. Il a alors refusé l'offre d'emploi d'une entreprise américaine spécialisée dans les biotechnologies. Ce qu'il voulait, c'était revenir en Chine. Il a alors travaillé à l'Université de Beijing, pour développer le programme chinois en matière de biologie.

« Le laboratoire américain où j'étais en train de travailler était un des premiers du monde qui menait des recherches sur les plantes transgéniques. Mais dès que j'ai entendu dire que mon pays allait développer les biotechnologies, je suis revenu travailler à l'Université de Beijing. Et comme le projet 863 venait de démarrer à ce moment-là, j'ai tout de suite intégré la commission de spécialistes. A 26 ans, j'étais alors le plus jeune commissaire. »

Chen Zhangliang, à seulement 26 ans, obtenait alors le titre de maître de conférence. Deux ans plus tard, il était alors le plus jeune professeur de Chine. Et à l'âge de 30 ans, l'Onu lui remettait le Prix Javed Husain des Jeunes scientifiques. Surnommé le « Prix Nobel des jeunes », ce prix lui a été décerné pour ses recherches remarquables dans le domaine de la biologie moléculaire et de l'ingénierie génétique des plantes.

Mais Chen Zhangliang n'est pas un cas isolé. Beaucoup de Chinois qui ont fait leurs études à étranger puis sont revenus travaillent actuellement dans le domaine des sciences. Selon les statistiques, 77% des directeurs d'établissements d'éducation supérieure, 84% des académiciens, au sein des académies scientifiques, 75% des académiciens de l'Académie nationale d'ingénierie et 62% des directeurs de thèse ont été à l'étranger pour faire leurs études. Plus globalement, depuis 30 ans, plus de 1 ,21 millions d'étudiants chinois ont fait une partie de leurs études à l'étranger, et leur nombre a progressé de quelques centaines par an au tout début à une centaine de milliers aujourd'hui. Ces étudiants partis à l'étranger et qui rentrent petit à petit en Chine sont actuellement devenus des leaders du monde des sciences, de l'éducation, de l'économie ou encore de la culture. Chen Zhangliang :

« De nombreux étudiants sont partis à l'étranger entre 1980 et 1982. Quelle a été leur influence sur la situation actuelle ? Eh bien les hautes technologies leur doivent leur développement, qui dépendait directement d'eux. C'est cette grande décision qu'a pris Deng Xiaoping qui a été déterminante pour le développement scientifique chinois. »

A l'Université de Beijing, Chen Zhangliang a créé un laboratoire qui fabrique des médicaments par génie génétique. Ce laboratoire, c'est Sinobioway Group, qui s'est tout de suite imposé comme un des leaders du marché. Président de cette entreprise, Chen Zhangliang est ensuite devenu vice-président de l'Université de Beijing, puis président de l'Université d'agriculture de Chine, et, enfin, a occupé d'autres postes. En tout, il aura passé plus de 20 ans dans le milieu de l'éducation.

Mais Chen Zhangliang ne se voyait pas scientifique à vie, et a alors cherché à intégrer la vie publique. Le 28 décembre 2007, il était ainsi nommé vice-président du gouvernement populaire du Guangxi par la Commission permanente de l'Assemblée populaire de la région autonome. Particularité : malgré son poste élevé, Chen Zhangliang n'est pas membre du Parti communiste chinois. Une exception, rare, qu'il estime être un changement radical dans le monde politique :

« Avec la nomination d'autres personnalités qui ne font pas partie du Parti communiste, comme Chen Zhu, le ministre de la Santé, ou encore Wan Gang, le ministre des Sciences et des Technologies, c'était la première fois que le Parti accordait des positions aussi élevées à des gens qui ne sont pas membres. A ce moment-là, je devais aller travailler en province. Ça constituait un changement important. »

Passé de président de l'Université d'agriculture à vice-président de la région autonome du Guangxi, il s'est vite adapté. En à peine un an de travail, il connaissait les dossiers agricoles de la région sur le bout des doigts.

« Le Guangxi est une grande région agricole et ici nous avons la plus grande surface cultivée en riz, en canne à sucre, et en manioc. Le manioc, qui sert à la production d'alcool. On occupe le premier rang national, aussi, dans la production de papier à base d'arbres à croissance rapide. Dans le domaine de l'agriculture, le Guangxi, où sont présentes de nombreuses minorités ethniques, et avec ses spécificités agricoles, est devenu un exemple de développement pour les autres régions qui regroupent également de nombreuses minorités ethniques. »

Issu d'une famille pauvre, Chen connaît bien les difficultés des paysans. Comment attirer davantage d'investisseurs, comment se développer... Ces deux problèmes sont aujourd'hui les principaux soucis de Chen, pour qui l'objectif est désormais d'industrialiser l'agriculture dans le village.

En analysant, avec le recul, le développement économique de ces 30 dernières années et en se rappelant les souvenirs de son passé, difficile pour lui de ne pas manifester son émotion.

« Les progrès qu'a apporté la réforme et l'ouverture se voient clairement, avec mon cas personnel. Mon expérience est très représentative de ces 30 dernières années. »

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